Flics ou voyous ?
Les exploits glorieux et moins glorieux d'une brigade spéciale de policiers menée par un chef controversé. L'affaire du Rampart à Los Angeles il y a une vingtaine d'année a servi de base aux nombreux scenarii qui composent les sept saisons. Les caractères des principaux personnages y sont dépeints tout au long des épisodes, à chaque fois appronfondis ce qui familiarise progressivement le spectateur fidéle ou fidélisé avec la vie de ce poste de police appelé le Bercail. On assiste à la vie des clans, bien fragiles, au sein même du Bercail, dont les membres ont tous quelque chose qui les honore ou quelque chose à se reprocher. Jalousie, coups fourrés, mensonges, vengeances... Rien n'est tout blanc ni tout noir. C'est relativement violent, sans concession, choquant parfois. Mais cela fournit une idée des rue de Los Angelès et de la mentalité de la police américaine, pas si lontaine de la réalité. Il ne faut évidemment pas croire que ce qui est raconté là est la vérité. Ce n'en est qu'une part. Il faut dire que le droit américain permet certaines dérives d'un côté comme de l'autre, à savoir chez les voyous comme chez les policiers. Autre face de la vie des membres de la brigade dite de choc, la vie familiale. Le héros de la série Vic Mackey se voit affublé d'une gourde de femme, grimaçante, instable, peu fiable, harcelante, alors que son ami de toujours Shane Vendrell a une épouse plus que dévouée. On aura du mal par ailleurs à croire cet incessant ballet en quasi accès-libre, des femmes, des conquêtes, des victimes, des drogués, et des indics dans les locaux du Bercail comme si l'endroit était un véritable hall de gare. La réalité fut que les locaux du C.R.A.S.H. étaient plus que surveillés et pour cause.
Au fil des saisons les actes de bravoures comme les actes criminels s'accumulent et font pressentir au spectateur une issue peu commune. Les différentes affaires s'inbriquent les unes dans les autres, disparaissent puis reviennent. Le truc du scénario général c'est le système des poupées russes appliqué au feuilleton. Une foule d'affaires criminelles résolues au milieu d'affaires en cours qui le seront ou pas. La machine à suspense fonctionne comme une horloge. Chaque épisode de 45 minutes passe très vite tellement le rythme est soutenu. Pas un instant on ne détournera son regard de l'écran. C'est quasiment hypnotique. Si les images défilent sans baisser leur cadence, la bande-son n'est pas en reste. Ici, pas de musique injustifiée et inutile ; rien que les bruits habituels du poste de police, de la rue, de la ville. Réalisme saisissant. Le doublage français, chose rare, est excellent. En ce qui concerne les dialogues, on nous sert le haut du panier. Les réparties des personnages entre eux, fortement imagées, méritent une belle mention. La réalisation, superbe, est un modèle pour les fabriquants de feuilletons. Elle mène l'équipe des acteurs là où il faut. Et ces acteurs donnent leur maximum. Mais la palme reviendra tout de même à Michael Chiklis qui fait un numéro époustouflant pendant les 89 épisodes.
On pourra voir quelques messages subliminaux dans le déroulement des intrigues et l'on aura raison. Ce n'est pas toujours évident de les discerner, mais heureusement ils sont récurrents. Que le curieux les cherche.
Assurément une des meilleure série du cinéma américain si riche habituellement en niaiseries et guignoleries grotesques.