Cette série était attendue, tant comme une nouvelle adaptation d'une oeuvre vidéo-ludique audacieuse, et après l'annulation de The Peripheral par Amazon, le retour des créateurs de Westworld.
On le dit tout de suite cette série est une réussite : quand on arrive à recréer un univers aussi fou, chaotique, ultra-violent et décalé que Fallout, tout en se servant comme base des classiques américains, c'est du génie.
N'importe quels autres auteurs auraient abouti à un résultat façon Michael Bay ou Uwe Boll.
Moi qui ne suit pas familier avec l'univers, j'ai quand même accroché, la série ayant la qualité d'être compréhensible par le plus grand nombre, avec des références au jeu vidéo, sans tomber dans l'avalanche de clins d’œils complices ou de caméos inutiles.
Les auteurs de la série maîtrisent à merveille le genre de la science-fiction et d'un monde dystopique voir post-apocalyptique, ils savent comment raconter une histoire dans un univers différent, en faisant appel à la culture générale des téléspectateurs, tout le monde ayant déjà vu un film de s-f, post-apo, western, survie, etc.
J'aime comment la série mélange les genres : le western, l'aventure, l'action, le drame, l'humour; la dystopie, les enjeux de pouvoirs, la guerre, les secrets et manipulation.
Mention à l'ensemble du casting très éclectique et réussit :
Ella Purnell (Miss Peregrine et les Enfants particuliers) joue avec beaucoup de facilité cette jeune femme à la fois douce et candide, mais capable de s'abaisser à faire les choses les plus horribles pour son abri (découper un être humain? Dac'o'Dac).
Walton Goggins est juste incroyable et charismatique à souhait dans ce rôle d'acteur célèbre des années 50 qui voit la société Vaul-Tech prendre de l'ampleur, et le revoir 200 ans plus tard comme un mutant hors-la-loi qui sème la mort partout où il passe.
Aaron Moten impressionne dans ce rôle de troufion de l'armée locale, qui navigue entre les hauts et les bas, où son arrivée rebat les cartes de l'intrigue.
Moises Arias joue avec beaucoup de subtilité le rôle du frère de Lucy qui se questionne sur ce que cache les abris, rappelant les intrigues d'un Silo ou d'un Severance par exemple.
On retrouve le second rôle de toujours en la charismatique Sarita Choudhury, qui incarne un personnage énigmatique qui en sait plus que l'héroïne sur l'histoire de ce monde.
Mention évidemment à la bande sonore, qui en plein épisode aussi bien que pour les crédits de fin aligne les monuments de la musique des années 40 et 50, tel I Don't Want to Set the World on Fire (1941) ou We'll Meet Again (1939), alliant des balades américaines, du jazz et des crooners américains.
Une série réussie, qui nous plonge dans un monde de dingues, décalé, violent, inhospitalier, en espérant une seconde saison, car elle le mérite amplement.