Esprits criminels est tout simplement ma série policière préférée. Pendant longtemps, j’ai regardé énormément d’épisodes au hasard avant de finalement commencer la série depuis le début et d’aller jusqu’à l’épisode 10 de la saison 15. Quinze saisons, c’est énorme : forcément, il y a beaucoup d’épisodes excellents, certains deviennent même parmi les meilleurs alors qu’on ne s’y attend pas, mais il y a aussi des épisodes complètement nuls, incohérents, parfois absurdes — bref, il y a à boire et à manger. Malgré une crédibilité parfois abîmée par la longueur de la série, une chose est restée constante du début à la fin : la famille. Ce lien puissant entre des personnages venus d’horizons différents, qui finissent par devenir une véritable famille, nous touche profondément, et c’est aussi pour cela que j’ai voulu voir la série entièrement. Tous les personnages sont intéressants et extrêmement attachants. La série réussit l’essentiel : tension, suspense, peur — la regarder dans le noir après minuit est réellement angoissant, c’est une pépite. Le mystère est passionnant, car on se met véritablement à la place des profileurs, on réfléchit comme eux, et deviner le coupable avant eux procure un vrai plaisir. La série est aussi très philosophique, centrée sur la psychologie : pour comprendre un tueur, il faut penser comme lui, presque entrer dans une forme d’introspection. C’est une série bien plus psychologique qu’axée sur l’action, et cela me convient parfaitement, même si les scènes d’action sont clairement moins réussies. Certaines enquêtes et certains tueurs marquent profondément, comme l’Éventreur ou Cat Addams, des antagonistes qu’on adore détester. Les meilleurs épisodes sont souvent ceux centrés sur les personnages, ceux qui racontent quelque chose de fort sur eux — car ce qui fonctionne le mieux dans cette série, ce sont eux. On s’y attache, on se met à leur place, on a presque l’impression de faire partie de leur famille. Malgré toute l’horreur, les liens entre les bonnes personnes restent puissants. La série a évidemment des défauts : de nombreux épisodes peu crédibles, un profilage parfois présenté comme solution quasi unique, et des choix scénaristiques parfois franchement absurdes. Autre limite, une répétition fréquente de tueurs de type Ted Bundy ou Ed Gein, surtout vers la fin. La série, autrefois plutôt conservatrice — invitant à la méfiance, à la prudence face aux écrans et aux nouvelles technologies, et à rester vigilant — a légèrement évolué dans ses dernières saisons, avec une représentation des antagonistes que j’ai trouvée moins réaliste. Mais globalement, cela reste une excellente série policière, et ma préférée.