Le premier film du cinéaste soviétique Dziga Vertov s’intitule L’Anniversaire de la Révolution. Il date de 1918 et célèbre le premier anniversaire de la révolution d’Octobre. Il fut réalisé selon les principes caractéristiques du cinéma de Vertov à base de montage d’images trouvées ou documentaires. On vient, en novembre 2018, de célébrer le centenaire de sa sortie. Or, il s’agissait d’un long métrage extrêmement impressionnant, d’une longueur de plus de trois mille mètres, un record à l’époque de la Guerre Civile. Les événements montrés couvrent la période entre février 1917 (la révolution bourgeoise) et la fin de l’été 1918, date à laquelle débuta la Guerre Civile russe.
Quelle est la signification d’une occupation militaire ? À travers les témoignages des soldats qui l’ont mise en œuvre, le réalisateur Avi Mograbi explique le fonctionnement, la logique, les pratiques d’une occupation colonialiste et déploie un « Manuel abrégé d’une occupation militaire ».
L’exploration de l'imaginaire colonial du cinéma portugais. En contrepoint des productions qui ont fictionné la domination impériale, des regards de cinéastes portugais et des témoignages démasquent les mythes qui ont travesti la violente geste d'exploitation coloniale.
"Nous devrions commencer par une correspondance. Ebrahim peut m'envoyer une lettre ce vendredi, et je lui répondrai vendredi prochain. Donc, à vendredi, Robinson !" Jean-Luc Godard se met en scène dans sa pensée quotidienne. Dans son manoir du Sussex, Ebrahim Golestan tente de décoder ces messages-ovnis.
“En 2015, nous avons obtenu carte blanche pour filmer l’artiste chorégraphe Jérôme Bel au travail. Mais faire un film sur Bel, c’est se lancer dans un projet paradoxal : comment mettre en scène le travail d’un “anti-metteur en scène”?”
Mine d’or de Perkoa, Burkina-Faso. Opio a 13 ans et travaille en surface, gagnant pour seul salaire un sac de cailloux par mois. Son père souhaite qu’il intègre une formation professionnelle, mais il ne peut pas payer les frais de scolarité. Opio doit donc réunir cet argent et demande à son patron une promotion : le droit de descendre dans les galeries souterraines où l’on dit que les hommes peuvent devenir riches.
Nourri d’accablants témoignages, un récit rigoureux de la tragédie des Ouïghours, minorité victime d’une répression systémique et d’un génocide culturel par les autorités chinoises.
Dans Mossoul et Rakka dévastées par la guerre, puis à Paris pendant le soulèvement des Gilets jaunes, le réalisateur confronte Sota, un robot doté d’intelligence artificielle, avec la tragédie des hommes. Au gré des péripéties, la relation qui se noue avec la machine interroge notre condition et notre avenir.
1970. Les travailleur.euse.s en grève manifestent en Pologne communiste pour s’opposer à l’augmentation des prix. Dans les bureaux des dignitaires, la tension et la violente répression croissent à mesure que la révolte s’intensifie. En ayant recours à l’animation en "stop motion" pour donner corps aux enregistrements téléphoniques, Tomasz Wolski compose un film précis et prodigieux.
Trude était ma grand-mère. Une femme admirable, une rescapée, une femme terrible. Volonté impérieuse de la survie. Je refusais de la filmer. Je ne voulais pas me tourner vers le passé, je voulais filmer la vie, pas la mort, je voulais être libre. Jusqu’à ce que le discours inflexible de Trude commence à fléchir, et que je comprenne qu’il était temps de me tourner vers elle et la regarder, librement. Pour filmer la vie et la mort, à ma manière, au présent.
À la fin du Moyen Âge, à Florence, en Italie, une révolte des ouvriers les plus pauvres du textile, les Ciompi, parvient à renverser le gouvernement. À Florence, je filme sur leurs traces pour faire surgir les fantômes de cette révolte. Dans les banlieues industrielles, j’en découvre les échos au présent, dans les usines textiles modernes où sont exploités des travailleurs immigrés. À Paris, je dialogue avec le chercheur militant qui a mis en lumière cette révolte. Nous questionnons ensemble les enjeux politiques de l’écriture de l’histoire dans la construction d’une mémoire collective féconde.
Documentaire sur une armée féminine oubliée. La star de Black Panther traverse le Bénin pour découvrir les "Agoji" - ou, comme les Européens les appelaient, les "Amazones" - qui ont contribué à inspirer les Dora Milaje du film de Marvel. Ces armées, qui comptaient jusqu'à 4 000 femmes, ont combattu les puissances africaines et européennes du XVIIe au XIXe siècle dans le royaume du Dahomey.