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Arkonyx
9 abonnés
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Critique de la série
5,0
Publiée le 10 novembre 2015
Cette série est sensationnelle. Je fais partie de ces gens qui considèrent qu’Alexandre Astier est un génie. Kaamelott, ou la série dont tu ne peux te lasser. C’est un univers à part entière, de même que pour l’humour, qui est vraiment unique en son genre. Mais ce n’est pas seulement comique, non. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, on gagne en « sérieux », et pas dans le mauvais sens du terme. L’évolution en est très touchante. La saison qui se déroule à Rome (tournée dans les studios de la série « Rome », si c’est pas génial ça) est très surprenante, elle nous prend directement aux tripes (je sais pas si ça se dit). Les personnages sont tous autant farfelus les uns que les autres, et les acteurs incroyables. Bref, si j’étais Président de la République, j’imposerais le visionnage de Kaamelott dès le plus jeune âge à l’école. C’est la base.C'est le patrimoine français.
Kaamelott n'est pas qu'humour. Même si la série excelle dans le domaine du ridicule, de l'ironie et des dialogues franchouillards qui suscitent, si ce n'est le rire, l'admiration du travail de leur auteur (Alexandre Astier), Kaamelott sait aussi surprendre dans les moments les plus graves et les plus sombres. La saison 5, la plus osée et la plus "noire" des six, expose à nue les tourments du roi Arthur. Personnage connu de prime abord pour son humour cynique et ses répliques insicives, il est cette fois-ci dépossédé de tout et rongé par l'angoisse de ne pas avoir de descendance. C'est là le postulat scénaristique de cette saison 5. La dépression d'Arthur, la vengeance de l'énigmatique Lancelot et les multiples rebondissements de la quête du trône font de celle-ci la meilleure des six saisons ; car plus aboutie et plus riche que les autres. Autrement, Kaamelott reste, globalement, une quasi-perfection en terme de scénario, de jeu d'acteur, d'humour ou de drame et même de musique car il faut tout de même souligner le résultat du travail effectué pour la bande-son qui, d'ailleurs, est bien plus fournie dans cette même saison 5. D'ailleurs, le spectateur doit la musique à Alexandre Astier, seul, qui aura déjà prouvé, dans la série, tout son talent d'acteur et de scénariste. Quoi qu'il en soit, que ce soit pour ses inoubliables sketchs ou pour ses instants les plus graves, Kaamelott est un chef d’œuvre de réécriture. Parodie ou pastiche, cette série est une rareté dans le paysage de la télévision française.
Dix ans après tout le monde, je découvre enfin le livre I de « Kaamelott », et la surprise a été plutôt bonne. Alors évidemment, la série est fortement limitée par ses moyens (les costumes font toutefois illusion), et sur cent épisodes, on ne s'étonnera pas que l'ensemble soit inégal, voire un peu répétitif. N'empêche, au-delà de l'amour que porte manifestement Alexandre Astier pour l'époque, difficile de ne pas sourire, voire parfois de rire franchement devant certaines situations particulièrement bien trouvées. Surtout, l'amour d'Astier pour les mots, à l'image de dialogues surréalistes souvent grisants, est constamment palpable, d'autant qu'il a su s'entourer de comédiens absolument irrésistibles : citons, entre autres, Astier père et fils, Anne Girouard, Nicolas Gabion et surtout Franck Pitiot, génial en Perceval plus idiot que tous les autres personnages réunis. C'est cette réécriture du mythe, entre respect et décalage complet (la plupart des héros sont soit bêtes, soit méchants, soit les deux) qui fait aussi la saveur de cette première saison, en espérant que les suivantes seront du même acabit. Comme quoi, il n'est jamais trop tard pour faire une découverte.
Le décalage entre le vocabulaire employé et l'univers choisi, en même temps qu'il autorisait toute la fantaisie possible quant aux personnages et aux situations, a permis à Alexandre Astier de créer un OVNI culturel, dans un chemin parallèle (mais pas complètement similaire) à celui emprunté en leur temps par les Monty Python. Après des premières saisons centrées sur le comique et le burlesque, le virage pris (tout en allongeant les séquences pour sortir du format 3min) a conféré à Kaamelott sa singularité, en lui donnant une autre dimension tout en gardant en arrière-plan la patte originelle. On peut facilement sélectionner n'importe quelle saynète et savourer isolément, tout comme s'enfiler la totale et l'apprécier différemment. Une démarche iconoclaste, encore prolongée au cinéma, et dont on ne se lasse pas.
Cette oeuvre d'Alexandre Astier, nous permet enfin en France d'avoir un vrai showrunner. Des épisodes courts au long métrage, tout dans ces oeuvres est inspirant. a voir, lire, écouter.
En fait il y a 2 séries, les 4 1er saisons, épisodes très courts, caméra statique, aucun décor, une table, une chaise, costumes moches, humour à la Audiard, mais c'est très marrant, trèsbien joué, bien de bonnes idées, décalé, bref un ovni dans la production française. A partir de la saison 5 tout change, épisodes plus longs, tournage en extérieurs et surtout le ton change, plus sombre, il y a toujours des gags mais la série est devenue dramatique, certains n'ont pas aimé, moi beaucoup. Et ma préférée reste la saison 6 avec ses magnifiques décors (tournée à Cinecitta) ses personnages très fouillés, en particulier celui d'Arthur dont on découvre le passé, la musique, l'interprétation, l'image saturée, tout est magnifique. Un tel niveau est une exception en France.
Alexandre Astier passe en 5 saisons de la blague dialoguée de 50 secondes au court métrage épique de 52 minutes. Et il réussit tout. Ce perfectionniste est sans doute difficile à vivre pour ses proches, mais il est une aubaine pour un cinéphile.
Bienvenue au château de Camelot, en compagnie des chevaliers de la Table Ronde et du Roi Arthur de Bretagne à la quête du Graal... Sauf que, si le livre Le Roman de Merlin (l'un des premiers écrits sur le sujet, repris ensuite par Chrétien de Troyes) pensait à une bande de solides gaillards sans peur et sans reproche, ici on a une troupe de peureux (Bohort), de bourrins (Léodagan), et surtout de gentils neuneus (Karadoc et Perceval, Yvain et Gauvain...). On comprend vite le désabusement d'Arthur, et la confrontation entre tous est à pleurer de rire ! Les répliques deviennent cultes, on se reconnaît (pas trop, espérons-le) dans certains personnages, et les gags toujours plus absurdes et diversifiés sont un véritable vent de fraîcheur qui nous surprennent d'épisode en épisode. La (très) courte durée des scénettes permet de les enchaîner sans s'en rendre compte, et ces dernières ne sont jamais redondantes entre elles. Beau travail sur les décors, les costumes (un personnage égale une couleur, ce qui permet aux plus jeunes de suivre facilement), et le peu de vulgarité rend ce "feuilleton de l'humour" familial. Même sans trop comprendre, j'ai grandi avec ces drôles de chevaliers faisant des bêtises et se hurlant dessus tous les noms d'oiseaux. Sans parler des ineffables Merlin et paysans querelleurs... Un super démarrage pour cette série devenue culte.
Kaamelot est une série originale et assez drôle. Le burlesque est parfois très bien géré, mais malheureusement la plupart du temps, l'humour ne frappe pas aussi fort qu'il le devrait.
Bizarrement j'ai mis beaucoup de temps à me lancer dans cette ultime saison qui, de plus en plus, se prenait un peu trop au sérieux à mon goût. Et puis je me suis lancé ! Effectivement la série se la pète un peu mais quel plaisir ! Quel régale de retrouver tous ces personnages si familiers. Du coup j'ai envie de me remater les anciens tiens !