Outre un scénario intéressant et relativement nouveau, j'ai été particulièrement déçu par la place et le traitement réservé aux personnages féminins dans cette série. Je ne sais pas si l'objectif était de recréer les situations de domination existantes dans le monde actuel, mais là, on frise le cliché.
Tout au long de la série, la présidente Lineaa et la soldate Annika sont traitées avec condescendance et mépris par les hommes avec qui elles interagissent.
Concernant la présidente Lineaa : entre son mari Josh, qui lui dicte ce qu'elle doit faire, changeant d'avis au gré de ses humeurs — passant de "il faut que tu attaques" à "tu as du sang sur les mains", tout cela bien tranquillement allongé dans son canapé, la conscience tranquille — et le premier ministre, dont les saillies irrespectueuses paraissent grotesques, le tableau est accablant. Cet homme, Josh, n'est personne et se permet pourtant de juger les décisions d'une président, en n'ayant aucune appréciation de la situation et sans jamais faire preuve d'empathie quant à ce que vie sa femme. Pourrait-on imaginer une situation inverse ? La femme d'un président s'adressant à ce dernier avec mépris et dégout, lui dictant ce qu'il doit faire et apparaissant en position de force ? Ou une première ministre ridiculisant un président homme ?
Le personnage de la présidente, quant à lui, semble incapable de se défendre verbalement, n'ayant pour seul attribut qu'un regard de cocker. Cela donne l'impression de voir une enfant se faire remonter les bretelles par des adultes, alors qu'on parle quand même de la Présidente d'un pays.
De son côté, Annika, est la soldate la plus courageuse de toute son unité. Et pourtant, on à le droit au soldat Osman qui lui parle comme si elle ne valait rien tout au long de la série, alors qu'il est incapable de faire quoi que ce soit d'utile, si ce n'est se plaindre et vouloir se rendre. Et que dire de son petit ami ? Lors de leurs retrouvailles, il l'accuse de l'avoir abandonné et cette dernière s'en veut, endossant le bon rôle de victime qu'on aime tant donner au femme. Annika semble partager les mêmes traits de caractère que la présidente : "docile", "sans défense", "trop émotive" , "se sentant coupable" et ne disposant, comme réponse, que de ce même regard de cocker.
Je trouve cela très dommage de donner une place de choix à des femmes tout en les concevant de manière aussi pauvre sur le plan du caractère, des compétences humaines et de leur rôle au sein d'un écosystème humain. J'aime à croire que le cinéma est un espace permettant de créer de nouveaux idéaux. Alors, lorsque les deux rôles principaux sont attribués à des femmes, pourquoi ne pas leur donner de la consistance, du charisme et, surtout, un peu de respect ?