Dans le canton de Boutefil aux portes du désert tchadien, l’iman accuse les femmes célibataires d’être à l’origine de la colère divine qui s’abat sur le village. Les chefs de villages décident d’organiser une cérémonie traditionnelle, l’Amchilini, qui consiste à obliger toutes les femmes non mariées à choisir un époux. Mais des voix s’élèvent, surtout chez les jeunes filles, pour s’opposer à ce qu’elles considèrent comme une atteinte à leur dignité et à leur liberté. Elles revendiquent leurs droits d’égalité et d’autonomie par rapport aux hommes.
Écrivain, cinéaste, essayiste, grand voyageur, photographe, un peu pianiste, un peu peintre, ami des bêtes, intellectuel engagé et chantre de l’imaginaire, Chris Marker a, 60 ans durant, exploré la plupart des moyens d’expression. Mêlant les témoignages de certains de ses plus proches compagnons à de nombreux extraits de ses films, “Chris Marker, Never Explain, Never Complain” retrace les grands temps de cette cinématographie unique, épousant à travers elle, les formes et les questionnements de l’engagement cinématographique et politique de la seconde moitié du 20e siècle.
48 ans après la mort violente d’Omar Blondin Diop en 1973 dans la prison de l’île de Gorée à Dakar, le réalisateur sénégalais Djeydi Djigo enquête sur la vie et les circonstances tragiques de la mort de ce jeune révolutionnaire des années Senghor.
Une rencontre avec les deux cinéastes dans la forêt boréale où était la ferme familiale de Markku et dans la toundra enneigée où Anastasia a passé son enfance.
Et si le champignon pouvait guérir et changer notre société ? Le film propose des alliances avec le règne fongique à travers des personnes recherchant ses qualités curatives. Au cours de la quête, les rencontres s’entrecroisent et le film aborde progressivement le thème du renouveau et son potentiel de guérison. Comme dans une effervescence de spores, le récit explore ce qui nous relie quand le monde semble s’effondrer.
Dans l’Italie fasciste des années 30, le petit village de Borgo voit une partie de ses habitants, poussés par la misère ou l’esprit d’aventure, émigrer dans les colonies de “L’Empire Italien d’Afrique”. Ils s’en vont chercher l’Eldorado que la propagande fasciste leur a promis. Leur rêve se brise après quelques années seulement. La guerre et la chute du régime entraînent la perte des Colonies, les obligeant à revenir à Borgo, après avoir tout perdu. Cette épopée nous est dévoilée par les mots, les mémoires écrites et les centaines de photos de quelques témoins. L’histoire se déploie dans un parcours intime qui nous révèle une parole longtemps tue. Une aventure coloniale vue de l’intérieur.
Les gestes concentrés, le visage préoccupé, Jean-Marie marche vite. Le réalisateur Alexis Jacquand le suis. Avec ardeur, il découvre son métier, ses brebis à côté, leur résistance et leur docilité. De la bergerie hivernale à l’alpage, le film nous entraine sur une trajectoire à tâtons, faite de premières fois, de satisfactions et d’appréhensions.
Traversant les siècles, ce film entrecroise des récits transmis par quelques amis ou prélevés dans les souvenirs du réalisateur, autour d’un motif récurrent : quelques pages, quelques vers, quelques phrases, des petits viatiques qui ont compté dans des temps difficiles et qui font écho à notre temps présent. Un petit mot glissé près d’un bébé qu’on abandonne au 18e siècle, l’existence de bibliothèques clandestines dans les camps de concentration nazis ou encore des poèmes que l’on se transmet de génération en génération… Avec Françoise Davoine, psychanalyste ; Arlette Farge, historienne ; Batia Baum, traductrice de yiddish ; Jacques Fraenkel, exécuteur littéraire de Robert Desnos ; Sophie Benech, traductrice de russe ; Llibert Tarragó, fils d’un déporté républicain espagnol.
L’hiver de 1960 à 1961 fut le théâtre de la plus longue grève générale qu’ait connue la Belgique depuis la Seconde Guerre mondiale : jusqu’à deux mois d’immobilisation totale du pays contre une loi d’austérité. Sur les innombrables archives, une profusion de personnages de tous bords nous racontent les initiatives qu’ils menèrent alors. Mais, surprise : à la place d’anciens grévistes aux tempes grises, ce sont des jeunes qui nous racontent ces éclats de lutte, comme s’ils y étaient, comme s’ils y avaient été.
Jonathan Katz est persuadé que Bernie Sanders, candidat aux présidentielles Américaines, est le seul espoir de transformation du pays. Porté par cet enthousiasme, il milite avec des milliers d’autres activistes pour le sénateur. Mais alors que les primaires touchent à leur fin et que Sanders lui-même s’avoue vaincu, il n’abdique pas et accuse le parti démocrate d’avoir fraudé à de multiples reprises et d’être responsable de la défaite de celui que tout le monde appelle Bernie.
“À tout prendre, rien plutôt que moitié” est le portrait de Pierre Giudicelli, braqueur de banque à la retraite. À travers le récit romanesque de sa vie hors-la-loi, le film explore, dans le huis clos de son village en Balagne, les mythes et la réalité de ce personnage.
À certains moments dans ma vie, je me suis senti tellement dépassé que j’étais presque comme à genoux devant les mots, tellement ils étaient obscurs, tellement ils devenaient sacrés aussi, tellement la peur de ne pas les connaître me tétanisait.” Gérard me raconte une vie d’illettré, son combat pour exister. Aujourd’hui à quarante-sept ans il sait enfin lire et écrire, pourtant ces choses simples de la vie quotidienne continuent d’être angoissantes, paralysantes. Comment alors exercer un métier ? Comment devenir père et transmettre ? Comment réapprendre à s’aimer ? Ce film témoigne de l’aventure d’un homme en quête de son identité. C’est le récit initiatique de son cheminement vers le savoir. Un voyage intérieur pour reconquérir son image, sa place dans la société, et redevenir enfin l’acteur de sa propre vie.