Déception, quelle déception, mes craintes sont hélas confirmées jusqu'au final: cette série commençait avec de bonnes bases de Hard SF, mais elle part progressivement en vrille, refusant d'assumer sa part SF, préférant taquiner nos nerfs par de la psychologie de bas étage, un soupçon de gore et surtout des idées qui partent dans tous les sens.
Constellation, c'est un casting énorme, une histoire avec de bonnes bases et de moyens de toute apparence, mais ensuite on découvre que les scénaristes ont juste floué les producteurs...et Stephen King.
J'ai l'impression qu'ils ont zappé sur le classique 'Journey To The Far Side of The Sun' (1969) sur Paramount et qu'ils en ont inconsciemment (ou non) retiré des idées pour pondre cette série.
Le plus gros problème de cette série, c'est qu'elle ne se concentre pas sur le sujet mais dérive sans arrêt dans des sous-intrigues, des éléments répétitifs, des assemblages de pièces de moindre importance, tentant de nous faire croire qu'on aura la vision révélatrice du grand puzzle au final. Mais n'est pas Christopher Nolan qui veut. La série se perd complètement en tentant de relier les points les uns aux autres. Ca en devient pénible, presque douloureux car elle ne sait absolument pas quoi faire ou comment faire avec son McGuffin principal, elle ne sait pas comment gérer sa part de SF correctement.
James Darcy, Jonathan Banks et Barbara Sukova, les second rôles, sont juste...horripilants. Entre un père qui mérite des baffes en rafales, un vieux grincheux insupportable, une ancienne cosmonaute dont on ne cerne absolument pas les motivations, on assiste à la descente aux enfers d'une histoire instable et mal maîtrisée, le tout sous une musique d'une infinie lourdeur. Noomi Rapace est généralement une excellente actrice, mais ici on ressent qu'elle est en mode automatique dès la mi-saison. Elle fait ce qu'on lui dit de faire point-barre.
Le vrai point positif est l'interprétation de la petite Alice qui est le fil rouge. C'est elle qui nous dirige dans l'histoire. Ah et il y a même une petite subtilité la concernant (allez voir le casting, vous comprendrez). Mais à trop vouloir porter l'histoire sur l'enfant, le scénariste triture trop l'intrigue avec pour conséquence que les adultes passent pour des idiots.
'Constellation' partage avec une autre série, 'The Signal', une intrigue de Hard SF très proche, avec des femmes astronautes fortes au destin bouleversé, mais les deux séries montrent rapidement les limites de leurs ambitions. Là ou 'The Signal' est plus simple dans son histoire, 'Constellation' ajoute une couche de complexité en carton pâte qui nuit totalement à l'intrigue. Charlie pour l'une et Alice pour l'autre sont de vrais éléments positifs, des enfants qui apportent de la fraîcheur, un soupçon d'échappatoire au milieu d'intrigues tortueuses et malmenées. Mais pour moi aucune de ces 2 séries n'arrive à s'élever pour atteindre un minimum d'acceptable. La diffusion récente du "problème à 3 corps" enfonce encore plus le clou, tant la différence de niveau est quasi stratosphérique.