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Juan 75
79 abonnés
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Critique de la série
4,5
Publiée le 6 mai 2024
Le suspense est tendu même en connaissant l'histoire par les précédentes adaptations grâce à un scénario impeccable et malgré quelques petites invraisemblances. Le casting est parfait avec en tête Andrew Scott qui porte la série. Le plus exceptionnel est la réalisation et la photographie en noir et blanc qui sublime l'Italie et les références au Caravage.
Une énième adaptation. Du noir et blanc. Si ce n'étaient les bonnes critiques j'allais fuir. Et pourtant qu'elle erreur j'aurais faire. Cette série est exceptionnelle, l'ambiance est saisissante, l'image est magnifique la bande son totalement prenante. Un hero qu'on adore détester. N'hésitez plus foncez.
Moi qui aime la photo j'ai été comblée ! Chaque plan est un chef d’œuvre. J'en perdais parfois ma concentration au détriment de l'intrigue. Mais la photo réussie ne suffit pas à faire un bon film ! Le scénario est bon, les acteurs sont bons, la tension s'intensifie au fur et à mesure des épisodes pour nous plonger dans une atmosphère parfois étouffante. Le personnage est si diabolique qu'il parvient à nous mettre mal à l'aise. Les quelques longueurs qui pourraient gêner ne sont pour moi pas inutiles et vont bien à la beauté des images.
Hommage au cinéma réaliste des années '60, Ripley, adapté du classique de Patricia Highsmith, se déploie d'abord comme une peinture en noir et blanc au centre de laquelle évolue un éblouissant Andrew Scott, petit escroc minable, dépassé par la vie et ses petits tracas lents avant de gagner en stature au fil de sa prise de pouvoir. L'interprétation générale va de pair avec l'ambiance, froide et mécanique, ne délivrant qu'avec parcimonie, dans quelques légers mouvements du visages, les expressions des personnages. Une prouesse dans le jeu et la direction d'acteurices avec en guest John Malkovich qui interpréta le rôle d'un Ripley 20 ans plus vieux dans Ripley's Game de Liliana Cavani (2002).
A la manoeuvre, création, scénario et réalisation, on retrouve Steven Zaillian, déjà scénariste à succès pour Spielberg (La Liste de Schindler, 1993), Ridley Scott (Hannibal, 2001 ; American Gangster, 2007 ; Exodus : Gods and Kings, 2014) et Scorsese (Gangs of New-York, 2002, The Irishman, 2019) ou David Fincher (Millenium, 2011). Du beau monde.
Si le choix du noir et blanc, tout à fait justifié, peut surprendre de prime abord, c'est surtout celui de la photo par son relatif immobilisme (à l'exception de quelques rares travellings latéraux ou de brefs exercices de caméra à l'épaule) qui interroge, à une époque où l'action, la surenchère, le fantastique, la violence, l'horreur et les prouesses visuelles et technologiques prédominent les productions en streaming. La musique est quasi exclusivement diégétique ou en rappels, ce qui appuie encore le réalisme indolent de la narration.
En vrac, on pense à Fellini et Scola, bien sûr, à Melville et Reed pour les jeux d'ombres et de lumières, à Tati pour l'humour de répétition et le modernisme désuet, à Hitchcock pour le sens du détail angoissant, voire à Scorsese en ses débuts pour la récurrence des clins d'oeil miroir. Le cinquième épisode est à lui seul un exercice de style époustouflant et quasi muet.
Hommage donc au cinéma, jouissant d'une photo somptueuse (l'oscarisé Robert Elswit) et d'un découpage de haut vol, Ripley est un ovni, une série d'une qualité exceptionnelle, interprétée par un acteur en tous points remarquable. Hommage aussi à l'Italie, aux escaliers, à l'eau, aux têtes de statues et aux maine coons.
Un bijou, une franche réussite. Et pourtant c’est une gageure de passer après Plein Soleil et Le Talentueux Mister Ripley. Pari gagné haut la main : carton plein sur tous les plans : une image en noir et blanc de toute beauté, des décors sublimes, un univers sombre et inquiétant malgré le soleil de l’Italie), de l’humour ( ah, ces escaliers italiens), un sens aigu du détail, et de très bons comédiens. Ici l’enjeu n’est pas forcément le suspense puisque tout le monde connaît l’histoire et son issue, mais plutôt la description d’un homme autant monstrueux qu’attachant, calme au dehors et dévoré à l’intérieur, assassin par amour, qui déploie une machiavélique stratégie de survie. Tout cela est magnifiquement raconté.. L’opacité et la mélancolie du jeu inspiré d’Andrew Scott font de ce Ripley un mystérieux personnage, fasciné par un pays et une classe sociale qui jamais ne l’accueilleront en leur sein.Un paumé dont on prend finalement le parti, quoiqu’il fasse, et que l’on quitte a regret.
La série prend son temps ( on apprécie ou pas le rythme lent), mais l'intrigue s'avère consistante et bien construite. L'interprétation des acteurs est de qualité. Le thème de l'usurpation d'identité physique renvoie habilement à un temps où elle était encore possible (tout est filmé ou photographié aujourd'hui, ça ne l'est plus). Les décors de l'Italie sont toujours absolument magnifiques.
Nouvelle relecture du « Plein Soleil » de René Clément. Le récit s’affranchit d’emblée du suspens pour un développement sur papier glacé, où chaque plan est une photographie à tirage limité signé, caméra fixe sur trépier. Andrew Scott campe ici un Ripley convaincant, malgré la teinture de cheveux et les mimiques de garçon coiffeur, opportunément à contrepied du Delon "Bel-Ami" de "Plein Soleil". Ici le "héros" est médiocre et pathétique dans sa monstruosité criminelle, parfois jusqu'au ridicule. L'œuvre n'échappe pas, malgré tout à force, à l’exercice de style, laissant le spectateur ébahi mais toujours à l'écart. faute de ce qui faisait la particularité du cinéma de René Clément et dont les productions anglo-saxonnes d'aujourd'hui semblent dépourvues : la sensualité.
Pas évident après les deux excellents films existants, le pari était pour le moins risqué. La réussite est totale. Bien sûr en premier lieu on prend une claque avec la photo, dans un noir et blanc d'une absolue pureté. Pratiquement chaque plan est un tableau. On connait le livre et les films donc on apprécie le nouveau traitement de l'histoire, qui a su parfaitement exploiter le personnage mais sans pour autant faire un remake, loin de là. Andrew Scott campe à merveille ce personnage insensible et calculateur. Son interprétation est le deuxième atout de la série. Tout est dans les non dits, les silences, les regards, le temps en suspension. Mais par moment l'ennui pointe un peu, il y a quelques longueurs ou passages à vide mais on se reprend par la suite. Certainement une des meilleures séries de la saison.
Tous les choix de cette série sont payants : la photo tout d'abord absolument magnifique, chaque plan est une oeuvre d'art qui se suffirait à elle-même, le noir et blanc et l'ambiance années soixante parfaitement réconstituée, le rythme entre lenteur et indolence, cette façon d'avancer sans hâte pour que l'on s'imprègne totalement de chaque instant, l'histoire bien sûr qui ménage son lot de rebondissements amenés avec malice et enfin cet humour noir en forme de clins d'oeil envoyés à cet anti-héros looser. Le chat au bas de l'escalier à Rome... cette scène est simplement un régal. Lâchez tout et dégustez cette série, mais précipitez-vous lentement. Certaines se dévorent d'une traite, en une nuit ou en un après midi pluvieux, Ripley se consomme par petites gorgées, en prenant avant chaque nouvel épisode le temps de conserver le goût du précédent comme celui d'un café italien dont on garderait en bouche toute la force et l'arôme.
Une série qui vous tient en haleine de bout en bout .Histoire passionnante .L'acteur principal est remarquable,toujours calme et sûr de lui,jamais pris en défaut.La photo en noir et blanc ultra nette et contrastée est exceptionnelle et réveille des souvenirs d'enfance.Le soleil et la lumière italiens sont encore plus éclatants qu'en couleur.Je n'ai pas le souvenir que le film Le talentueux Mr Ripley m'ait séduit autant.Quant à Plein Soleil,il y a trop longtemps,il faudrait le revoir.
Très partagé sur cette série. Tout d'abord superbes images, le chef op est un véritable magicien à ceci près que le noir et blanc sied bien mieux à l'ambiance noire de New-York du début de la série qu'à la suite en Italie qui devrait être inondée de soleil et surtout laisser voir la flamboyance et le chic de la demeure choisie par Dickie, le noir et blanc a tendance à mettre un voile sur tout cela même si je le répète les images sont magnifiques.
Pas convaincu non plus que le scénario de Plein Soleil ou du Talentueux Monsieur Ripley pouvait s'étirer sur plus de 7h sans le moindre ajout au script! Résultat le rythme et la musique du film deviennent très lents. Quand aux acteurs on est vraiment très loin du charisme et de la beauté de Delon pour Tom Ripley ou de Jude Law pour Dickie, ils étaient tous les deux à la fois sexys et élégants, vénéneux (Delon) et diablement hautain (Jude Law). Quant à Dakota Fanning elle est très loin du charme et du Jeu de Gwyneth Paltrow.
Pour résumer très jolie série dont je n'ai pour l'instant vu que la moitié mais il ne faut pas avoir vu les deux films qui précèdent pour les raisons évoquées.
Incroyable, les images sont comme des tableaux, le scénario est subtil et magnifique. Chaque épisode est un plaisir. Une série très intelligente et on ne s’ennuie jamais malgré un rythme lent. Masterclass