J’ai découvert cette série, « Inspector George Gently », il y a quelques années avec un réel enthousiasme. Déçu, néanmoins, de n’avoir jamais vu les derniers épisodes à cause d’une programmation chaotique à la TV française (entre inversion des épisodes et déprogrammation). Martin Shaw incarne un inspecteur intègre, marqué par la mort de sa femme, déterminé à combattre le crime en respectant les règles, malgré un monde en pleine mutation des années 60. Son duo avec John Bacchus, un partenaire impulsif et ambivalent, crée une relation de mentorat tumultueuse, où les conflits moraux et générationnels apportent une profondeur rare. Les intrigues, ancrées dans les réalités sociales de l’époque, évitent les clichés et osent aborder des sujets dérangeants avec nuance. J’apprécie la reconstitution minutieuse de l’ère post-Seconde Guerre mondiale : décors, costumes et bande-son immergent totalement. Les personnages secondaires, comme Rachel Coles, enrichissent l’ensemble sans le surcharger. Bien que le détective Bacchus puisse irriter par son immaturité, son évolution subtile et la performance de Lee Ingleby rendent le personnage intéressant à suivre. Malgré quelques excès (comme l’omniprésence de cigarettes), autre vie, autres moeurs, la série se distingue par son écriture intelligente et ses dialogues percutants. Un must où chaque épisode mêle habilement tensions personnelles et professionnelles et héritage d’une époque révolue. WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU (TOME 1) et LE CIMETIERE DES SQUAWS (TOME 2) (Amazon Kindle)