Grosse déception que cette minisérie en forme de whodunnit à la Agatha Christie dans l'hiver islandais à l'âge de l'Intelligence Artificielle toute puissante...
Le scénario semble écrit de façon paresseuse et trop souvent avec les pieds. La plupart des personnages, en dehors de l'héroïne, Darby, et de Lee (ben oui, il est joué par la co-scénariste du film...) sont sans grande consistance et semblent exister que pour faire nombre. La palme au personnage de Bill, central dans l'histoire, présenté comme un "merveilleux" jeune homme
dont chacun pleure la disparition tragique.
Mais je n'ai jamais trouvé au long des sept épisodes la moindre raison pour le trouver intéressant. Bien au contraire, il est un monument de vide et d'inconsistance, desservi qui plus est par le plus mauvais acteur de la série, Harris Dickinson, au charisme de veau mort.
Si la photographie bénéficie des paysages enneigés islandais et que la mise en scène est plutôt correcte, le point le plus positif de la série reste la qualité générale de l'interprétation, hors Dickinson. Mais ça ne suffit pas à mes yeux. L'histoire est pleine de trous qui ne seront jamais comblés.
Darby, détective amateur de 24 ans – dont on ne saura jamais vraiment pourquoi elle a été invitée à cette retraite – accumule les erreurs et les incohérences de comportement. Et plus elle le fait, plus elle choisit de se défoncer, enchaînant les joints et sniffant on ne sait trop quoi. Mais son génie supposé (qui n'apparait en réalité jamais) bondit soudain au dernier épisode, où elle se transforme en synthèse de Sherlock Holmes, Hercule Poirot et Miss Marple ! Son personnage, plus détaillé que les autres, est en réalité très peu sympathique : égoïste, obsessionnelle, pseudo-marginale à la noix, plus souvent stupide que clairvoyante (je vous laisse découvrir ses sorties à l'air libre par -7°C avec juste une couverture sur ses épaules, ou son comportement lors d'un rendez-vous à la piscine de "l'hôtel", que même un enfant de cinq ans aurait évité...). Elle a beaucoup de chance d'être servie par une excellente interprétation d'Emma Corrin.
Enfin, je ne peux pas ici ne pas faire allusion à tous ces flashbacks (pas un seul épisode qui n'en contienne) contant le travail en équipe de Darby et Bill sur la piste d'un tueur en série – dont on ne comprendra jamais le lien avec l'histoire en Islande... –, et surtout leur romance ratée qui avoisine les sommets du pire ennui possible.
Il reste certes quelques bons moments ici ou là, mais trop peu nombreux pour s'en satisfaire. Quant au "message" délivré (attention à l'IA !), surfant sur l'air du temps, il semble déjà ranci par ses multiples clichés.