⚠️ AVERTISSEMENT — Cette critique contient des spoilers. Elle revient en détail sur l’évolution des personnages et le dénouement de la série L’Abîme.
Une vérité qui fait mal, une justice qui n’existe pas
L’Abîme commence fort, très fort. Une femme qui disparaît mystérieusement, des secrets familiaux, une tension constante, et une enquête troublée par les apparences.
Mais plus les épisodes avancent, plus je réalise que le vrai abîme, ce n’est pas le mensonge…
C’est l’injustice qu’on veut nous faire avaler comme une fin acceptable.
Elsa
(de son vrai prénom Sophie)
, personnage central et bouleversant, traverse l’humiliation, la trahison et la violence psychologique.
Son mari doute d’elle. Sa fille la laisse tomber. Ses propres parents tournent le dos.
Tous ceux qui l’ont connue, aimée, ou côtoyée l’abandonnent.
Même les médias s’acharnent sur elle. Et la police l’écrase.
Et malgré tout ça… aucun d’entre eux ne s’excuse réellement.
Même une fois innocentée, Elsa ne reçoit ni pardon ni reconnaissance, ni justice digne de ce nom.
Au lieu de ça, on lui sert une fin pseudo-réparatrice, où tout le monde revient vers elle comme si de rien n’était.
Mais une accolade ne répare pas ce qu’on a détruit.
Et surtout pas quand la victime doit faire le premier pas.
Lieutenant jusqu’au bout : le traitement indécent de Stéphanie
Le personnage de Stéphanie,
lieutenant de police et meurtrière manipulatrice
, est traité avec une complaisance presque choquante.
Même démasquée, on continue de l’appeler “lieutenant”.
On pleure pour elle. On évoque son état mental avec empathie.
Et ce n’est pas seulement la justice qui faillit — c’est tout son entourage professionnel. Lorsque Elsa a été arrêtée, on a vu le mépris, les critiques, les jugements de la part des collègues de Stéphanie. Mais lors de la garde à vue de Stéphanie, rien. Juste le silence.
Les collègues ne disent rien, et on a même l’impression qu’ils éprouvent de la pitié pour elle.
Alors que Elsa, qui n’a rien fait d’autre que survivre à un traumatisme et chercher la vérité, a été traitée comme une folle dangereuse.
On l’a humiliée, enfermée, isolée, puis relâchée comme une simple erreur administrative.
Pas d’excuses. Pas de reconnaissance.
Même les médias, qui l’ont traînée dans la boue, disparaissent à la fin — pas une image pour laver son nom, pas une phrase publique pour reconnaître leur erreur.
Et du côté personnel ? Pas mieux.
Ni sa fille, ni son mari, ni ses parents ne s’excusent.
Et pourtant, c’est elle qui pardonne.
Stéphanie est ménagée. Elsa est sacrifiée.
Et quand la vérité éclate enfin, on se contente de “réintégrer” Elsa comme si tout pouvait se recoller avec un peu d’amour familial.
Mais ce pardon trop rapide, trop généreux, efface toute la tension construite dans la série.
Il n’y a aucune réparation réelle, juste un retour à l’équilibre imposé, comme si tout pouvait s’effacer avec un câlin ou un souvenir.
Le vrai scandale, c’est qu’au fond…
Elsa n’a jamais vraiment eu de justice.
En conclusion :
L’Abîme aurait pu être une œuvre puissante sur la trahison, la famille toxique, et l’aveuglement des institutions.
Mais au lieu de ça, la série s’écrase sur la fin, la série se contente d’un dénouement mou, injuste, presque malhonnête.
On nous vend un happy end, alors que rien n’a été réellement réparé. J’ai même eu l’impression qu’ils voulaient vite tourner la page, recoller les morceaux pour offrir un "happy end" — sauf qu’il n’y a rien de joyeux, ni de juste, dans ce qui est montré.
La profondeur du début disparaît au profit de raccourcis faciles, de pardons sans confrontation, et un goût amer.
C’est frustrant, injuste… et en tant que spectatrice, je me suis sentie trahie moi aussi.
Voilà pourquoi, malgré un début réussi, je ne peux pas mettre plus de 3 sur 5.