Cette seconde saison pose question, car si la première saison posait beaucoup de question et laissait le téléspectateur sur des mystères, on s’attend naturellement que cette seconde saison commence à expliquer les tenants et les aboutissants.
Et les explications tiennent en 2 minutes pour 10 épisodes de 40 minutes à tourner.
Donc malgré toutes les qualités de mise en scène, le casting toujours très réussit, les incroyables décors, accessoires, vêtements, effets spéciaux,
la série est très longue et molle, avec quelques soubresauts histoire de ne pas endormir le spectateur façon téléfilm d’après-midi.
Quand une fiction dispose d’un scénario rachitique et que tu ne veux pas remplir les épisodes avec des scènes de combats nulles, tu fait du remplissage :
le personnage doit monter, et, arrivé en haut, il y a truc très dangereux pour qu’il soit obligé de redescendre. On revient à la case départ, on a « gagné » un épisode.
Ou par exemple quand les personnages mettent 3 épisodes pour monter un coup, et que lors de l’amorce du plan, tout tombe à l’eau car les autorités ont eut un mouchard qui les a renseigné.
Toute cette saison repose à l’évidence sur le fait que le showrunner veuille raconter plein de trucs, mais dans la saison 3, alors, il faut meubler comme on peux.
Comme pour Lost, on va ressortir du congélateur une vieille intrigue inutilisée de la première saison, qui finira avec un truc nul, mais au moins, on aura donné à « manger » au public pendant ce temps-là.
Je n’ai pas non plus compris pourquoi les personnages ne semblent pas être étonné quand ils découvrent un truc surprenant, une vérité cachée depuis plusieurs générations. « Ah ouais… ça explique tout ! Bon… on fait une partie de Gwent? »
Il y a aussi des retournements de situation qui sortent du chapeau des scénaristes, comme le revirement des shérifs, ou le fait que plein de gens ont subitement envie de quitter le silo alors que, 2 épisodes plus tôt, ils voulaient tuer les personnes qui voulaient avoir des réponses sur le monde à l’extérieur.
Les dernières minutes nous laissent une nouvelle fois sur un cliffhanger des familles, avec un étonnant flashback avant la catastrophe, porté par la charmante Jessica Henwick.
Je n’ai pas beaucoup apprécié les épisodes avec Juliette Nichols, façon île déserte de Nadia et le Secret de l’Eau Bleue, où un personnage fait des trucs random, doit survivre tout seul, et retrouve les autres quand les scénaristes ont déniché des idées pour faire avancer l’intrigue de la saison.
J’ai bien aimé retrouver l’acteur Steve Zahn, connu pour son rôle lunaire dans Hors d’Atteinte (1998) et plus récemment dans le singulier The Good Lord Bird.
Une série qui dispose d’un budget très correct, qui met les petits plats dans les grands, mais qui se perd quand le showrunner veux à tout pris être étaler le scénario sur 2 autres saisons.