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ABC contre Poirot sur Canal+ : que vaut cette adaptation d'Agatha Christie avec John Malkovich ?
Par Guillaume Nicolas (@gehenne) — 8 mai 2019 à 20:00
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On retrouve le célèbre détective belge, Hercule Poirot, bien des années après ses moments de gloire, qui doit faire face à une nouvelle et terrible menace, dans une nouvelle adaptation d’Agatha Christie.

Gareth Gattrell
De quoi ça parle ?

De meurtres et d’alphabet. D’une étrange relation épistolaire entre un assassin et Hercule Poirot. D’un héros vieillissant et peu aimé dans une Angleterre guère accueillante. De chemin de fer et de Backgammon. Tout cela ne sonne guère logique et compréhensible ? C’est pourtant ce que brasse, trois épisodes durant, ABC contre Poirot, cette nouvelle adaptation d’un roman d’Agatha Christie.

C’est avec qui ?

Dans le rôle du célèbre détective belge, on retrouve John Malkovich et un terrible accent français. Dans celui du jeune inspecteur Japp, c’est cette chère tête rousse de Rupert Grint, qui a bien grandi depuis Harry Potter. Enfin l’étrange Alexander Bonaparte Cust est incarné par Eamon Farren dont on a pu apprécier le physique singulier dans la saison 3 de Twin Peaks et que l’on pourra retrouver dans l’adaptation vidéoludique The Witcher aux côtés d’Henry Cavill. Enfin les habitués des séries anglaises auront reconnu la présence d’Andrew Buchan, éternel et tragique Mark Latimer de Broadchurch.


Ça vaut le coup d’oeil ?

Dans l’une des premières séquences, on découvre Hercule Poirot, vieux, se teignant la barbe et la moustache en noire. La scène est anodine et pourtant elle dit beaucoup. Elle raconte la tentative un peu désespérée de lutter contre le temps ; celle d’un homme qui cherche une façon artificielle de retrouver sa dignité ; enfin elle exprime un côté fake et disgracieux. ABC contre Poirot est un peu tout ça. Une mini série qui a des choses à dire mais qui s’embourbe parfois dans une esthétique ostentatoire.

Il y a les façons simples de raconter une histoire et il y a le piège des histoires simples à raconter. Celles où on se demande en 2018 (diffusion originale de la série), s’il est possible de narrer plus ou moins linéairement une histoire d’Agatha Christie ? Déjà l’autrice à l’époque s’était posée la question. Avec ce roman, elle applique une nouvelle technique de narration, alternant ainsi les passages à la première personne avec d’autres à la troisième. Cette ambivalence dans le récit a peut-être conduit la créatrice Sarah Phelps à complexifier une structure pourtant simple à la base.

Ben Blackall


La série échoue alors à impliquer le spectateur dans la mécanique du mystère, où l’on s’amuse à chercher, comprendre, imbriquer les éléments les uns aux autres. En déstructurant ainsi, Sarah Phelps impose une profondeur peut-être plus intense, notamment dans des flash-backs éclairs, mais perd parfois son fil dans ce faux rythme où la narration papillonne plus qu’elle ne se pose. L’étude de la psychée d’Hercule Poirot était la principale valeur de ce récit, entre grandeur et décadence. Avec elle, se jouait la mémoire des spectateurs, habitués au flegme et à la classe si britannique de David Suchet, celle des lecteurs fan du célèbre détective, dans une version pas forcément plus sale mais moins sûre et convaincue. Ou plutôt dans un environnement qui ne l’accueille plus les bras ouverts mais avec scepticisme et défiance, ce qui amène le personnage à lutter contre les éléments (ici, son intelligence et ses déductions sont souvent discutées). Malheureusement, le privilège accordée à cette partie de l’histoire est trop souvent reléguée au second plan, plus intéressé par l’idée d’offrir un spectacle poisseux et sordide.

Et de ce côté, la série ne déçoit pas ! Notamment dans une séquence particulièrement dérangeante où il est question d’un dos et de talons aiguilles (on n’en dira pas plus). Mais ABC contre Poirot ne se dégage pas de cette impression de gratuité, du choc bon marché pour un public vieillissant, peu habitué à de tels débordements quand il s’agit d’Hercule Poirot. Un procédé artificiel qui ne rend pas honneur à un récit bourré de fausses pistes et de niveaux de lecture, comme si Sarah Phelps s’était désintéressée de la partie symbolique pour mieux consacrer l’horreur graphique.

Dans le premier épisode, le maquillage sur la pilosité faciale d’Hercule Poirot coule, laissant apparaître un trait noir et gras. C’est à l’image de la série. La noirceur est un colorant. Et lorsque l’artifice se dévoile dans son imperfection, elle n’enjolive plus le sujet mais aurait tendance à pousser sa laideur. Les apparences sont trompeuses semble nous indiquer la série. Il n’est pas certains que c’est ainsi que Sarah Phelps souhaitait articuler sa réflexion.

ABC contre Poirot est diffusé ce jeudi 9 mai à 21 heures sur Canal +

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