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    Resident Evil 4 : un remake en très grande forme pour un jeu adoré des fans
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    Sorti il y a 18 ans, Resident Evil 4 était l'un des épisodes les plus forts de l'increvable franchise vidéoludique de l'éditeur Capcom. Celui-ci l'a bien compris, en sortant le 24 mars un remake de ce jeu culte. Le résultat ? De très haut niveau.

    Voilà déjà 27 ans que la cultissime licence vidéoludique Resident Evil est née, et presque autant de jeux qui ont vu le jour. Resident Evil premier du nom, en 1996, a contribué à poser les bases du genre Survival Horror. Mélange d'exploration, d'action et de sensations fortes, le premier volet de la saga s'est vendu à l'époque à 2,75 millions d'exemplaires.

    Au fur-et-à-mesure des épisodes, la saga a exploré des voies différentes, des variations de Gameplay, sur le thème immuable de l'horreur. Si les épisodes se suivent, ils ne se ressemblent pas. Et osent parfois la rupture : ce fut le cas avec l'extraordinaire Resident Evil 4, en 2005.

    Développé dans la douleur par Shinji Mikami revenu aux commandes, il se distinguera des précédents opus en proposant un Gameplay avec caméra à l'épaule pour accentuer le sentiment d'immersion du joueur. Une vraie révolution à l'époque, mainte fois reprise depuis.

    L'exercice est désormais bien rôdé pour Capcom. Entre chaque nouvelle itération de sa franchise milliardaire (la dernière, Resident Evil Village, est sortie en 2021), l'éditeur nippon s'active à intercaler de nouvelles versions de ses anciens titres. Après avoir offert les remakes très solides de Resident Evil 2 et Resident Evil 3, place à Resident Evil 4 remake donc, disponible depuis le 24 mars dernier.

    Là encore, pas question de se contenter d'un simple ravalement de façade à coups de textures HD, et évidemment vendu au prix fort. Refondu de la cave au grenier à l'aide du moteur de jeu maison, le RE Engine, retravaillant sa mise en scène et l'aspect de certains de ses personnages, un scénario très sensiblement réimaginé, une refonte complète du gameplay pour coller bien davantage aux canons de l'époque actuelle... L'équipe emmenée par le duo Yasuhiro Ampo, responsable de ce RE4 Remake, et le Game Director Kazunori Kadoi, a fait des merveilles.

    C'est d'autant plus méritoire que la pression était grosse autour d'un jeu qui était déjà considéré comme le plus abouti de la licence. "Honnêtement, je ne voulais pas le faire. Dans la saga des Resident Evil, et même plus largement dans l'univers des jeux vidéo, Resident Evil 4 est considéré comme une légende. Je savais que ca serait très difficile d'en faire un remake, et que si nous devions en faire un, les changements que nous proposerions risquaient d'énerver les fans" confiait Yasuhiro Ampo au site Game Informer, en février dernier.

    Tout change pour que rien ne change

    Rollercoster découpé en 16 chapitres globalisant une bonne vingtaine d'heures de jeu (et plus si vous voulez platiner le jeu à 100%), RE4 Remake nous replonge avec délice aux commandes de l'iconique personnage Léon, six ans après son expérience infernale à Raccoon City initiée dans le deuxième volet de la série.

    Sa détermination lui avait valu d'être recruté comme agent sous les ordres directs du président des États-Unis, et se retrouve contraint de sauver sa fille kidnappée. Suivant sa piste jusqu'à un village européen isolé, en Espagne, il se retrouve rapidement aux prises avec une population locale légèrement énervée...

    Capcom

    Et dès le début d'ailleurs, toujours aussi stressant, dans ce village espagnol où toute sa populace meurtrière (les fameux "Ganados") se jette sur le personnage, avant de voir débouler sans crier gare un villageois armé d'une énorme tronçonneuse, fonçant sur le héros.

    L'occasion, là aussi, de mesurer à quel point cette séquence a été une authentique matrice pour les opus en devenir, comme le début de Resident Evil Village justement, qui reprend cette idée même si le jeu plante sa toile de fond en Europe Centrale. Ou même le tout début de Resident Evil 5, qui déroulait son intrigue en Afrique.

    Parmi les nouveautés très appréciables, marquant justement une franche rupture avec l'opus de 2005, figure la place primordiale désormais occupée par le couteau de Léon, très polyvalent. Son -bon- usage sera essentiel dans la survie du personnage, surtout à un niveau de difficulté élevé.

    Capable de parer les attaques, permettant de se dégager, de tuer silencieusement, d'achever les ennemis au sol, faisant ainsi économiser en certaines occasions de précieuses balles, il sera toujours d'un précieux secours, même au prix d'une durabilité entamée. On dit aussi adieu aux QTE (les "quick-time events") qui parsemaient le jeu de 2005, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

    Capcom

    Lettre d'amour aux fans d'un titre iconique, ce RE4 Remake ne réinvente finalement rien. Débarrassé de ses (lointaines) scories de jeunesse, il raffine au contraire une recette très savamment dosée; sublimant en quelque sorte un titre qui vieillissait déjà comme un grand millésime.

    La question, finalement simple, est la suivante : les amoureux de la licence doivent-ils poser leurs mains sur cette version ? La réponse tient de l'évidence : mille fois oui. D'ailleurs, ils semblent répondre à l'appel en masse, avec 3 millions d'exemplaires vendus deux jours à peine après sa sortie. Pour les non initié(e)s -et il y en a beaucoup !-, la voie est déjà toute tracée : foncez !

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