La mini-série UN COUPLE PARFAIT n’est pas la série du siècle, mais fait passer le temps. Le genre de show que l’on peut mettre en fond. Personnellement, je l’ai regardée en faisant mon repassage. Une ambiance Cluedo à peine dissimulée, des personnages stéréotypés. Tout manque de finesse et de crédibilité, mais on ira au bout des six épisodes pour avoir le fin mot de l’histoire. Cette série n’est pas sans rappeler THE UNDOING, dont la présence au casting de Nicole Kidman, campant le même rôle finalement, dans un environnement diffèrent, puisque rappelez-vous : THE UNDOING, c’est l’histoire de ce couple en apparence uni dont la femme va découvrir l’infidélité de son mari lorsque le corps de sa maîtresse est retrouvé assassiné. Un manque d’originalité flagrant et de subtilité. Une fin qui semble avoir été bâclée. Cette famille dysfonctionnelle unie par des liens pécuniaires finalement puisque personne ne semble réellement s’apprécier. Tous puent la méchanceté. Pas un n’est fidèle ou digne d’intérêt. Et alors, que dire de la présence d’Isabelle Adjani au casting… Elle campe le rôle classique de la Française imbuvable, nymphomane, alignant trois mots en anglais et agrémentant ses phrases de « comment dit-on déjà en français ». On peut leur dire un jour aux Américains qu’on est pas tous snobs et accrocs au sexe ? Ça pourrait commencer par les acteurs chargés de représenter notre nation, mais bon apparemment, il fait bon de perpétrer cette image.
Pour la forme, j’ai beaucoup aimé les décors sur cette île américaine de Nantucket, située dans l’océan Atlantique, à 21km au sud de Cap Cod (dont le tournage a en réalité eu lieu dans la ville de Chatham, à la pointe de la même presqu’île). La propriété d’été, justement nommée Summerland, est vraiment incroyable. J’ai même pensé pendant un instant reconnaître celle ayant servi de décor à la série L’ÉTÉ OU JE SUIS DEVENUE JOLIE. Leur point commun : une situation idyllique sur une plage et une opulence demeurant élégante, criant néanmoins la prospérité.
La maison est en effet immense et accueille sans aucun souci tous les proches conviés à la répétition du mariage d’Amélia et Benji. Notamment les parents de la fiancée, la meilleure amie, celui du fiancé et ami de famille, etc. Isabelle Nallet (Isabelle Adjani) en revanche, est logée dans le motel dont elle ne cessera de dire qu’il est dégoûtant à qui veut l’entendre. Amie dont on peine à comprendre pourquoi puisqu’elle semble être une ancienne amante du mari et père, Tag (Liev Schreiber).
Ce tableau de famille unie, riche et aimante, s’effrite très rapidement, malgré un générique nous les présentant dansant en chorégraphie sur le titre « Criminals » de Meghan Trainor. Lorsque le drame survient, sont introduits les personnages qui vont mener l’enquête. Un manque de charisme incroyable, une hostilité inutile et des échanges vus et revus. Les interrogatoires sont ridicules, ne font aucun sens. Ils sont tour a tour interrogés pour se décrire les uns les autres et permettrent au spectateur de se faire une idée de chacun et de palper les tensions existantes. Mais qui va se faire interroger un lendemain de meurtre et paraître si nonchalant, tout en crachant sur les autres, ou bien dire d’untel qu’il est « baisable » pour aucune raison. On voudrait ici encore caricaturer les riches sans âme, blasés à souhait, que plus rien n’atteint. A contrario, la provinciale Amélia (Eve Hewson) et ses parents qui refusent que la bonne fasse leur lessive, se ridiculisant sans même s’en rendre compte aux yeux des autres, que le drame a touché avec violence. Mais la jeune femme, choquée, semble totalement perdue, même avant le drame. On ne comprend pas ses intentions. Elle semble aimer son futur mari, parait très à l’aise dans ce milieu. Puis, on découvre qu’elle fait en réalité tache dans cette famille de riches, tenue par la romancière à succès, Greer, dont les révélations sur le passé font ensuite rire. Le personnage de la bonne est pathétique, je n’ai même pas envie de développer, c’est juste ridiculement absurde.
Même celui de Meritt Monaco (Meghann Fahy), la meilleure amie, jeune et belle, semblant séduire tout le monde sur son passage, mais principalement les hommes, semant le trouble dans son sillage. Lorsque l’on en découvre davantage, on se demande comment un tel secret a pu être dissimulé puis découvert la veille du mariage de sa meilleure amie, si elles étaient aussi proches qu’on voudrait nous le faire croire. Et puis que dire de Shooter Dival (Ishaan Khattar) et de sa rencontre avec Amélia, flirtant à outrance. Il est l’archétype du bellâtre des romans à l’eau de rose. L’auteur va décrire longuement les fantasmes sexuels de la jeune et innocente héroïne à l’égard de cet apollon souvent surpris dénudé, semblant lutter contre ses rêves érotiques alors qu’elle est fiancée à l’insipide Benji (Billy Howle). C’est une ambiance malsaine, tout le monde est faux. Je pourrais m’épancher plus en détail sur les autres protagonistes, mais je vais tout de même vous laisser vous faire votre propre idéé si tant est que je ne vous pas encore dégoûté de la série, ce n’était pas mon intention, car elle se regarde. Mais bon… Pas un chef d’œuvre…