"Mais quel choc! Quelle explosion visuelle! Quel uppercut!
Que ça fait du bien de voir du cinéma d' un tel niveau. Voilà une série de 6 épisodes qui montre l' ouest américain comme très rarement au cinéma (on va bien sûr devoir citer "THE REVENANT" à titre de comparaison, qui n' est toutefois pas, selon moi, le meilleur film d'Alejandro Gonzalez Inarritu; loin s' en faut! ).
"A L'AUBE DE L'AMERIQUE" ne laisse aucun répit au spectateur. Aspiré par l' histoire, par des images sublimes (la photographie est magnifique) mais d' une rare cruauté, par une époque où la morale était une notion inexistante, on peine à chaque seconde à reprendre son souffle; car chaque scène est une épreuve. A l' instar des personnages de la série, le spectateur reste continuellement en souffrance, et se demande quand va donc bien pouvoir s' arrêter toute cette barbarie, ces vents contraires, cette suite de calamités. Les balles et les flèches pleuvent, les lames des poignards pénètrent les chairs, les haches pourfendent les crânes. Dans "A L' AUBE DE L' AMERIQUE", le soleil ne brille jamais. Le silence n' existe pas. Tout n' est que sang, que bruit et fureur! Il fait un froid glacial, il neige, il pleut, il vente...Le sol est boueux en permanence. On a presque parfois l' impression d' être à Tchernobyl juste après l' accident nucléaire. Toute forme de beauté a disparu. L' atmosphère de la série est suffocante. Les personnages survivent. Comment? On se le demande encore...A l' image d' un des protagonistes encore miraculeusement en vie après avoir été scalpé par un indien. On voit ainsi déambuler ce sosie du monstre de Frankenstein tout au long de la série, le crâne recousu par des agrafes et le visage continuellement ensanglanté.
L' ouest américain est ici, on l' aura compris, à des années-lumière de la représentation édulcorée de "LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE". Pas de Charles Ingalls à l' horizon pour apporter une touche de bien-pensance dans cet ouest-là! Juste des indiens pas vraiment pacifiques, des mormons assoiffés de sang, des chasseurs de primes qui ne reculent devant rien, des dégénérés défigurés probablement issus d' unions consanguines! Ici on massacre, on scalpe, on égorge, on viole L' ultra violence est omni présente à chaque scène. La vie dans cet ouest-là est plus qu' un apprentissage pour la jeunesse, un véritable moment de vérité! Le jeune héros de la série va vite s' en rendre compte...
Peter Berg réalise peut-être là son chef-d'oeuvre. Si "LE ROYAUME" (2007) que j' ai critiqué par ailleurs, et "DU SANG ET DES LARMES" (2013) étaient d' excellents films, il faut tout de même reconnaître que ce "A L'AUBE DE L'AMERIQUE", tout en n' étant "qu'une" série, représente un tout autre niveau de maîtrise et d' engagement de la part de son réalisateur.
Le casting est particulièrement bien pensé, avec un Taylor Kitsch parfait en héros taiseux (une espèce de Ragnar Lothbrok de la série "VIKINGS") mais humain. Jai Courtney est méconnaissable en chasseur de primes gras et barbu. Les personnages féminins ne sont pas en reste; avec une découverte en la personne de l' excellente Saura Lightfoot-Leon. Mais surtout avec Betty Gilpin dans le rôle de Sara Rowell (l' actrice avait déjà été très en vue dans "THE HUNT" (2020)), remarquable dans son rôle de mère-courage prête à tout pour garantir à son fils un avenir digne de ce nom, et qui va trouver en Isaac Reed (Taylor Kitsch) un guide providentiel.
"A L'AUBE DE L'AMERIQUE" est juste la meilleure série de ce début d' année 2025. Elle offre en plus une qualité non négligeable, avec une véritable fin. C' est le rendez-vous "grand cinéma" à ne surtout pas manquer!"