It is happening again… again… again…
Un deuxième visionnage exceptionnel. Cette saison va devenir un revisionnage annuel, une pure folie, une pure drogue.
Après un revisionnage des deux premières saisons et puis de nombreux rewatch du film (le chef d’oeuvre ultime du cinéma, pas de débat possible), il était temps de me replonger dans cette saison si particulière et unique.
Tout simplement, je me suis repris une claque mais une grosse claque, une très grosse claque. 18h de contenus cinématographiques, riches, innovantes. Réalisé ce travail titanesque, avoir tant d’idées de mise en scène, c’est juste exceptionnelle de la part du Dieu Lynch. Généralement, une fin de carrière est synonyme de déclin, je ne vais pas citer de noms, on en connaît beaucoup. Pour d’autres comme David Lynch cela peut être le synonyme de l’apogée de tout un travail, de toute une approche, de tout un art.
Lynch propose un retour mais qui est totalement à contre pied de la série originale. La ville de Twin Peaks n’est qu’un lieu parmi des dizaines d’autres. La série s’est nationalisée, cela permet à Lynch de faire un constat de la société américaine, une critique de cet “American Dream“, une critique sur nous, spectateurs, comme cela est décrit dans l’épisode pilote. Nous sommes habitués à voir des séries avec du rythme, avec de l’action, il y a une consommation massive et agressive d’images, nous en voulons toujours plus. Le return de Twin Peaks, c’est prendre le temps d’admirer ces images, ces trucages, ces histoires, ces rêves. Quel rapport avons-nous avec les images du passé, du présent et du futur à l’ère du numérique ? À la fin on rêve, aussi, on théorise, la série ne prend, en quelques sorte, jamais fin. Lynch nous laisse cette possibilité de continuer l’histoire, nous sommes les “dreamers“ !
Côté technique, il n’y a rien à dire, c’est parfait. Lynch fait la synthèse de sa carrière avec une forte influence d’Eraserhead. Un objet cinématographique qui pousse encore plus loin la folie de l’expérimental. Lynch use avec brio du numérique. Certains effets peuvent faire un peu kitsch mais j’ai envie de dire qu’ils sont adaptés à l’univers si décalé et étrange de la série.
Le retour d’un univers fantastique, illusoire où le mal et le bien n’existe pas, ils cohabitent ensemble. Revoir des personnages cultes 25ans après ça fait toujours son petit effet nostalgique.
Si David Lynch a de nouvelles idées pour la série, je serais bien curieux de savoir de quoi il s’agit parce qu’après avoir sorti le “Return“, c’est quasi mission impossible de faire mieux ou déjà de faire aussi bien. David Lynch et Mark Frost (ne l’oublions pas), ont réussi à révolutionner le monde de la série en 1990, le monde de la série qui rencontre celui du cinéma. En 2017, ils ont réussi, une nouvelle fois, avec cette saison 3, à casser les codes des séries modernes, initiés par les premières saisons de Twin Peaks, en créant un objet cinématographique hybride unique. Comme dit le dicton “jamais 2 sans 3“, si il devait y avoir une saison 4, Lynch et Frost réussiront t’ils encore une fois à révolutionner les codes de la télévision et du cinéma ?
Twin Peaks fait partie des plus grandes oeuvres de fiction de l’histoire et ce “Return“ est la perfection absolue ! Je ne suis pas certain, j’en suis même presque sûr aucune autre oeuvre provenant du cinéma ou de la série pourra faire mieux.
Twin Peaks à jamais la plus grande oeuvre de fiction !
A travers les ténèbres du passé à venir, le magicien espère voir un passage entre deux mondes.
FirE WAlk wITh ME