Twin Peaks
Critiques spectateurs
Critiques presse
Note moyenne
3,9
8195 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

309 critiques spectateurs

5
150 critiques
4
85 critiques
3
32 critiques
2
18 critiques
1
14 critiques
0
10 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Xavier Xavier
Xavier Xavier

2 abonnés 19 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 3
1,5
Publiée le 10 juillet 2017
C'est très lynchien, certainement trop même. J'adore Lynch, mais là, il faut qu'il arrête. Passons sur ses habituels délires sous acide, ça fait parti du truc. En revanche, on sent bien qu'il n'a pas de quoi faire une saison complète. Les longueurs sont insupportables, et surtout n'apportent rien au propos. Quant aux personnages d'origine, il le fait clairement pour faire plaisir aux fans, puisque dans la plupart des cas, on les voit, pour les voir. ils ne seraient pas là, ça changerait strictement rien à l'histoire. Enfin bon, comme toutes les séries qui reviennent après plusieurs années, cela n'a que peu intérêt. J'imagine que ses photos ne doivent pas lui rapporter assez.
anonyme
Un visiteur
Critique de la saison 3
0,5
Publiée le 29 mai 2017
En résumé je suis déçu, très déçu. Pour être honnête j'avais de gros doutes quant à la possibilité de faire revivre un tel chef d’œuvre. Après, avec 25 ans pour le faire, on pouvait y croire quand même. Cependant, après avoir vu les 4 premiers épisodes, je doute fort que cette saison aille crescendo. Les scènes s'enchainent sans grandes subtilités, on a l'impression de voir du théâtre amateur filmé. Le son lui aussi, trop souvent, est très amateur, on imagine sans le voir le plateau avec le directeur et les techniciens et on à l'impression que les acteurs font une première lecture du script. C'est mal joué, parfois très mal. Voulu ou pas je ne suis pas sure. Une bonne partie du casting de base est là mais on a l’impression, pour la plupart, qu'étant resté 25 ans sans jouer, ils ont oublié comment faire. C'est assez choquant aussi de voir des gens qui ont pris 25 ans dans la gueule (surtout pour les femmes, c'est toujours plus dur) et qui essaient de retrouver leur charisme d’antan. Pour le sympathique Dale Cooper, on le retrouve ici après la possession, donc en méchant. Le soucis c'est que le rôle d'agent du FBI super clean lui allait comme un gant, mais le rôle de Bob ne lui va pas. Il joue bien par rapport à beaucoup d'autres acteurs mais on n'y croit pas. Autre regret, Twin Peaks S01 S02 c'est beaucoup de vie, d'humour avec une subtile dose de mystère et de dark. Pour la S03, les auteurs mettent un maximum de dark et nous balancent les symboles (rideaux rouges, personnages de la black lodge etc.) à la louche. Trop de dark tue le dark. Pour l'humour, les quelques tentatives Avec Lucy et Andy sont pathétiques.
Donc voila, je doute que le reste de la S03 me surprenne même si je ne demande que ça bien sur.
RamiValak
RamiValak

7 abonnés 188 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 27 mai 2020
Twin Peaks - Saison 1 et 2
Twin Peaks est l'oeuvre qui résume le mieux David Lynch, celle qui à travers son évolution marque aussi celle de son auteur. La première saison se rapproche beaucoup d'un film comme Blue Velvet, une intrigue où l'étrange et le fantastique surgit par moments, les personnages sont parfois très baroques, mais l'ensemble semble assez bien ancré dans le réel. Un changement s'opère déjà dans la seconde saison, certains éléments cartoonesques apparaissent alors, à travers des détails plus ou moins visibles. La première scène de cette saison montre immédiatement ce basculement, l'agent Cooper presque indifférent à la situation dans laquelle il se trouve, fantastiquement calme, et le membre du personnel exagérément sénile. La dynamique a changé, aussi bien dans Twin Peaks que dans la carrière de David Lynch. Si on excepte le très bon Fire Walk with Me, le film qui suivra Twin Peaks sera Lost Highway, le début de sa période purement expérimentale, ou plutôt son retour dans le passé. Où bien était-ce sa période post Eraserhead qui était une sorte de préquel à ce dernier ? C'est réellement fascinant d'observer la filmographie de David Lynch dans son ensemble. Dans cette seconde partie de carrière (post Lost Highway donc), on constate une progression dans ses films expérimentaux, devenant de plus en plus abstraits au fil des années. Bien que je n'ai pas encore vu Inland Empire, j'en sais et j'en ai vu assez pour voir l'aspect radical de l'oeuvre, et j'ai hâte de pouvoir comparer avec Twin Peaks - The Return, pour voir si une progression a eu lieu. Et au milieu de tout cela se trouve l'énigmatique Une histoire vraie, film que je n'ai également pas vu, mais qui me semble être proche dans le ton d'un Elephant Man, sans doute un film de commande auquel Lynch a su mettre un peu de sa personnalité, sans changer le statut du film pour autant. Son existence est donc explicable, mais reste qu'il détonne lorsque l'on met la filmographie de Lynch a plat. Revenons en a Twin Peaks saison deux. Le fantastique apparaît aussi de manière plus importante dans cette seconde saison, l'aboutissement de la partie une est vraiment marquant, résolvant donc et non sans grandiloquent l'explication complète du meurtre de Laura Palmer. S'ensuit une période de flottement, avant le début de la seconde partie de la saison deux, qui reflète bien l'image de Twin Peaks en général, l'intrigue que l'on pensait centrale, ne signe même pas la fin de la série. L'intérêt est donc ailleurs. La fin de cette première partie de saison deux est un avant-goût de The Return, où la vacuité et la mélancolie seront centrales. Je passe les détails concernant l'intrigue concernant Windom Earle, ce qui tourne autour de la Loge Noire est bien plus passionnant, y compris la façon dont David Lynch la met en scène. C'est dans le dernier épisode que l'on explore véritablement la Loge Noire, que l'on prend conscience de l'existence et de l'étrangeté de l'endroit, ainsi que son caractère hypnotisant. Quelque chose de fascinant se dégage de cet endroit, il y a une vraie intelligence dans la représentation de ce lieu, le sentiment d'infini et de peur qu'elle inspire, vu les personnages étranges qui y vivent. Le cri de Laura Palmer qui conclue cette saison deux laisse le spectateur sans voix face à ce qu'il vient de voir. Je n'ose imaginer la sensation des spectateurs qui ont vu cela en 1991 et qui ont passé vingt cinq ans de leur vie sans savoir si ils auraient droit à une explication. Le motif des rideaux rouges continuera de hanter les films suivants de Lynch, comme un indice que Twin Peaks est toujours là, partout, car c'est l'oeuvre qu'il porte en lui avant tout.

Twin Peaks - The Return
Avec cette saison trois, David Lynch livre sans aucun doute son oeuvre ultime, l'aboutissement de tout son travail depuis le début, son cinéma expérimental, mais aussi ses peintures. Il fusionne les arts pour offrir une expérience douloureuse, intense et mélancolique. L'épisode huit est sans doute ce que j'ai vu de plus impressionnant visuellement dans ma vie, Lynch prend le temps de nous offrir cet interlude indescriptible, une expérience visuelle pure, sans fond, juste la beauté. C'est complexe de définir cette saison trois, qui donne beaucoup d'éléments d'intrigue qui ne mèneront à rien, où qui nous décevra volontairement. A ce niveau là, tout ce qui concerne l'agent Cooper est presque une torture. L'ensemble est d'une telle richesse que remettre en ordre ses idées, ses souvenirs, n'est pas chose aisée. Il n'y a plus de vraies intrigue, on suit juste ces personnages déambulés dans cet univers assez morne, et revoir tous ces personnages, parfois pas longtemps, procure une vraie émotion. La mort plane sur cette saison, et je pense que qu'elle incarne l'inverse total du fan service. Lynch donne peu, donnant à ce peu une puissance décuplée, mais l'on ressort tout de même forcément de cette expérience avec le coeur lourd. "Tout cela pour ça" c'est ce qui vient en premier, mais les images obsédantes de cette saison hante l'esprit longtemps après le visionnage, et personnellement, je pense qu'une expérience si puissante ne peut pas être inutile, mais que cela détonne tant avec nos habitudes, peut en laisser beaucoup de côté. Me reste un geste impressionnant, unique, sans doute l'un des plus beaux chants du cygne qu'un auteur ait livré.
anonyme
Un visiteur
Critique de la saison 3
1,5
Publiée le 11 septembre 2017
Quelle déception de découvrir ce Lynch-là. On a l'impression qu'il considère que tout ce qui traverse son esprit mérite d'être mis en scène. Le spectateur n'a plus sa place dans cette nouvelle approche auto-centrée, bien loin des deux premières saisons magistrales.
 Kurosawa
Kurosawa

671 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 3
4,5
Publiée le 23 avril 2021
Attention, cette critique dévoile des éléments essentiels de l’intrigue.
Fallait-il espérer de David Lynch qu'il résolve tous les mystères inhérents aux deux premières saisons de sa série phare et à ceux instaurés dans ce déroutant retour ? Il suffit de connaître un peu le travail de l'artiste pour savoir que, loin de contenter les désirs de son spectateur, c'était une œuvre complexe qui allait être proposée. C'est sans doute la dernière fois que Lynch se lance dans une telle entreprise de mise en scène, et on pouvait craindre le pire au vu de sa liberté créatrice totale sur le projet. Mais, comme tout grand cinéaste arrivé depuis longtemps à maturité, Lynch a les idées claires et a pensé cette troisième saison de manière extrêmement rigoureuse : d'abord sur le plan géographique, il s'agit d'éclater l'action à différents endroits des États-Unis pour revenir len-te-ment au centre névralgique, qui semble déterminer tout un espace-temps, point de rupture de mondes parallèles interconnectés : Twin Peaks. C'est ici que tout devait finir, pas dans une démarche vainement nostalgique, mais dans un élan double, empreint d'une déchirante mélancolie et d'une abstraction nouvelle. Mélancolie dans la manière de retrouver les personnages que nous avons tant aimé et qui ont vieilli – et meurent pour certains : en effet, il ne faut pas voir dans ce « retour » des anciens un simple éloge morbide, mais la marque d'un amour inconditionnel en ce que tous ont quelque chose à dire, à faire. Que ce soit Andy, Hawk ou encore Bobby Briggs, tous portent des responsabilités qui les obligent à regarder à la fois derrière, puisque le passé ne cesse de conditionner le futur, mais aussi devant eux. Le geste de Lynch n'est pas passéiste, il est profondément vital, comme en témoignent l'intégration de nouveaux personnages essentiels (Freddie, Diane, etc.) et un humour à plusieurs facettes qui vient contrebalancer (ou servir) l'indéniable noirceur de cette troisième saison. Il fallait déjà oser faire de Dale Cooper un être complètement catatonique, seulement capable de se mouvoir à la vision d'un gobelet de café ou d'une tarte aux cerises : toutes les scènes avec Cooper – ou plutôt Dougie Jones – fonctionnent selon un comique immobile, d'une lenteur follement audacieuse, où le décalage de vivacité entre Dougie et ceux qui l'entourent provoque chez le spectateur un mélange de stupéfaction et d'hilarité inédit dans l’œuvre de Lynch, proche de ce qu'a pu faire Tati avec Monsieur Hulot. Associés ou opposés à Dougie, les frères Mitchum débarquent en archétypes farcesques attachants et le couple Hutchens comme moteur d'un humour noir révélateur du « dark age » évoqué par Lynch. Si l'humour prend une place importante, c'est bien le désespoir qui domine dans son ensemble : toutes les apparitions de Mister.C, incarnation du Mal, sont d’ailleurs la trace de cette déshumanisation glaçante, la fin définitive de l’innocence. La peur domine, engloutit tout, comme lorsque le jeune couple faisant l’amour dans l’épisode 1 se fait subitement déchiqueté par un mystérieux ectoplasme ou quand un petit garçon est sauvagement écrasé par le camion de Richard Horne dans l’épisode 6. Plus rien ne peut être sauvé parce que le Mal est définitivement implanté, idée matérialisée dans le métaphysique épisode 8, dont la plasticité expérimentale rappelle l’univers visuel d’Eraserhead. L’abstraction mise en œuvre ici peut faire écho à certains plans de la filmographie de Lynch, mais elle comporte avant tout des intuitions jamais vues. L’épisode 3 est peut-être le moment le plus emblématique de ces expérimentations ; quand Cooper quitte la Black Lodge, il se retrouve dans une pièce aux couleurs saturées et où l’action se déroule de manière hachée : les gestes n’ont aucune continuité, s’exécutent dans un mouvement constant d’arrêt et de reprise, ils s’inscrivent dans un montage hyper fracturé qui tente de rendre compte avec la plus grande justesse de l’idée de cauchemar. À peine sorti de la pièce, Cooper ne se retrouve ni plus ni moins que dans l’espace, au-dessus d’un vaisseau en carton et voit défiler la tête spectrale et gigantesque du Major Briggs : l’expérimentation, qui n’a rien à voir avec le formalisme – nul systématisme ici, mais une invention constante – renvoie aussi à un amour des formes de trucage tout à fait archaïques, aux premiers effets spéciaux de Méliès, à un bricolage technique très concret qui déstabilise moins qu’il n’émeut. C’est donc à travers une pluralité de tonalités, de formes, de rythmes et de ruptures que Twin Peaks : The Return construit sa richesse et sa cohérence. S’il se démarque sensiblement des deux premières saisons, il fait aussi le lien avec elles – et avec Fire Walk with Me – en particulier dans ses deux derniers épisodes où le passé semble révisé. Revenir à Twin Peaks, c’est revenir en arrière, au moment où tout a commencé, à la mort de Laura Palmer : c’est son mystère qui a fait venir Dale Cooper à Twin Peaks, c’est son mystère qui l’obsèdera toute une vie, sans qu’une réponse ne lui parvienne. Il ne fallait pas espérer de résolution, mais comprendre ce que provoque ce retour dans une ville que l’on redécouvre lors des envoûtantes dernières minutes de la saison. On ne sait pas vraiment ce qui se joue entre Cooper et Laura, dans cette nuit qui semble dépourvue d’indices, ni ce que ce cri final implique ; en revanche, ce que l’on sait, c’est que ce cri est l’expression d’une détresse insondable, le signe d’une ouverture démentielle, dont le vertige n’a pas fini de nous hanter.
Ricco92
Ricco92

282 abonnés 2 329 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 3
5,0
Publiée le 18 août 2018
"Je vous reverrais dans 25 ans" disait Laura Palmer à l’agent Dale Cooper dans le dernier épisode de la saison 2 de Twin Peaks. Celui-ci ayant été réalisé sans savoir que la série s’arrêterait après lui, on pouvait penser que cette promesse resterait lettre morte et que cet univers s’achèverait sur la vision terrifiante d’un Dale Cooper possédé par son double maléfique (le film qui suivit l’année suivante étant une préquelle). Le revival des années 80 étant à la mode en cette fin des années 2010, David Lynch peut finalement tenir sa promesse en offrant au public une saison 3 (même s’il s’est en fait écoulé 26 et non 25 ans) intitulée Twin Peaks - The Return. Cette modification de titre est en réalité révélatrice du fait qu’en plus d’avoir un grand écart temporel cette nouvelle saison possède un grand écart stylistique.
En effet, si les deux premières étaient signées par différents réalisateurs et différents scénaristes, la forme globale était assez classique et suivait la structure du soap opera (Lynch se réservant cependant les épisodes les plus étranges), cette troisième saison est entièrement de la main de David Lynch (à la réalisation et au scénario) et de Mark Frost (au scénario) et adopte une forme beaucoup plus expérimentale. Ainsi, les trois premiers épisodes marquent une rupture totale de ton avec ce qui a précédé et décontenancent le téléspectateur se demandant s’il ne s’est pas trompé de série (même s’il retrouve certains éléments comme la Red Room) : nous sommes dans l’expérimental le plus total et le cinéaste semble se moquer totalement de la narration (au point d’introduire les personnages de Sam et Tracey dans le premier épisode, massacrés aussitôt, pour ne quasiment plus les évoquer par la suite). Dès le quatrième épisode, la série reprend un chemin narratif en apparence plus classique (on remarque cependant en analysant bien tous les 18 épisodes qui constituent la saison que la chronologie n’est régulièrement pas respectée) jusqu’à un épisode 8 complètement délirant, incompréhensible et totalement expérimental (le Lynch d’Eraserhead et d’Inland empire est de retour) pour reprendre dès l’épisode suivant le chemin de sa narration jusqu’à un épisode 17 semblant plus ou moins résoudre vaguement l’ensemble spoiler: (même si de très nombreux points restent à éclaircir en particulier tout ce qui concerne Audrey Horne)
et terminer sur un épisode 18 totalement onirique et rouvrant un grand nombre de questions (on pourrait penser que cela sert à introduire une saison 4 qui n’est pas spécialement programmée par les créateurs).
Cette troisième saison risque donc de rencontrer la haine des amoureux des deux premières saisons qui avaient été heurté par le film Twin Peaks - Fire walk with me. En effet, l’aspect soap opera est totalement mis de côté et l’ambiance générale est beaucoup plus sombre (l’élément comique étant toujours un peu présent avec l’éternel couple Andy-Lucy et surtout le personnage de Dougie Jones et l’aspect visuel étant beaucoup moins coloré et donnant même lieu à du noir et blanc dans certains épisodes). L’élément fantastique est beaucoup plus présent mais s’éloigne beaucoup plus de la rationalité et le sens global est beaucoup plus obscur (il faudrait passer des jours entiers pour tout analyser et élaborer des éléments de réponses). spoiler: De même, l’élément le plus surprenant est l’attente extrêmement longue avant que s’effectue réellement le retour du vrai Dale Cooper (au 16ème épisode) remplacé par un Dougie Jones proche de l’attardé mental. Ainsi, la place qu’occupait le personnage est désormais plus ou moins occupée par Gordon Cole (le personnage étant interprété par David Lynch lui-même, cela peut être vu comme une indication de l’implication du cinéaste sur cette saison).
En outre, le téléspectateur sera également surpris par l’éclatement géographique dont fait preuve la narration : là où les deux premières saisons se déroulaient intégralement à Twin Peaks (si on excepte les éléments oniriques comme la Red Room), on trouve ici pas moins de 9 lieux différents (auxquels il faudra ajouter les univers parallèles). Cet éclatement se retrouve également dans le nombre de personnages puisque l’on passe d’une trentaine d’acteurs plus ou moins principaux sans réelle star (à l’exception de Kyle MacLachlan) dans les deux premières saisons au nombre impressionnant de 217 comédiens (chiffre révélé par la production) comptant de nombreuses célébrités (Laura Dern, Naomi Watts, James Belushi, Robert Knepper, Jennifer Jason Leigh, Tim Roth, Ashley Judd, Richard Chamberlain, Monica Bellucci…).
Nous sommes donc cette fois totalement en présence d’un œuvre véritablement signée David Lynch, celui-ci considérant d’ailleurs plus cette saison comme étant un film de 18 heures qu’une série télévisée et appelant les épisodes des "parties". Ainsi, cette saison peut d’ailleurs totalement s’imbriquer dans la partie la plus expérimentale de la carrière du cinéaste (partie qui, si on excepte Eraserhead, trouve son début, comme par hasard, avec Twin Peaks - Fire walk with me).
En outre, pour accentuer le risque que représente cette saison, il est essentiel d’avoir vu les deux premières saisons et le film pour à peu près comprendre ce qui se déroule à l’écran (le visionnage des séquences coupées de ce dernier et la lecture du Journal secret de Laura Palmer de Jennifer Chambers Lynch et de L’Histoire secrète de Twin Peaks de Mark Frost peuvent visiblement être également d’une aide non négligeable).
David Lynch et Mark Frost signent donc une saison qui porte très nettement la patte du premier et qui est en rupture totale avec les deux précédentes, au risque de rencontrer la désapprobation des premiers fans de la série. Mais si on accepte de rentrer dans un nouvel univers (bien que portant totalement la marque de Lynch) ne répondant pas aux codes classiques de la narration et posant plus de questions qu’il n’en résout (on peut vraiment penser que le cinéaste a des idées pour une quatrième saison même si celle-ci risque de ne jamais voir le jour), on pourra apprécier fortement cette nouvelle variation totalement dingue autour de la série (même si l’histoire en elle-même est bien la suite des deux premières saisons, le terme variation est sûrement plus approprié que celui de suite). Twin Peaks est mort ! Vive Twin Peaks !
Xavi_de_Paris
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 1
4,0
Publiée le 8 juillet 2017
Une (courte) première saison qui pose déjà les enjeux de la série, ainsi que tous les personnages. "Twin Peaks" n'est pas une série qu'il faut suivre tant pour l'enquête que pour son atmosphère, ses personnages, sa musique envoutante. Beaucoup d'éléments qui en font dès la première saison une série très singulière. Ceci grâce à la patte d'un réalisateur venant du cinéma, David Lynch, mais qui a su trouver ici un rythme parfait. C'est lent mais en même temps il se passe beaucoup de choses à "Twin Peaks". J'adore en particulier l'agent Dale Cooper, excellent en agent du F.B.I. plein de manies.
anonyme
Un visiteur
Critique de la saison 3
0,5
Publiée le 19 novembre 2018
J'adore David Lynch, il a fait de nombreux chef d'oeuvres dont les 2 premières saisons de Twin Peaks. Mais avec cette 3 éme saison, rien n'y fait, je trouve cette saison catastrophique, insipide. Rares sont les moments captivants, nombreuses sont les séquences maladroites, incohérentes... Une très grosse déception !
Cinéphiles 44
Cinéphiles 44

1 661 abonnés 4 601 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 3
5,0
Publiée le 14 juin 2017
C’est le comble de se dire que l’événement le plus attendu et le plus puissant de la soixante-dixième édition du Festival de Cannes est la projection d’une série. La lycéenne l’avait glissée dans le dernier épisode de la saison 2 de Twin Peaks, nous nous retrouverons dans 25 ans. David Lynch a tenu parole alors qu’on le croyait tous parti faire de la peinture, de la musique, bref tout sauf du cinéma. Nous voici donc en 2017 dans le Grand Palais Lumière à découvrir cette série tant attendue, sur un écran de 19 mètres de largeur et 8 mètres de hauteur. Créée en 1990, Twin Peaks décrit l’enquête de l’agent spécial de FBI, Dale Cooper, qui est envoyé dans la petite bourgade de Washington pour démasquer le coupable du meurtre de la jeune lycéenne Laura Palmer. En 1992, David Lynch réalisera Twin Peaks – Fire walk with me. Le long-métrage sera un prequel de la première saison et présentera les derniers jours de Laura Palmer avant son assassinat. Pour cette troisième saison, nous retrouvons l’univers surréaliste du cinéaste, où la libre interprétation prime sur la totale compréhension des faits. L’atmosphère anxiogène nous avait manqué avec ces rideaux rouges, ce parquet zébré ou encore la bague maléfique qui fait hurler les personnages. Dale Cooper est toujours enfermé dans la Loge Noire et on suppose que son double maléfique qui avait réussi à s’échapper est toujours dans le monde extérieur. spoiler: Mais un nouveau double aux cheveux longs se retrouve dans l’histoire. Qui est-ce ? Nous n’avons vu que deux épisodes… Il y a aussi l’énigme du début du premier épisode 4-3-0 suivit par 2-5-3 dans la fin de l’épisode 2. On se pose également des questions sur la boîte en verre dans New-York surveillée par un jeune homme. L’arbre avec le cerveau ou l’esprit de la prison ont aussi de quoi nous interpeller.
C’est partie, la nouvelle saison est lancée et cette série est, nous ne sommes pas étonnés, une véritable expérience cinématographique. La mise en scène, les plans, l’obscurité et l’intensité des lumières, les hauteurs de voix, les mystères à tout va, les deux premiers épisodes de la saison 3 de Twin Peaks sont carrément flippants et suscitent de nombreuses énigmes à résoudre. Heureusement pour patienter, nous aurons le droit à une musique du groupe Chromatics.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44
Theo
Theo

35 abonnés 1 071 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 26 mars 2024
Dès son apparition à l'écran, "Twin Peaks" s'est imposé comme un phénomène culturel sans précédent, transcendant les frontières traditionnelles de la télévision pour s'ancrer profondément dans l'imaginaire collectif. Cette série, née de l'esprit avant-gardiste de David Lynch et Mark Frost, déploie un univers où le mystère et l'étrange côtoient le quotidien d'une petite ville américaine, révélant ainsi la dualité intrinsèque de notre existence.

L'énigme de Laura Palmer, dont le visage angélique emballé dans du plastique est devenu emblématique, ne représente que la surface d'une toile complexe tissée avec maestria. Lynch et Frost ont réussi à créer un récit labyrinthique, mêlant avec subtilité le drame, le surnaturel et l'humour noir, tout en peignant un portrait saisissant de l'âme humaine. Leur maîtrise narrative, appuyée par une réalisation cinématographique et une bande sonore hypnotique d'Angelo Badalamenti, confère à "Twin Peaks" une dimension presque onirique, où chaque détail semble chargé de sens cachés, invitant à une exploration sans fin.

Au-delà de son intrigue captivante, "Twin Peaks" se distingue par sa galerie de personnages inoubliables, depuis l'agent Dale Cooper, incarné avec une intensité magnétique par Kyle MacLachlan, jusqu'aux habitants excentriques de Twin Peaks, chacun apportant sa pierre à l'édifice d'une communauté aussi fascinante que troublante. Cette série est un voyage au cœur de l'Amérique, une plongée dans les abysses de l'âme humaine, où le bien et le mal se confondent dans une danse énigmatique.

L'impact culturel de "Twin Peaks" dépasse le cadre de la série elle-même, influençant un large éventail d'œuvres dans les domaines de la télévision, du cinéma, de la littérature et au-delà. Son retour en 2017 avec "Twin Peaks: The Return" a non seulement réaffirmé son statut d'œuvre culte mais a également prouvé sa capacité à se réinventer, à défier les attentes et à repousser les limites de la narration visuelle.

En définitive, "Twin Peaks" est bien plus qu'une série télévisée ; c'est une expérience sensorielle et intellectuelle, un chef-d'œuvre qui défie le temps et les conventions, invitant à une réflexion sur les mystères qui nous entourent et ceux nichés au plus profond de nous. Elle est, et restera, une pierre angulaire de la culture populaire, un témoignage éclatant de la puissance de l'art télévisuel.
Bobby S.
Bobby S.

8 abonnés 64 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 3
4,5
Publiée le 5 juin 2017
Plus proche de Inland Empire et Lost Highway que la série originale, Twin Peaks n'en reste pas moins énigmatique, intriguant, dérangeant voire flippant.
On reste totalement captivé par ces 2 premiers épisodes!
Ghighi19
Ghighi19

97 abonnés 2 056 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 1
5,0
Publiée le 8 juin 2017
Un grand moment . C ' est LA série qui a tout inventé. Grâce à Lynch et Frost la série n ' est plus du tout une suite d ' épisodes mais une longue histoire avec des personnages complexes auxquels les spectateurs s ' attachent . On reste scotché pour savoir comment les héros vont s ' en sortir . Au delà du fait que cette série a du créé un genre c ' est un style différent de traiter une histoire et de mélanger le fantastique avec la comédie et le polar . Un must
Urham
Urham

2 critiques Suivre son activité

Critique de la saison 3
0,5
Publiée le 23 mars 2019
Prétentieux et abscons, ce « return » est terriblement décevant, rien à voir avec les deux saisons précédentes. A oublier.
anonyme
Un visiteur
Critique de la saison 3
1,0
Publiée le 29 juin 2019
Pourquoi revenir 25 ans plus tard ? Je suis un fan de Twin Peaks saison 1 et 2, et j'aime Lynch, mais j'ai tout de suite compris que ce serait un fiasco... Les 2 premiers épisodes sont très bons, voire excellents (le pilote est très noir, mystérieux, gore... il est excellent), mais après ça n'avance pas... On sourit un peu devant les bêtises de Dougie, mais 18 épisodes, c'est épuisant... Le 8ème épisode, que j'ai dû regarder en entier, a été une épreuve... C'était joli, mais à quoi cela servait-il ? Rien n'avançait, c'était lent... Les personnages des premières saisons qui reviennent pour.............???? Alors, le 17ème épisode (l'avant-dernier) donnait un peu d'espoir (une étincelle, enfin, pour ces derniers épisodes ?), et...non. Le final est incompréhensible, on essaye d'espérer et... rien. J'ai fait l'effort de tout regarder, mais ça a été dur, par moments... Cette saison n'a ravi personne à part ceux qui acceptent et aiment ne pas tout comprendre (là, par contre, on a rien, mais alors, rien compris !).
Idaho20
Idaho20

8 critiques Suivre son activité

Critique de la série
0,5
Publiée le 26 septembre 2017
Je dois commencer par dire que je n'aime pas David Lynch. De tous ces films seul Lost Highway m'a vraiment plu. Les autres restent des moments où l'incompréhension se mêle à l'ennui. Mon cousin (qui a adoré Mulholland Drive) me recommande cette série. Je décide de suivre son conseil. J'ai quand même tenté une nouvelle fois d'apprécié Lynch en regardant Twin Peaks.

Je passe sur les côtés esthétiques et la force des symboles de Lynch qui me laissent froid, m'ennuient ou me répugnent. Si la première saison est déroutante elle n'en demeure pas moins intéressante voire captivante. On voit les parallèles entre les soap opéras et l'interprétation surjouée volontairement de certains acteurs. L'intrigue teintée de paranormal suffit à tenir le spectateur en haleine. On peut néanmoins être circonspect devant certaines scènes et la bêtise de plusieurs personnages. Mention spéciale au nain qui danse devant un rideau rouge en parlant à l'envers. La saison 2 lève rapidement le voile sur qui a tué Laura Palmer et tente de relancer un intérêt avec un nouveau personnage et en renforçant l'intrigue paranormale. On peut dire que l'histoire part en vrille à partir du 3/4 de la saison 2 et ne revient jamais sur les rails. Quant à la saison 3 elle est énigmatique, déroutante, ennuyeuse, molle et incompréhensible. Je mets au défi quiconque de m'expliquer Twin Peaks et les épisodes de la saison 3. Pour moi c'est juste une perte de temps.

Au final, je trouve que cette série est une bonne illustration du Lynchisme. On ne comprend rien mais on mate en espérant qu'il y ait une explication qui ne vient jamais. Je déconseille vivement aux personnes réticentes au Lynchisme de se plonger dans cette oeuvre. Il y a tellement de productions géniales alors pourquoi perdre son temps avec celle-là ?