“Calabria” est un road movie en corbillard. Après la mort d’un émigré calabrais venu travailler en Suisse, deux employés des pompes funèbres, Jovan et José - eux-mêmes émigrés - traversent l’Italie du Nord au Sud pour rapatrier le corps du défunt jusque dans son village d’origine. Jovan, un tzigane auparavant chanteur à Belgrade, croit en la vie après la mort, alors que José, un portugais passionné de culture, ne croit que ce qu’il voit. Ensemble, ils sont confrontés aux surprises et aux imprévus du voyage. C’est l’occasion de rendre hommage au mort et de profiter de la vie.
Istanbul, métropole à cheval entre l’Europe et l’Asie, a toujours été un lieu de passage pour les marchands et voyageurs du monde entier. Aujourd’hui, elle représente pour les émigrés issus d’Afrique et du Moyen-Orient une porte d’entrée vers la terre promise européenne. Réfugiés syriens et irakiens, jeunesse cosmopolite en quête d’un avenir meilleur, désillusionnés des printemps arabes, clandestins d’Afrique noire, tous se retrouvent dans un espace exigu et grouillant de vie : le “callshop”. Situés à tous les coins de rue, ces centres d’appel renouent les liens de l’étranger avec sa terre d’origine.
À Bruxelles, un groupe de citoyens tâche pendant 5 ans de trouver, financer et réhabiliter un bâtiment qui accueillera des services sanitaires permettant aux plus démunis de “se refaire une beauté et redresser la tête”. Leur parcours du combattant, tant financier qu’administratif, prend les allures d’un film à suspense. “Sous la douche, le ciel” donne à voir la transformation d’une idée en réalité, revendiquant la place de l’imagination comme moteur d’action citoyenne face à un horizon politique bouché.
Des portes et des déserts relate l’Odyssée des migrants, ceux d’hier et d’aujourd’hui. Film muet, néanmoins sonore, il associe un texte défilant sur l’écran à des archives d’exode, aux tableaux agités de Turner et de ses contemporains ou encore à des enregistrements plus actuels, pris sur leur chemin par ceux qui quittent leur pays. Des mots et des images qui, ensemble, convoquent les fantômes de l’histoire de l’exil.
Serge Daney a été collaborateur des “Cahiers du cinéma” avant d’en devenir le rédacteur en chef dans les années 1970, puis responsable des pages cinéma et éditorialiste à “Libération”. Il fut enfin l’un des fondateurs de la revue de cinéma “Trafic”. En 1992, dans ces entretiens avec Régis Debray pour l’émission Océaniques, celui qui se définit comme un “ciné-fils”, fait défiler sa vie et les films qui l’ont vu grandir. En racontant le cinéma américain (Hawks, Hitchcock…), la “Qualité française”, la Nouvelle vague, Mai 68 et la politisation de la cinéphilie, l’irruption de la télévision et de ses codes spectaculaires, il nous lègue non seulement une mémoire mais surtout une morale de l’image.
Octobre 2014. Ce que personne n’avait rêvé se produit. Les Burkinabé·es débarquent pacifiquement celui qui se voyait président à vie, Blaise Compaoré. Le rappeur Serge Bambara, dit Smokey, était parmi les insurgé·es. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des artisans de ce changement politique. “On a le temps pour nous” nous plonge dans le quotidien du rappeur iconique.
Pauline Horovitz filme son père depuis 2009. Dans ce nouveau chapitre aux accents de comédie documentaire douce-amère, le héros, ancien médecin “programmé” pour travailler, profite de sa retraite pour devenir acteur. En suivant les premiers pas de cette nouvelle vie émancipatrice, la fille-cinéaste regarde sa “créature” lui échapper…
La chronique de la restructuration d’une entreprise métallurgique familiale de Wallonie touchée par la crise, et la multiplicité des points de vue selon que l’on est ouvrier, patron ou responsable politique, filmés au plus près par la caméra de Manu Bonmariage.
Après Mexico 1975 et Copenhague 1980, les Nations Unies font le choix du Kenya pour la 3e Conférence Mondiale sur les femmes. Parallèlement à la Conférence officielle des États se tient en juillet 1985 le Forum des Organisations non-gouvernementales (O.N.G.), auquel participent 12 000 femmes. Pendant dix jours, sur le campus de l’Université, elles se rencontrent pour débattre des questions de politique générale et féministe : paix, développement, apartheid, Islam, lesbianisme, violences et mutilations sexuelles, Israël/Palestine, etc.
Depuis des décennies, les paysans du Nordeste partent pour São Paulo, mirage d’une vie meilleure. Il y a 50 ans, ce rêve a été celui de Lula, devenu depuis président du Brésil.
Dans l’avion qui les ramène d’Alger se croisent un travailleur algérien qui revient à son travail en France et une jeune fille algérienne née en France venue visiter son pays pour la première fois. Ils se perdent de vue puis se retrouvent. Chacun d’eux évolue dans un univers différent et doit faire face à des problèmes propres à sa condition. À travers le cheminement parallèle des deux personnages, ce film militant, parfois proche du documentaire, entend susciter la prise de conscience de problèmes sociaux et politiques.
ll était une fois dans les années 60, un jeune garçon qui fréquentait frénétiquement les cinémas de quartier pour y dévorer des yeux tous les westerns. Un jour, il vit apparaître sur l’écran de nouveaux héros dont les exploits avaient été imaginés du côté de Cinecittà. Coup de foudre pour ce westernophile : Django, Sartana, Trinita' et les autres envahirent son imaginaire...
Dans les quartiers informels du Cap, créés pour ségréguer la population racisée pendant l’Apartheid, le gouvernement sud-africain n’a jamais construit de système d’égouts, d’où l’absence de toilettes à chasse d’eau. Chaque résident·e doit donc inventer une solution individualisée pour se débarrasser de ses excréments. Excrétapolitiques est un documentaire composé de rencontres avec une vingtaine de personnes qui luttent contre cette injustice infrastructurelle.
La Parole aux morts est un ensemble de portraits documentaires réalisé par Joffrey Speno en cours depuis 2013. Les films recueillent les paroles de personnes de son entourage ayant accepté, à l’occasion d’un rendez-vous chez elles, d’évoquer leur rapport à la mort… Ce portrait est consacré à Lalla Kowska Régnier. Au fil de souvenirs notamment d’images des camps d’extermination, de ses camarades d’Act Up-Paris, de son algérianité, d’un frère jumeau, de ses chiens, de sa foi, elle tisse un récit de ce qui a marqué sa vie par ce prisme-là. Tourné à Paris, le 25 janvier 2020.