Après deux ans d’attente, Canal+ nous a enfin gratifiés d’une troisième saison de Braquo. J’avais beaucoup aimé la première, et la deuxième aussi dans un style différent. Mais avec du recul et sans doute plus de maturité je me dis quand même que c’est plutôt pas mal dans le genre (et pour une production française en plus) mais que ce n’est pas non plus hyper mémorable.
Dans cette troisième saison, on nous sert vraiment du Braquo pour du Braquo. Ca fronce les sourcils, on joue les gros bras, on s’y perd un peu dans un nombre de personnages assez inquiétant, c’est assez didactique, et on retombe toujours sur nos pattes. Certes, la grande qualité de la série (et ce depuis le début), c’est incontestablement son rythme. On ne s’emmerde pas. Mais le problème c’est que parfois c’est vraiment écrit de manière assez limitée. On a déjà affaire à beaucoup de clichés, alors si en plus on nous met des retournements de situation dans tous les sens et qu’ensuite on nous explique tout…
D’ailleurs la saison ne fait que huit épisodes, mais ça tourne franchement en rond. On repart sur une histoire de pouvoir avec différents membres originaires de l’ex-URSS. Des mecs qui ont des tatouages sur tout le corps, des types qui ne blaguent pas. Alors on joue au jeu du chat et de la souris pendant huit épisodes. Untel trahit untel et s’allie avec untel. En fait il s’avère qu’untel est une taupe de chez untel pour piéger untel. Puis on piège untel, il meurt, puis en fait non, il réapparait, repiège untel, etc. En gros, c’est ça toute la saison.
Mais comme je l’ai dit avant, la grande qualité de la série c’est son rythme. Et cela passe par de vraies idées de réalisation qui font plaisir. On ne nous fait pas languir pour rien et on y va, découpage soigné, montage vif, musique entrainante. Bon, parfois justement la série tombe dans son propre piège et en fait trop et donne l’impression de meubler comme elle peut en rajoutant des personnages (les deux derniers épisodes avec « le turc »). Mais quand même, on ne s’emmerde jamais vraiment et on n’a à peine le temps de prendre du recul sur tout ce qui se passe.
Alors si sur le coup on passe plutôt un bon moment, on finit toujours par se dire, à chaque fin de soirée, qu’en fait ce n’était pas si top ce soir encore, que c’est toujours plus ou moins pareil, etc. Mais on continue quand même à regarder car on s’attache quand même à ces personnages principaux, et qu’on veut voir ce qui leur arrive. Mais bon dans l’ensemble, ça a vraiment du mal à se recycler.
Au milieu de tout ça, j’ai quand même envie de souligner l’excellent épisode 6, sorte d’épisode flash back vraiment passionnant et qui m’inciterait presque à dire qu’une nouvelle saison qui servirait de préquel ne serait pas forcément une mauvaise idée tant la magie qui opérait entre les 5 personnages d’antan était belle à voir. Mais bon, cela n’arrivera sûrement pas et on aura sans doute droit à une quatrième saison qui reprendra là où cette troisième nous plante littéralement.
En définitive cette saison 3 n’est pas si mauvaise, mais comparée aux deux premières et avec plus de recul, je me rends compte que ça se renouvelle mal. Braquo saison 3, ça reste un bon divertissement qui nous sort de notre quotidien. Mais malheureusement ça ne va pas plus loin dans les thématiques abordées. C’est du vu et revu, pas toujours très original, et surtout assez manichéen dans l’ensemble. Il faudrait penser à conclure cette série de manière intelligente. Ce serait bête de stopper juste parce que les spectateurs se lassent et de ne même pas avoir à une « vraie fin » écrite…