Cinéaste autodidacte, Henry Brandt a d’abord filmé le monde, à travers plusieurs films de commande ethnographique, qui lui ont valu une reconnaissance internationale. Puis il est retourné en terre neuchâteloise pour y tourner « Quand nous étions petits enfants», à l’initiative de la Société pédagogique neuchâteloise. Pendant une année, le réalisateur se plonge dans l’univers de la classe de Charles Guyot, dans le petit village des Taillères situé dans la région de la Brévine, connue pour ses hivers glacés. En suivant le cours des saisons, le public appréhende, dans des séquences prises sur le vif ou jouées par les élèves, les méthodes d’un instituteur qui s’inspire du pédagogue français Célestin Freinet : méthodes basées sur l’expression libre des enfants. Restaurée par la Cinémathèque suisse, cette œuvre est unique dans le paysage du patrimoine suisse par son propos et son tournage immersif, hérité de l’expérience de cinéaste ethnographique de Brandt. Elle touche par la connivence que Brandt établit avec les élèves et leur professeur, tout en peignant le portrait d’une société rurale pittoresque.
Le réalisateur Steve Faigenbaum revient à Détroit après 25 ans d’absence. A travers une enquête personnelle, il nous dévoile les racines de la plus grosse faillite d’une cité américaine. Une histoire qui nous rappelle que nos villes ne sont pas immortelles…
Le jeune Samuel grandit sur la luxuriante Costa Verde au Brésil. Filmé pendant six ans, il assiste à l’arrivée de l’électricité et de la transformation de son paisible village de pêcheurs en un haut lieu de tourisme.
Dans l’Italie fasciste des années 30, le petit village de Borgo voit une partie de ses habitants, poussés par la misère ou l’esprit d’aventure, émigrer dans les colonies de “L’Empire Italien d’Afrique”. Ils s’en vont chercher l’Eldorado que la propagande fasciste leur a promis. Leur rêve se brise après quelques années seulement. La guerre et la chute du régime entraînent la perte des Colonies, les obligeant à revenir à Borgo, après avoir tout perdu. Cette épopée nous est dévoilée par les mots, les mémoires écrites et les centaines de photos de quelques témoins. L’histoire se déploie dans un parcours intime qui nous révèle une parole longtemps tue. Une aventure coloniale vue de l’intérieur.
Cet entretien appartient à la collection “Regards sur le sport”, produite par l’Insep. De grandes figures de la pensée (E. Morin, J. de Rosnay, A. Kahn, P. Virilio, etc.) sont convoquées pour réfléchir sur le sport, du point de vue de leur discipline respective. En compagnie de Boris Cyrulnik, éthologue et neuropsychiatre, nous remontons aux racines les plus profondes du jeu : “Les animaux sont aussi sportifs. Les mammifères, mais aussi les oiseaux font des épreuves inutiles, non fonctionnelles, comme laisser tomber une feuille et plonger pour la rattraper. Il n’y a là aucun bénéfice adaptatif. La plupart des animaux jouent et lorsqu’ils ne jouent plus, c’est que leur croissance est terminée.”
L’hiver de 1960 à 1961 fut le théâtre de la plus longue grève générale qu’ait connue la Belgique depuis la Seconde Guerre mondiale : jusqu’à deux mois d’immobilisation totale du pays contre une loi d’austérité. Sur les innombrables archives, une profusion de personnages de tous bords nous racontent les initiatives qu’ils menèrent alors. Mais, surprise : à la place d’anciens grévistes aux tempes grises, ce sont des jeunes qui nous racontent ces éclats de lutte, comme s’ils y étaient, comme s’ils y avaient été.
À certains moments dans ma vie, je me suis senti tellement dépassé que j’étais presque comme à genoux devant les mots, tellement ils étaient obscurs, tellement ils devenaient sacrés aussi, tellement la peur de ne pas les connaître me tétanisait.” Gérard me raconte une vie d’illettré, son combat pour exister. Aujourd’hui à quarante-sept ans il sait enfin lire et écrire, pourtant ces choses simples de la vie quotidienne continuent d’être angoissantes, paralysantes. Comment alors exercer un métier ? Comment devenir père et transmettre ? Comment réapprendre à s’aimer ? Ce film témoigne de l’aventure d’un homme en quête de son identité. C’est le récit initiatique de son cheminement vers le savoir. Un voyage intérieur pour reconquérir son image, sa place dans la société, et redevenir enfin l’acteur de sa propre vie.
Le journal filmé d’un concerto pour violoncelle et orchestre d’harmonie, de l’écriture à la création. Le compositeur cherche, tâtonne, rouspète, jubile. Le chef d’orchestre découvre la partition: “D’abord la regarder comme un tableau, de loin.” Le violoncelliste sourit : “La partie du violoncelle toute seule, ça paraît énigmatique !” Tous·tes les musicien·nes sont d’accord : “180 à la noire ! Ah non, ça, c’est pas possible !” Le compositeur avait prévenu le chef d’orchestre : “Mes tempi sont toujours trop rapides.”
Petra et Stefan tiennent un petit cirque ambulant, composé de quelques roulottes tirées par des chevaux. Ensemble, la famille parcourt l’Italie, émerveillant les enfants de la beauté de leur univers. Bientôt, elle prendra la route pour la Hongrie.
Au Japon, après le tsunami sans précédent de 2011 qui fit vingt-mille morts et laissa une terre dévastée, les disparus reviennent des profondeurs de la mer pour hanter les vivants. Alors que se dresse un mur brise-lames titanesque, des histoires de fantômes se propagent le long de la côte japonaise. Le paysage de la reconstruction devient ce monde intermédiaire où le visible et l’invisible se confondent.
En decembre 1999, 40.000 manifestants envahissaient les rues de Seattle pour denoncer l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Depuis quelques annees, les mouvements de protestation se multiplient. Des reseaux associatifs se constituent a l'echelle de la planete pour appeler a inventer une autre mondialisation, humaine et solidaire.
Gigi, 17 ans, et Monica, 15 ans, vivent leur amour dans les quartiers pauvres de la gare du Nord de Bucarest. Ils sont à la rue. Quand Monica attend un enfant, la question se pose avec d’autant plus d’urgence : Où vivre ? Comment vivre ?
Un long defile de rushs, de morceaux de revolution. Les rues de Paris en ce mois de mai appartiennent aux etudiants, ouvriers, communistes ecrivains. A la gare de Lyon, une manifestation d'etudiants sont solidaires des travailleurs.
Dans la ville de Tchernowitz en Ukraine, jadis une métropole de la culture juive, rares sont ceux qui ont survécu à la déportation. Parmi eux, Mathias Zwilling et Rosa Zuckermann.