"Not partners. You work for us. Deal ?"
A quelques rarissimes exceptions, flashbacks et Anakin dans La Menace Fantôme, les enfants sont assez rares en personnages principaux dans Star Wars. Cela manquait-il ? Je serais tenté de répondre par la négative mais Jon Watts (dernière trilogie Spider-Man et Wolfs), créateur de cette première saison de Skeleton Crew a dû penser autrement en choisissant d'intégrer une histoire à la Goonies dans l'univers créé par George Lucas.
Au niveau de la réalisation, on retrouve notamment, outre Watts, David Lowery (The Green Knight), Bryce Dallas Howard et Lee Isaac Chung, déjà présents sur d'autres séries Star Wars. Rien de plus notable, tant l'image est basique, presque sans intérêt.
Le scénario, lui, propose quelques bonnes, voire très bonnes idées, même si on regrettera un déroulement orienté en son début vers un public très jeune. En fait, je vais devoir être honnête, ce n'est pas "on", c'est moi. Il ne fait aucun doute que l'ambition qui sous-tend les projets Lucasfilm est d'attirer sans cesse un nouveau public en variant les climats, les personnages et les ambiances, parfois même en plagiant le fil narratif de la trilogie originale comme ce fut le cas avec la dernière trilogie (Rey Skywalker). Viser un public jeune fait donc logiquement partie de cette ambition et, vraiment, ça n'est alors pas mal fait. Mais je regrette certaines trop grosses facilités scénaristiques qui auraient pu être évitées par un développement plus long, le découpage court précisément (des épisodes d'une trentaine de minutes) et le jeu parfois maladroit du pourtant très confirmé Jude Law. Suis-je donc devenu un vieux con qui estime que c'était mieux avant et que Un Nouvel Espoir et L'Empire Contre-Attaque (sans les ajouts visuels postérieurs) sont les productions indépassables de tout ce qui a été produit par George Lucas et ses successeurs ? Non, pas à ce point.
Il faut donc impérativement adopter une âme résolument plus jeune, un rien plus vierge de ce qui a pu être vu avant d'un univers désormais tentaculaire, pour apprécier les finesses de cette série et il y en a, à commencer par un itinéraire initiatique profond, démarrant à partir du quatrième épisode et balayant des thèmes comme les enfants soldats, la surveillance un brin kafkaïenne d'une société en huis clos surveillée par des robots ou le handicap. Quelques références à Indiana Jones parsèment également la série, ainsi que, plus anciennes, à Robert Louis Stevenson (L'Île au Trésor) ou aux quêtes arthuriennes (le siège périlleux), voire (volontairement ou non) au complexe du homard de Françoise Dolto.
Au final, malgré les critiques primaires, Skeleton Crew est une oeuvre jeunesse d'une incroyable densité qui élève son niveau à chaque épisode, à l'image de ce que furent en leur temps les premiers Star Wars (mais sans les ewoks). Pari réussi.