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Juste un regard sur TF1 : la série qui "retourne votre cerveau" selon Harlan Coben
Par Antoine Serrurier — 15 juin 2017 à 05:30
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À l'occasion de la diffusion de "Juste un regard" sur TF1, rencontre avec Harlan Coben, producteur de la série adaptée de son best-seller du même nom. Le prolifique auteur de polars revient sur le tournage de la série et ses futurs projets.

TF1 / VAB PRODUCTIONS / NICOLAS GOUHIER

Plus connu pour la trentaine de romans policiers dont il est l'auteur que pour ses contributions audiovisuelles, Harlan Coben revient sous les feux de l'actualité avec une troisième série adaptée de ses oeuvres littéraires. Cette fois-ci, c'est son polar Juste un regard, avec l'expérimentée Virginie Ledoyen dans le rôle principal, qui sera diffusé à compter de ce jeudi 15 juin à 20h55 sur TF1. De passage à Paris, l'écrivain polyvalent nous a confié ses impressions sur sa nouvelle adaptation, son rapport à l'univers des séries et ses futurs projets. Entretien.

AlloCiné : Avec le recul, quel regard portez-vous sur le tournage de la série ?

Harlan Coben : C’était une merveilleuse expérience, du début jusqu’à la fin. J’ai été très heureux et chanceux d’avoir obtenu Virginie Ledoyen pour le rôle principal, car quand j’ai commencé à réfléchir au personnage d’Eva dans la série, c’est la première personne qui m’est venue à l’esprit, même si elle n’a pas fait beaucoup de télévision. Nous étions ravis et très honorés qu’elle accepte, tout comme Thierry Neuvic, Thierry Fremont et tous les autres acteurs : j’avais une réelle "dream team" française. J’ai également eu la chance d’avoir à mes côtés un jeune réalisateur très talentueux, Ludovic Colbeau-Justin, qui n’avait jamais réalisé une série dans son intégralité, mais qui a une magnifique vision et qui était très enthousiaste. J’ai vu les six épisodes et je pense qu’ils ont fait un très bon travail. La série est pleine de suspense et nous tient en haleine jusqu'au bout. Le premier épisode est bien, le deuxième est encore mieux, et ainsi de suite. Et au sixième, on s’accroche à son fauteuil comme si nous étions sur des montagnes russes. J’ai vraiment hâte d'avoir le retour du public.

Comment avez-vous connu Virginie et Thierry ? Y a-t-il un de leur film en particulier qui vous a décidé à faire appel à eux ?

J’ai vu Virginie pour la première fois dans La Plage, avec Leonardo DiCaprio, puis je l’ai revue plus tard dans de plus petits films français. Je connaissais Thierry personnellement parce que j’avais déjà travaillé un peu avec lui dans Ne le dis à personne , le film que j’avais fait avec Guillaume Canet et tiré de l’adaptation d’un de mes romans. La toute première scène a lieu près d’un lac, et la caméra tourne autour d’une table à laquelle Thierry est assis. Mon producteur Sydney Gallonde me les a également beaucoup recommandés. J’ai toujours aimé avoir recours à des acteurs connus pour leur proposer des rôles différents. C'était déjà le cas pour Alexandra Lamy dans Une chance de trop, jusqu'alors surtout remarquée dans des compositions comiques. Je pense que beaucoup de monde identifie Virginie comme étant une personne "glamour" de part ses nombreux rôles. Maintenant, les gens vont la voir comme une mère courageuse de deux enfants. Cela risque de surprendre une grande partie du public.

Une chance de trop : un record pour le final... et une saison 2 ?

Vous avez déclaré que ce que vous aimiez chez les français était leur manière de vivre intensément leurs émotions. Avez-vous ressenti ce trait de caractère spécifique chez vos acteurs ?

Tout à fait. Juste un regard n'est pas pas juste un thriller. La série donne évidemment des palpitations et retourne votre cerveau, mais elle possède également une dimension très émotive et sentimentale, qui devrait plaire. Durant les six épisodes, le téléspectateur se range aux côtés d'Eva, en souhaitant plus que tout qu'elle arrive à reconstituer sa famille.

TF1
Harlan Coben et son producteur Sydney Gallonde sur le tournage de "Juste un regard".

Vos adaptations reflètent-elles toujours la vision que vous aviez lors de l’écriture de vos romans ? N’êtes-vous pas frustré parfois de devoir contourner la fidélité de votre ouvrage. Ou voyez-vous plutôt ça comme une opportunité de l’imaginer différemment ?

C’est une très bonne question, très perspicace. Si j’avais juste décidé de vendre les droits de mon livre en disant "voilà Sydney, fais ce que tu veux avec", je me serais plaint du résultat comme n’importe quel auteur. Mais je me suis impliqué tous les jours. À chaque nouvelle prise, je demandais à voir le résultat afin de réécrire et approuver chaque script. Je m’occupais de tous les acteurs et de toute l'équipe technique sur le tournage. Si le public n’aime pas la série, c’est donc entièrement de ma faute. En revanche, cela m’a permis de retranscrire certaines idées exactement comme je les avais imaginées pendant l’écriture de mon roman. Pendant l’écriture d’un ouvrage, je suis complétement seul. La série est, au contrire, une véritable collaboration, un mélange d’idées et de points de vue. Je suis très heureux de voir ce que beaucoup de personnes très talentueuses ont pu faire avec mes œuvres.

Avez-vous la même imagination visuelle lors de l’écriture d’un scénario pour un roman ou pour une série ? Cet imaginaire visuel est-il naturellement plus fort pour l’écriture d’une série ?

Je dirais que c’est assez différent. Quand j’écris pour une série, je me dois d’être plus visuel, d’imaginer plus profondément les scènes. Tandis que lorsque j’écris un roman, je peux vraiment approfondir sur ce qu’il se passe dans la tête des personnages. Quand j’ai rédigé Juste un regard, je l’ai écrit du point de vue d’Eva. Pour cette adaptation, j’ai dû montrer ce que pense Eva de façon plus large, plus visuelle. C’est la plus grande différence entre l’écriture d’un livre et celle d’une série. Par exemple, The Five a failli être un roman, mais finalement je l’ai écrit directement pour le petit écran. C’était un exercice compliqué car il y a quatre personnages principaux, ce qui est très difficile à développer dans un roman. Pour Une chance de trop et Juste un regard, il n’y a qu’un seul héros. J’ai déjà écrit un livre avec trois personnages de premier plan et c’était une épreuve délicate, alors pour The Five, je me suis naturellement tourné vers le format série, afin d’offrir plus de profondeur à mes protagonistes.

Vous endossiez donc encore le rôle de producteur exécutif sur la série. Etait-ce plus facile ?

J’avais surtout plus d’expérience. C’est la deuxième fois que je suis producteur exécutif et j’ai pu apprendre encore plus de choses cette fois-ci. Je suis de plus en plus responsable afin d'éviter de devenir l'un de ces auteurs qui dit "je n’aime pas ce qu’ils ont fait avec mon livre, ils l’ont ruiné". Si l’un de mes ouvrages rencontre un grand succès, je vais fêter ça seul, à la manière d’un joueur de tennis ou de golf : je suis comme à Rolland Garros, je salue la foule. Si une de mes séries plaît au public, je vais me sentir comme le capitaine d’une équipe. Ce sera une victoire collective car chacun aura donné un peu de sa personne pour contribuer au succès de l’œuvre.

TF1
Virginie Ledoyen jouera le rôle d'Eva Beaufils.

Votre société de production "Final Twist Productions" symbolise-t-elle votre désir d'être plus actif dans ce secteur ?

Oui, j’aime vraiment travailler pour la télévision, même si mes livres restent ma plus grande priorité. Actuellement, je travaille sur de nouvelles productions en anglais. Malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus tant que ce n'est pas finaliséJ’aimerais continuer à faire des séries avec TF1. Je pense que je m’améliore à chaque nouveau projet, et je suis très enthousiaste de voir la façon dont les français ont accroché à mes séries.

Souhaiteriez-vous adapter à l’écran un livre que vous n’avez pas écrit ? Un livre dont vous êtes fan ?

Le livre de quelqu’un d’autre ? Non, je ne pense pas que je pourrais réussir à faire ça. Peut-être un jour, il ne faut jamais dire jamais, mais j’ai déjà écrit 31 livres, j’ai donc de quoi faire pour encore longtemps !

Le succès de vos précédentes adaptations vous encourage-t-il à prendre plus de risques à l’avenir ?

Mon objectif, quand j’écris un livre ou que je fais une série, c’est de faire mieux que la fois précédente. J’ai adoré Une chance de trop, mais je souhaitais que Juste un regard aille plus loin encore, sinon ça ne sert à rien que je fasse ce métier. J’essaie toujours de m’améliorer et je pense que l’on devrait tous toujours le faire. Je suis très ambitieux en ce sens. J’ai dit à TF1, qui a été un excellent partenaire jusqu’ici, que je voulais qu’on continue à s’améliorer ensemble, et ils ont été très compréhensifs à ce sujet.

"L'adaptation de "Juste un regard" est précisément le résultat que j'avais imaginé".

Vous dites donc que TF1 a été un excellent partenaire, la chaîne vous a-t-elle laissé une grande liberté vis-à-vis de l’adaptation de vos ouvrages ?

Tout à fait, je pense que lorsque l’on travaille avec une grande chaîne de télévision, il faut avant tout répondre à leur demande. Mais dans l’ensemble, je pense que TF1 m’a donné autant de liberté que ce que j’aurais pu leur demander. Je n’ai eu aucune réclamation à faire et à aucun moment j’aurais souhaité faire la série différemment. L'adaptation de Juste un regard est précisément le résultat que j'avais imaginé. Ils ne m’ont jamais accablé de contraintes ou donné d’orientation particulière.

Y a-t-il des réalisateurs ou des œuvres filmographiques qui vous ont inspiré dans l’écriture ou l’adaptation de vos séries ?

Rien ne m’influence à proprement parler. On peut très bien me dire que toutes les séries que j’ai regardées ont été influencées par le style des polars scandinaves, alors que n’en ai jamais regardé. Je pense surtout que l’influence est indirecte. Tout ce qui m’a plu m'inspire, et je veux donner au spectateur le même sentiment que j’ai eu en regardant telle ou telle série. Des séries comme Les Soprano, Breaking Bad, Dexter, Fargo ou encore Lost, m’ont déterminé à faire du mieux que je pouvais, parce qu’elles m’ont captivé. Cependant, je préfère apporté ma propre vision à chacune de mes œuvres. Pour moi, ce sont d’abord des romans, avec une dimension très cinématographique, avant d’être des séries.

TF1
La complicité entre Harlan Coben et de son producteur Sydney Gallonde, sur le tournage de "Juste un regard".

Tout le monde vous connaît comme étant le maître du suspense et du twist, et vous avez récemment déclaré : "ce que je veux, c’est que vous preniez mon livre en allant vous coucher et que vous ne le lâchiez plus de la nuit". N’y-a-t-il pas ici meilleur atout que votre style d’écriture, afin de rendre addict les téléspectateurs devant vos séries ?

Vous avez totalement raison, j’utilise cette même technique et je le fais tout au long de la série, pas seulement à la fin. J’adore le binge-watching, mais j'aime aussi le fait que l’on doive attendre une semaine entre chaque épisode. Avec Une chance de trop, et davantage avec Juste un regard, j’ai cherché à capter l’attention des téléspectateurs, de les tenir en haleine. J’aime beaucoup ce sentiment.

Pensez-vous que le format de six épisodes est actuellement le meilleur pour adapter vos œuvres ?

Personnellement, je pense que oui. Peut-être que je pourrais en faire huit ou dix, mais je pense que les séries courtes marchent mieux avec ce que je fais. Même si nous avons connu un large succès avec Une Chance de Trop et que nous aurions pu faire une seconde saison, j’ai préféré en resté là en évitant de proposer une suite de moins bonne qualité. Je considère que c’est une erreur qui est malheureusement faite dans beaucoup de séries. J’ai préféré adapter un autre livre afin de ne pas être injuste envers le spectateur. Passer du temps à regarder un show de six, huit ou dix épisodes et faire attendre un ou deux ans aux téléspectateurs avant de dévoiler la suite, c’est cruel. J’ai donc directement prévenu TF1 que je ne ferai pas de suite et ils ont été très compréhensifs à ce sujet. À travers Juste un regard, ma promesse au public est de leur faire découvrir pourquoi Bastien a disparu, et de leur donner toutes les réponses d’ici la fin du sixième épisode. C’est un livre très complexe avec beaucoup de retournements de situation. Toute l’intrigue ne pouvait pas tenir dans un film de deux heures, sans sacrifier des morceaux ou retirer certains personnages. Le format de six épisodes me permet de garder un maximum d'éléments, et même de développer certains aspects. C’est une grande liberté.

TF1
Thierry Neuvic jouera le rôle de Bastien Beaufils.

Pour conclure, pouvez-vous nous parler de vos futurs projets ?

Je vais sortir un nouvel ouvrage qui s’appellera "Double Piège". Il est déjà disponible dans certains pays, mais il sera publié en France en octobre prochain. Lorsque j’ai écrit le scénario, j’ai tout de suite pensé à Julia Roberts pour le rôle principal, mais je ne peux pas savoir si l’adaptation va réellement se faire. Je travaille également sur une nouvelle série qui va bientôt être annoncée, mais je ne peux pas trop en parler pour le moment. Je continue également de discuter avec TF1 pour faire de nouvelles adaptations comme Juste un regard. Je souhaite véritablement continuer cette collaboration. Aujourd’hui, ma priorité est toujours d’écrire de nouveaux romans. Je vais sortir un autre livre qui signera le retour de mon personnage Myron Bolitar après 6 ans d’absence. La version originale s’appellera "Home", mais le titre français sera "Sans … quelque chose", c’est toujours "Sans… quelque chose" en France ! (rires) Je pense qu’il sortira l’année prochaine, en mars. Enfin, j’écris un nouveau roman en ce moment, que j’espère terminer dans un mois.

Aura-t-on le plaisir d’avoir un livre et une série chaque année ? 

J’adorerais. J’aimerais déjà beaucoup continuer la coopération que j’ai actuellement avec TF1. Et j’espère sincèrement que tout le monde sera d’accord pour poursuivre l’aventure. Mais quoi qu’il arrive, je reste très content et honoré que le public français apprécie autant mon travail !

La bande-annonce de Juste un regard avec Virginie Ledoyen : 

Propos recueillis le 12 mai 2017.

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