Difficile art que de noter cette série sans avoir l'impression de noter les actes perpétrés par Jeffrey Dahmer. Je ne commenterai donc pas le scénario en lui-même qui se contente majoritairement d'illustrer les faits d'après les nombreux témoignages des victimes et du tueur lui-même. Il est toutefois regrettable et agaçant que, série Netflix oblige, la seconde moitié des épisodes se focalise beaucoup trop sur le racisme. La réalisation est sobre et montre ce qu'il faut montrer sans verser dans la surenchère de gore ou d'effets de mise en scène trop appuyés. L'interprétation d'Evan "Vif-Argent" Peters est évidemment troublante de crédibilité et fait ressortir l'étendue des facettes du tueur, toutes plus malsaines les unes que les autres.
Tout au long de ces dix épisodes, une seule question se pose, question au centre de la série : Pourquoi ?
Cette question, bien qu'abordée par différents protagonistes, le père de Dahmer en tête, ne trouvera jamais sa réponse. Car elle ne peut trouver sa réponse en dehors de l'esprit uniquement monstrueux de Jeffrey Dahmer, étant donné que, pour lui, tout cela avait un sens, tout cela était normal au moment des faits. En regardant cette série, on plonge au cœur du cerveau de Dahmer, non pas pour tenter de le comprendre, encore moins de l'excuser, mais pour l'étudier, le disséquer, trouver comment tout cela a pu arriver, trouver le comment du pourquoi, en vain. Et, tout comme la conclusion
qui voit brûler le cerveau du tueur en série
on éteint notre écran pour passer à autre chose, sans avoir de réponse, mais en ayant, à la place, une pensée pour toutes les victimes, tandis qu'une autre question, plus terrifiante encore, apparaît : Combien d'autres Dahmer aujourd'hui ?