Série Netflix belge en 6 épisodes au concept assez accrocheur, jugez plutôt: quelques passagers, personnels de navigation et techniciens d'aéroport se retrouvent pris en otage dans un détournement d'avion, par un mystérieux soldat italien visiblement illuminé, en effet, il prétend que c'est la fin du monde et qu'il faut fuir au plus vite pour échapper... au soleil!
Ce qui aurait pu passer pour une ineptie de prime abord, s'avérera donc en réalité une menace diffuse mais implacable! L'apocalypse a bien eu lieu, et la grande majorité de l'humanité aura succombé des suites des rayonnements destructeurs du soleil. Un seul moyen de survie, échapper à tous prix à la lumière de notre étoile.
Pour mener à bien ce postulat de série catastrophe à la dimension post-apo, une galerie de personnages hétéroclites, souvent caricaturaux malheureusement, on a le militaire furieux, la jeune femme en dépression, le gamin malade, la midinette influenceuse et accro aux réseaux sociaux, le croyant moralisateur et ainsi de suite. Cependant, certains d'entre eux ne sont pas inintéressants, et on s'attache un peu à eux finalement, et à leur quête de survie. Donc, même si leur écriture n'est pas toujours finaude, avec parfois des répliques qui tombent à plat, notamment sur des sujets sociétaux (la réplique sur les hommes blancs par exemple), leur psychologie est suffisamment travaillée pour qu'on y croit un minimum. Le vrai problème concernant les personnages c'est que le jeu d'acteur est parfois inégal et que la diction fait souvent défaut, la faute à des accents forts prononcés (j'ai dû regarder avec des sous-titres français! Alors que la série est majoritairement en français, un comble!)
La série reste sympathique et plutôt bien rythmée, on ne s'ennuie pas trop, même si par moments, certains cliffhangers paraissent un peu artificiels, qu'on ressent souvent cette impression de déjà vu, notamment en raison d'un parti pris à la blockbuster un peu lambda. Les musiques efficaces mais classiques, les répliques cinglantes, les décisions stupides et les dissensions montées de toute pièce entre certains protagonistes participent à créer cette impression générale. Car malheureusement, cela manque d'intimité tout simplement.
Visuellement c'est très sombre, eh oui, la série se passe la nuit, puisqu'il faut bien que nos héros survivent, donc on regrettera quelques faux raccords lumière, mais globalement ça tient bien la route, même si cela manque un peu de chaleur et que les environnements se ressemblent un peu tous (Intérieur d'un avion, cockpit, aéroport, tarmac ou entrepôts...) et les quelques lieux différents comme les appartements ou maisons des protagonistes aperçus dans les (nombreux et inutiles) flashbacks de début d'épisode n'apportent rien de neuf niveau photographie ou mise en scène, paraissant tout aussi froids et interchangeables.
D'ailleurs les flashbacks, parlons-en, on sent l'influence de Lost les disparus derrière ce procédé, sauf que là, à part découvrir que les personnages avaient tous des vies plus ou moins pourries, les séquences n'apportent rien, et en plus ne sont pas filmées d'une façon spécifique ou en adoptant un point de vue original. Donc je n'en vois pas trop l'intérêt...
Le scénario tient plutôt bien en haleine, malgré quelques facilités, quelques longueurs et quelques maladresses. Les rebondissements s'enchaînent, et les personnages évoluent (un peu) nous donnant peut-être envie de regarder la suite, pas forcément avec une impatience non dissimulée, mais sans déplaisir véritable non plus. Alors oui, j'y vais.
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