Columbo
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illusionperdue
illusionperdue

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Critique de la série
4,0
Publiée le 29 septembre 2026
Une excellente série policière où l'enjeu n'est pas de deviner qui sont les coupables, mais de voir comment ils vont se faire coincer, en se croyant plus malins, plus intelligents et puissants, tout en participant eux-mêmes à l'enquête aux côtés de Colombo, petit policier paraissant insignifiant, mais toujours présent et brillant là où on ne l'attend pas, avec son imperméable, son chien, sa vieille voiture, et son cigare, en totale dissonance avec les quartiers huppés de Los Angeles, et les milieux artistique et de haute société auxquels il est confronté.

Tout se déroule sous forme de confrontation, de dualité, comme dans une partie d'échecs, mais par le dialogue, les échanges, les regards et les silences, c'est un monde de gentlemen où le respect, la courtoisie et les apparences de la bourgeoisie sont de mise. Et même quand on sait à l'avance qui, c'est le comment et le pourquoi qui peuvent malgré tout surprendre, nous apprendre, et le petit détail final, contenir en lui une forme de libération et d'émotion.

Colombo est tel un magicien, qui dissimule au quotidien son génie, se donnant en spectacle pour mieux détourner et tromper la vigilance, tout en cherchant avec pertinence les évidences qui permettront de conclure les épisodes en démasquant l'autre, tout en se révélant lui-même dans un ultime instant de prestige.

La force principale, c'est bien sûr le lieutenant, qui n'est pas du tout dans les stéréotypes des œuvres policières habituelles : il n'est ni grand, ni beau, n'a pas de problème conjugal ni familial à résoudre, et n'est pas non plus alcoolique à cause d'un traumatisme passé. Pour une fois, on a affaire à un personnage qui fait simplement son métier avec un certain panache, sans action, sans armes, sans insultes et sans effets spéciaux.

La seconde force, c'est la galerie de personnages qui s'oppose, et que tout oppose à Colombo, souvent des guest-stars que l'on a plaisir à (re)découvrir dans leur jeune année, et qui permettent de nourrir et d'embellir chacun des épisodes. Certains susciteront l'empathie, et l'on ne souhaite pas toujours qu'il soit arrêté.

La série se déroulant sur plus d'une trentaine d'années, cela nous permet de voir les époques évoluer et changer, tout comme de voir grandir et vieillir ce personnage qui aura su rester amusant et attachant, joyeux et lumineux.

Néanmoins vous savez ce qui me tracasse, c'est la mise en lumière du concept répétitif et rébarbatif de son déroulement, suivant un chemin lisible et prévisible, que ce soit par la mise en place de l'intrigue, les jeux et méfaits des personnages, toujours très similaires, ainsi que par Colombo lui-même, qui pourra déplaire dans son humour maladroit, son comportement prédéfini qui aura mal vieilli, et qui finira dans l'autoparodie volontaire.

C'est aussi une série qui aura des épisodes moins intéressants, moins convaincants, et dont le rythme bavard, lent et mou, ne sera pas comparable aux nouvelles séries pleines d'action et de tension qui se basent sur les préoccupations actuelles de la société et du cahier des charges, à la fois économique et politique.

Même s'il s'agissait d'un état d'esprit de l'époque, il faut être conscient de la distinction entre Colombo et Peter Falk, la personne qui joue un rôle, et le personnage dans l'imaginaire authentique et drôle, et ne pas oublier que l'acteur entretenait des relations sur ses plateaux de tournage, qu'il pouvait avoir la gueule de bois après l'organisation régulière de soirées bien arrosées, qu'il était blacklisté par de nombreux studios pour son comportement difficile à gérer, en se disputant contre les producteurs, les réalisateurs, et certains acteurs, que ce soit sur les lignes de dialogues, les angles de caméra, faisant retarder les tournages, exploser les budgets, ou boycottant le plateau pour faire pression, cherchant une forme de contrôle excessif, pinaillant sur le moindre détail, et que beaucoup qualifieront de perfectionniste, autant de manières positives que négatives, et qui, finalement d'un certain côté, rejoignait parfaitement le rôle de Colombo, pas si composé que ça, en reflétant une partie de lui. Sans parler de sa vie privée à l'inverse de son personnage si longtemps incarné, étant considéré comme un coureur de jupons invétéré, un mari infidèle et répété, ainsi qu'un père peu présent !

Ah, juste une dernière chose… Si vous avez l'esprit aussi affûté et chevronné qu'un enquêteur, que vous considérez chaque film, chaque série comme un puzzle, une énigme à résoudre, alors venez partager comment une œuvre parfaite peut-elle être incomplète et comment le parfait alibi peut-il être trahi ?! senscritique . com/Illusionperdue
Pia Martine Morel
Pia Martine Morel

12 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 17 mai 2026
inconditionnelle...
Maigret et sa femme ou Columbo et son fantôme d épouse .
c est toute une époque un humour