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    Mort de Jean-Pierre Mocky, prolifique réalisateur et grande gueule du cinéma français
    Par La rédaction — 8 août 2019 à 17:23
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    Jean-Pierre Mocky est décédé à l’âge de 90 ans, une information confirmée par la famille du cinéaste à l’Agence France Presse.

    Denis Guignebourg / Bestimage

    Jean-Pierre Mocky n’est plus. Le prolifique réalisateur français, connu tant pour ses films que pour ses sorties médiatiques, nous a quittés à l’âge de 90 ans, une information confirmée par la famille du cinéaste à nos confrères de l’Agence France Presse. Auteur d’une soixantaine de longs métrages, il avait dirigé quelques-uns des plus célèbres acteurs du cinéma français tels que Bourvil, Fernandel ou encore Michel Serrault.

    Franc-tireur du cinéma français, ardent défenseur du cinéma populaire, personnage fort en "gueule", Jean-Pierre Mocky débute en tant qu'acteur dans le film Vive la Liberté, en 1946, mais ne devient véritablement célèbre qu'en interprétant le poète (non-crédité) d'Orphée (1949) de Jean Cocteau. Suivent, entres autres, son rôle d'Albert de Morcerf dans Le Comte de Monte-Cristo (1955), et celui de François Gérane dans La Tête contre les murs de Georges Franju (1958), film dont il écrit le scénario et qu'il voulait à la base réaliser lui-même. Au théâtre, on l'aperçoit également dans Le Roi Pêcheur, de Julien Gracq, en 1955.

    Sa carrière de réalisateur commence en 1954, où il est le second assistant réalisateur de Luchino Visconti sur le plateau de Senso ; puis en 1959 avec Les Dragueurs, comédie légère racontant les déboires de deux hommes lors d'une nuit parisienne. Très tôt, il s'affirme en marge de la production traditionnelle en signant des oeuvres cyniques et pleines d'humour noir, passant au crible la télévision (La Grande Lessive, 1968), l'administration (Les Compagnons de la marguerite, 1967), la presse (Un linceul n'a pas de poches, 1975), la crédulité et la candeur des foules (Le Miraculé, 1987), ou la politique (Une nuit à l'Assemblée nationale, 1988, et surtout Snobs ! en 1962).

    Scénariste de ses films, il donne tout au long de sa carrière la part belle à Jean Poiret, et à Michel Serrault, ses acteurs fétiches (Le Miraculé). Après un détour par le fantastique (Litan en 1982), il signe l'un de ses meilleurs long-métrages avec la comédie policière Y a-t-il un Françcais dans la salle ? (1982), sorte de satire complexe sur la corruption des médias, de la politique, et de la police, par ailleurs basée sur l'oeuvre éponyme de Frédéric Dard. Avec A mort l'arbitre ! l'année suivante, il reste dans le registre de la veine comique en dénonçant avec férocité le monde du football. Cette même décennie, il signe des films difficilement exploitables, comme Les Saisons du plaisir, dans lequel Jacqueline Maillan campe une vieille fille aux moeurs légères.

    Les années 1990-2000 sont marquées par de nombreuses vicissitudes pour le cinéaste. Alors que le public le suit de moins en moins, il a de plus en plus de mal à financer ses films. Il s'endette aussi lourdement en tentant de sauver son cinéma Le Brady, antre mythique du cinéma fantastique jadis fréquenté par François Truffaut. Si en 2001 il réalise, scénarise, et s'octroie le premier rôle dans Les Araignées de la nuit et La Bête de miséricorde, les films sont des échecs cuisants. Avec Le Furet (2003) puis Grabuge ! (2005), il se consacre exclusivement à la réalisation et retrouve son complice Michel Serrault, avec qui il scelle sa dixième collaboration. Après s'être consacré exclusivement à la réalisation jusqu'en 2011 avec des films comme Le DealCrédit pour tous ou encore Les Insomniaques, on le retrouve en tant qu'acteur dans l'Americano de Mathieu Demy puis dans le contre-emploi d'un bourgeois réactionnaire le temps d'une scène mémorable du Redoutable, portrait romancé du cinéaste Jean-Luc Godard par Michel Hazanavicius.

    Ces dernières années, Jean-Pierre Mocky a publié plusieurs ouvrages biographiques, mélanges de mémoires, anecdotes et autres réflexions rédigées avec la verve et le franc-parler qu’on lui connaît.

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    Commentaires
    • kingbee49
      Pour l'avoir vu au travail de prêt, je confirme : il était exubérant, bruyant, souvent agité mais il était attentif a tout le monde et ne manquait pas d'humour. Un râleur avec du coeur. Un artisan sincère qui n'a pas fait que des bons films mais qu'importe. Son indépendance dans le cinéma français restera sa marque.
    • Cévenole30
      Hé oui, le poète est souvent un incompris, Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
    • MGM-ranger
      Mocky était un soixante huitard dans l'âme, le cinéma qu'il a élaboré dans les années 1960 et 1970 était un bol d'air frais, au style inimitable. Il a laissé derrière lui de nombreuses pépites (et un paquet de navets aussi). Sa grande gueule et ses anecdotes croustillantes sur le monde du cinéma va nous manquer. Le pauvre Mocky n'aura décidément pas reçu l'éloge qu'il aurait mérité. Repose en paix l'albatros.
    • Hunnam29
      RIP.
    • Audrey M.
      Ce n'était pas le moment de déverser votre fiel. Ce réalisateur reste pour moi iconique au sens propre : un amoureux de l'image. Il m'en restera des images absurdes, improbables mais surtout mythiques et inoubliables. RIP ô grand homme !
    • The Last Action Zero
      Par là :D
    • Solid S
      Une ordure en moins.
    • David M
      Qu'on aime ou pas le bonhomme et ses films force est d'admettre qu'il a apporté beaucoup au cinéma donc c'est la disparition d'un grand. :-(Du coup R.I.P. et condoléances à ses proches. :-(
    • Didier M
      Rip condoléances a la famille ............un réalisateur qui na pas eu peur de chamboulez la société de son temps ..................
    • Jarret Frites
      beaucoup de mauvais films (voir même très mauvais sur la fin) mais aussi de très bons et surtout un style inimitable ... des comédies légères et burlesques , des satires sociales à l humour acide sur des sujets tabous et la dénonciation de la corruption et des injustices . jusqu'aux années fin 90 ses films étaient encore passables mais à partir de début 2000 c est la cata ! quelques pépites quand même , je conseil > un drôle de paroissien , la cité de l indicible peur , les compagnons de la marguerite , solo , l albatros , l ombre d une chance , un linceul n a pas de poches , l ibis rouge , le témoin , le piège à cons , Litan , y a t-il un français dans la salle ? , à mort l arbitre , le pactole , agent trouble , ville à vendre , bonsoir , noir comme le souvenir , la bête de miséricorde et pour finir le furet .il va beaucoup nous (me) manquer .
    • Cévenole30
      Jean-Pierre Mocky est mort, the guy is dead ! Son grand talent, sa créativité, sa forte personnalité (un petit côté Méluche ?) laissent un grand vide. R.I.P. Jean-Pierre.
    • Yann L
      Tout est là: Ses parents s'étaient installés à Nice en 1922. Lorsque la guerre éclate, en 1939, la famille Mokiejewski, qui vit grâce à la fortune polonaise de sa mère, doit vendre la villa du mont Boron à Nice ; elle s'installe à Grasse. En 1942, pendant l'occupation allemande, le père cherche à protéger son fils des persécutions contre les juifs et souhaite l'envoyer chez son oncle, en Algérie. Jean-Pierre Mocky est trop jeune pour prendre le bateau seul. Son père fait alors modifier sa date de naissance, qui devient le 6 juillet 1929. Il renonce finalement à ce voyage et envoie simplement son fils à la ferme.Ces dernières années il s'est battu pour que sa vraie date lui soit restituée, ce qu'il à réussi à faire y à pas très longtemps, d'où la confusion dans les dates.
    • ADDISON-DAVID
      Pas à moi en tous cas, ce gars était d'un vulgaire sans précédent !!!
    • ManoCornuta
      Encore un grand nom, et peut-être plus encore une grande gueule du cinéma, qui tire sa révérence... J'avais eu l'occasion de le voir en 2013, lors d'une projection en plein air de son premier film à Nîmes. Il laissera quelques œuvres à la saveur acide et corrosive comme peu dans le cinéma français, du genre d'Un Drôle de Paroissien ou d'A Mort l'Arbitre. C'est clairement un certain cinéma qui s'éteint avec lui.
    • Harodes
      86 ou 90 ans ?
    • Romain D
      Passé outre là blague,Je lis chez les confrères (haha j'aime quand wébédia utilise cette expression) qu'il est mort à l'age de 86. L'article aussi en même temps, sauf la première ligne en dessous du titreSois l'article était prêt depuis 5 ans et qu'ils ont mis une date approximative à l'époque, soit le journaliste s'est endormi sur son clavierBon, on le saura jamais. Pourquoi ?Car mon commentaire va être censuré d'ici quelques instants, et surtout, l'article sera modifié en toute discretion.
    • Romain D
      RIPc'est qui au fait ?
    • MickDenfer
      Il va beaucoup manquer.
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