J’ai rarement vu un tel naufrage. Prendre l’une des plus grandes sagas de science-fiction et la défigurer de cette façon relève presque du sabotage. Alien, le Huitième Passager est un chef-d’œuvre absolu, une leçon de cinéma qui a défini à jamais la science-fiction horrifique. Et là, Disney ose nous livrer une série pour ados, plate, insipide et agaçante au possible.
Dès les premières minutes, on comprend que rien ne va : mise en scène sans âme, dialogues d’une pauvreté abyssale, personnages stéréotypés qu’on a déjà vus cent fois ailleurs, et surtout… aucune atmosphère. Où est passée la tension suffocante, la claustrophobie, la terreur glaciale qui faisaient d’Alien une expérience unique ? Ici, on se croirait dans une parodie mal assumée, où l’univers d’Alien n’est plus qu’un décor creux pour une intrigue qui n’a rien à voir avec l’ADN de la saga.
Et que dire de ce choix aberrant : ériger des enfants en héros principaux. Sérieusement, qui a pu croire qu’un tels univers pouvait reposer sur des protagonistes juvéniles ? Ce parti pris ridiculise l’ensemble et achève de détruire la crédibilité d’une série qui, de toute façon, ne volait déjà pas bien haut. C’est proprement insupportable.
On a l’impression que les scénaristes n’ont jamais regardé un seul des films originaux, ni même compris ce qui en faisait la force. Au lieu de respecter le silence, la peur, l’inconnu, on nous sert des ados qui se disputent comme dans une mauvaise série Netflix, avec des pseudo-drames personnels sans intérêt. Tout est pensé pour plaire au plus grand nombre, quitte à piétiner la cohérence de l’univers.
Les Xénomorphes sont relégués au second plan, l’ambiance horrifique a disparu, et ce qui reste n’est qu’une coquille vide. On est loin, très loin, de la peur viscérale qui faisait dresser les poils rien qu’en entendant un bip de radar ou en apercevant un couloir plongé dans l’ombre.
En résumé : une trahison totale, une série qui n’a rien à faire dans cet univers et qui donne juste envie de revoir les films originaux pour oublier ce désastre. Si le but était de tuer définitivement la licence, alors bravo, mission accomplie.