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    Clint Eastwood : pour quelle raison son projet de western avec John Wayne n’a jamais vu le jour
    Par Clément Cusseau — 18 févr. 2020 à 18:00
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    Découvrez pour quelle raison le projet de western qui aurait pu réunir Clint Eastwood et John Wayne au début des années 70 n'a jamais vu le jour !

    D.R.

    S’il est bien deux acteurs qui incarnent le mythe du cowboy au cinéma, ce sont eux : John Wayne et Clint Eastwood. Si celui qu'on surnomme The Duke s’est fait connaître peu après la Seconde Guerre mondiale grâce notamment aux films de son mentor John Ford, le second a connu une renommée internationale quelques années plus tard grâce à son rôle d'anti-héros mutique dans la trilogie des dollars de Sergio Leone. En soit, ces deux mythes ne sont pas incompatibles, ils sont même parfaitement complémentaires : les westerns crépusculaires et torturés incarnés puis réalisés par Eastwood sont finalement l'antithèse des films patriotiques et politisés de John Wayne.

    Et si l’on ne peut que regretter que la route de ces deux monstres sacrés du cinéma ne se soit jamais croisée, il se trouve pourtant que les deux superstars ont bien failli partager l’affiche d’un même western. En 1973, alors que son film L’Homme des hautes plaines connaît un important succès, Clint Eastwood décide de contacter John Wayne pour lui proposer de tourner ensemble un western. Seul problème : le Duke avait détesté L’Homme des Hautes Plaines pour sa vision "révisionniste" de l’ouest, ce dont il se plaint ouvertement au réalisateur dans une lettre pleine de rancœur qui n’a malheureusement jamais été rendue publique.

    Il existe toutefois une autre raison à ce refus : alors en plein crépuscule de sa carrière (malgré l’obtention d’un Oscar pour son rôle dans 100 dollars pour un shérif), John Wayne était jaloux du succès rencontré par Clint Eastwood, qui ne confirmait à ses yeux que son propre déclin et sa lente descente vers le statut de star du passée. Décidément guère enclin à céder son trône de roi du western, John Wayne a donc refusé de tourner ce film par pur et simple dédain envers son cadet.

    Une anecdote pleine d’humour a d'ailleurs été racontée à ce sujet par Clint Eastwood dans la célèbre émission L’Actors Studio ; alors qu’il tournait le film Le Dernier des géants sous la direction de Don Siegel, John Wayne a refusé de tourner une scène sous prétexte que son personnage abattait un ennemi dans le dos ("Je ne tire jamais dans le dos de personne" aurait-il dit ce jour-là). Mais, sans doute par esprit de provocation, le cinéaste commit l’impair de lui répondre que "Clint Eastwood l’aurait fait" ce qui causa la fureur du Duke, furieux d’avoir été comparé à ce "gamin d’Eastwood".

    L'anecdote racontée par Clint Eastwood sur le plateau de L'Actors Studio :

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    Commentaires
    • Blasi B
      c'est déjà beaucoup plus que moi hein :)
    • hocinebouharoun
      Je ne sais pas à quel acteur français on pourrait comparer John Wayne.Je penserais plutôt à Jean Gabin, qui était à peu près de la même génération.
    • hocinebouharoun
      John Wayne a joué dans plusieurs bons films: La Chevauchée Fantastique, Les Sacrifiés, La Rivière Rouge, Le Massacre de Fort Apache, La Charge Héroïque, Rio Grande, The Three Godfathers, Iwo Jima, L’Homme Tranquille, La Prisonnière du Désert, Rio Bravo, Alamo, L’Homme qui Tua Liberty Valance, Le Jour le Plus Long, El Dorado, True Grit, Les Cow-boys, Le Dernier des GéantsJe citerais également La Piste des Géants (1930) de Raoul Walsh, qui est le premier film à gros budget de John Wayne, dans lequel il est propulsé en tête d’affiche. Mais faute de succès, John Wayne devra ronger son frein et attendre une bonne décennie, durant laquelle il tournera des sérials (westerns à petit budget) avant de saisir l’opportunité de sa vie avec La Chevauchée Fantastique de John Ford.
    • hocinebouharoun
      Selon la biographie « John Wayne: The Life and Legend » de Scott Eyman, le projet qui aurait pu réunir Clint Eastwood et John Wayne s’intitulait The Hostiles, un scénario de Larry Cohen, scénariste de Phone Game notamment.Le résumé de The Hostiles est le suivant:Un flambeur, que Clint Eastwood aurait interprété, gagne 50 % d’un ranch que possède un vieil homme, que John Wayne aurait interprété. Ce qui contraint les deux hommes à s’associer, malgré le fait qu’ils ne s’apprécient pas. Lorsque le personnage de Clint Eastwood apprend qu’une lutte risque de détruire le ranch, il décide de partir et de vendre ses parts au personnage de John Wayne, qui ignore tout de cette lutte.Finalement, le personnage de Clint Eastwood décide de revenir prêter main forte au personnage de John Wayne.La source ne mentionne pas qui aurait réalisé le film. Clint Eastwood, via sa société Malpaso, a envoyé le script à la société de production de John Wayne, Batjac, avec une note indiquant que le scénario était prometteur mais qu’une réécriture était peut-être nécessaire. John Wayne aurait juste répondu: non merci.C’était quelque temps après L’Homme des Hautes Plaines, que John Wayne n’a pas aimé car dans ce film, la plupart des habitants du village étaient dépeints comme lâches et corrompus. Ce qui, selon Wayne, est contraire à l’esprit des pionniers contribuant à la grandeur de l’Amérique.Lorsque Clint Eastwood quitte Universal pour la Warner, il relance John Wayne au sujet du projet. Cette fois-ci, John Wayne ne répondra pas.Il semblait que John Wayne appréciait Clint Eastwood en tant que personne. Cependant, il trouvait probablement que ses films étaient trop crus voire trop obscènes à son goût.Évidemment, ils n’étaient pas de la même génération.La raison de son refus n’est pas très claire cela dit: on évoque des problèmes dans la vie privée de John Wayne ou encore le fait qu’il n’aurait pas apprécié que son personnage ait besoin d’aide.
    • Last Action Zero
      Je n'ai pas vu Les Sacrifiés. Mais cette anecdote de tournage, m'a beaucoup marqué. Et il me semble bien, que c'est sur celui de Les Sacrifiés. Par contre, j'ai vu Rio Grande, La Prisonnière Du Désert, L'Homme Qui Tua Liberty Valance. Et pour une raison ou pour une autre, ils valent vraiment le coup. Ce sont des chefs d’œuvre quoi qu'on en dise. Et doublé de vrai classiques de l'age d'or Hollywoodien. Ensuite, quand j'étais môme, j'avais bien aimé Les Feux de l'enfer. Mais pas sur que ce soit vraiment un grand film... Hum... Sinon... J'apprécie aussi beaucoup La Classe Américaine, et Le Triomphe De Bali Balo, alias La Splendeur De La Honte, alias L'Invasion Des Pervers Polymorphes, alias Le Lapin Connaît La Musique... Mais bon ^^... Bref... Comme je te l'ai dis, je ne suis pas un fan ou un spécialiste de la filmo de John Wayne. Désolé ^^
    • Blasi B
      super intéressant , merci ! :)les sacrifiés est bien donc? curieux de voir ce que ça donne en image maintenant que tu m'as expliqué les coulisses :)
    • Legion666
      Je me suis rendu compte que gamin, j'aimais les films avec John Wayne (normal dans les 70's et même les 80's un western à la télé ça attirait du monde) mais que je n'ai jamais vraiment apprécié les personnages joués par The Duke (mis a part Davy Crockett mais encore une fois j'étais gamin et je préférais Jim Bowie).
    • Last Action Zero
      Drôle , c'est le moins qu'on puisse dire XD
    • ServalReturns
      Waw, merci pour cette réponse détaillée !Drôle de personnage, en tout cas...
    • Rastan
      Faut voir.Dans un film comme Le bon,la brute et le truand.Tu as trois stars tout aussi populaires qui évoluent dans des styles très différents.Même si ,pour le coup,tous du même coté de la barrière,soit.Ca vaut pour d'autres films chorale les 7 mercenaires ou les Douze salopards.Ca aurait pu marquer une confrontation de styles entre deux grandes Stars.Entre deux génération.Ainsi qu'entres deux genres de Western opposés dans leurs vision du grand ouest.
    • Last Action Zero
      Un peu de contexte. 1941 est une grosse comédie parodique, grivoise et potache, censé se passer pendant La Bataille De Los Angeles. Une version fictive et loufoque, d'événements s'étant déroulé pendant la seconde guerre mondiale, où les soldats passent tous pour des abrutis, des incompétents, ou de dangereux malades, qui ne pensent qu'à la gloire, faire la foire, ou à courir les femmes.Bref, 1941 est un film moqueur, irrévérencieux, burlesque, anti-militariste, et absolument pas sérieux. Une œuvre rappelant les comédies légères pour adolescent de l'époque, comme John Landis et le National Lampoon, savaient si bien en faire. Préfigurant même par moment, l'arrivée du style ZAZ sur les écrans. C'est dire le sérieux de la chose. Un vrai néo-slapstick à gros budget ^^Steven Spielberg sort d'un gros succès critique, avec Rencontre Du Troisième Type. Mais surtout, il sort d'un énorme succès commercial, de l'ordre du jamais vu auparavant, avec Les Dents De La Mer. Bref, même si Star Wars fera encore plus gros juste aprés, ce jeune trentenaire est tout de même devenu le roi du monde, à qui on ne refuses rien.Marion, quant à lui, est un vieux dinosaure en fin de carrière, régulièrement moqué pour ses prises de position ultra conservatrices, et qui n'a plus rien tourné depuis 76. Alors, probablement pour jouer ironiquement sur un contre-emploie, avec le symbole qu'a toujours représenté John Wayne, Spielberg a l'idée saugrenue, de proposer un petit rôle à cet homme, qui n'est pas vraiment connu pour son sens de l'humour. Celui du général incarné finalement par Robert Stack, il me semble.Donc, John Wayne reçoit la proposition par son agent. Accepte de lire le script. Spielberg lui fait alors passer le scénario. Et là, Marion dit The Duke, droit dans ses bottes de cowboy, décide de prendre son téléphone pour lui répondre en personne. Et la conversation donna à peu prés cela : Écoutes moi bien, gamin... Non seulement, je ne vais certainement pas tourner dans ton film... Mais en plus, sache bien que je vais agir de toute mon influence dans le métier, et faire tout ce qui est en mon pouvoir au prés des autorités, pour que ce film honteux et dégradant ne se fasse jamais... Tourner l'armée des états-unis en ridicule, et les vétérans de la seconde guerre mondiale, est une disgrâce impardonnable, et un acte profondément anti américain... Va donc te faire couper les cheveux, et raser ta barbe... Et arrêtes le cinéma, maudit Hippie communiste que tu es ! ... Bon... Grosso modo, hein... J'enjolive bien sur, le comique de la situation. Ce ne sont peut-être pas ses propos exact... Mais pas loin ! ^^Toujours est il, qu'il a bien essayé de mettre ses menaces à exécution. Seulement, le monde avait bien changé, depuis les années 50. Et il n'y avait plus aucune influence politique ou professionnelle. Marion était vu comme un vieux gâteux sénile, que plus personne n'écoutait, dans une Amérique post Viêt Nam et Watergate, qui ne se doutait pas que Ronald Reagan arriverait bientôt. La suite, on la connait. Le film est sorti en 1979. Et a fait un énorme bide. Peut-être le plus gros de la carrière à Spielberg. Quant à Marion, le hasard a voulu qu'il soit mort la même année... Simple coïncidence ?... Le mystère reste entier ^^
    • Last Action Zero
      Alors là, mes souvenirs ne sont pas tout à fait clair. Mais je crois que l'histoire donne à peu prêt ça :A daté de leur rencontre, John et Marion ont toujours eut une relation très intime, pleine d'affection et presque familiale, dans lequel John Ford était un mentor pour Marion, un peu comme un père ou un grand frère. John Ford avait sur John Wayne, une décennie d'avance en matière d'expérience dans cette industrie. Pourtant, dans les années 20 et 30, l'un comme l'autre à leur propre niveau, était des laborieux de second plan, plutôt cantonnait à des série B à petit budget. Marion était un acteur typé et grossier de serial, dont la grande spécialité était bien sur le western, qui explosait à cette époque. D'ailleurs, je me demande même s'il n'a pas commencé en tant que cascadeur, avant d'être acteur.Bref, John Ford repère donc Marion dans les années 30, pendant le tournage d'une de ces série B. Il lui trouve une truc, malgré une matière plutôt brut, et des carences en jeu d'acteur. Sympathise très vite avec lui, et le prend sous son aile, pour en faire sa chose en devenir. Si bien que, au sortir de la décennie, lorsque John Ford commence à être un nom reconnu, et à faire des œuvres un peu plus qualitatives, il essayât de placé son poulain, dans quelques second rôles de premier plan, au coté de vrai poids lourd de casting. Par exemple, le cultissime La Chevauchée Fantastique, qui moi, m'a profondément ennuyé... Mais bon ^^La guerre en Europe commence en 39. Les esprits s'échauffent aux USA, dans de furieux débats clivants. Puis, en 1941, c'est le coup de massue national de Pearl Harbor, fédérant d'un coup l’ensemble de la nation, et réveillant une conscience patriotique spontané dans tout le pays. Avec l'entrée en guerre des USA, beaucoup d'hommes valides s'engagent volontairement dans l'armée. Les anonymes comme les stars de cinéma. Clark Gable, James Stewart, Robert Montgomery, et bien sur John Ford, qui a faillit perdre la vie plus d'une fois, en filmant de beaucoup trop prés, les attaques Japonaises dans le pacifique. John Ford, qui exhortait Marion à s'engager sous les drapeaux, à chaque courrier qu'il lui envoyait du front. Mais rien ne le fit jamais changer d'avis...Après la seconde guerre mondiale, John Ford était un grand réalisateur, qui allait bientôt devenir une légende du cinéma, doublé d'un héros de guerre médaillé. Et John Wayne était enfin une star montante, devenu une gloire nationale des écrans, incarnant un symbole fictif de courage, d'honneur et de valeurs traditionalistes, dont les films avaient aussi été très apprécié sur le front, par l’ensemble des soldats alliés. John Ford continuera à être proche, et à travailler avec Marion, contribuant à faire de lui une véritable icône masculine américaine, de notoriété internationale et intemporelle, à travers une poignée de chef d’œuvre( Rio Grande, La Prisonnière Du Désert, L'Homme Qui Tua Liberty Valance ), qui ont donné ses lettres de noblesse au Western américain. John Wayne était devenu un dieu vivant. Et à cette époque là, tout le monde ne jurait que par lui. Même Staline adorait les films avec John Wayne.Mais entre Marion et John, ce n'était plus pareil. Malgré leur proximité, John Ford gardera jusqu’à la fin de ses jours, une rancune contre son protégé, dont le comportement l'avait profondément déçu. Et il ne manquera jamais une occasion, de lui faire régulièrement savoir, en privé comme en public. Par exemple, le tournage de Les Sacrifiés( il me semble ), a été un humiliant calvaire pour John Wayne, qui le traumatisera et le changera à jamais. Un tournage où John Ford, qui avait expressément constitué autour de lui, une équipe de collaborateurs vétéran du pacifique, passait quotidiennement son temps sur le plateau, à piquer d'énormes colères contre Marion, lui reprochant publiquement de ne pas savoir saluer, reconnaitre les grades, faire son lit au carré, ou porter un fusil correctement, l'humiliant devant tout le monde en lui jetant à la face, qu'il n'était absolument pas crédible dans ce rôle de soldat américain du front pacifique, ayant préféré rester bien à l’abri à Hollywood, plutôt que de porter l'uniforme pour de vrai. Quant à voir des films avec John Wayne qui valent le coup, dont je ne suis ni un grand fan, ni un spécialiste, je ne peut que surtout te conseiller, de te tourner vers les films de John Ford d'après guerre, dans lesquels Marion a participé ^^
    • ServalReturns
      Très intéressant, merci !Tu peux développer, pour l'anecdote avec Spielberg sur 1941 ?
    • Blasi B
      peut être que l'un n’empêche pas l'autre et que wayne a mis de l'eau dans son vent en fin de carrière/vie... (bon cela dit il est mort 6 ans après cette proposition d'eastwood... donc pas sur...)
    • Blasi B
      John Ford lui proposait des rôles alors qu'il ne pouvait pas le voir? Je n'ai jamais vue un seul film de wayne, il y en a qui valent le coup?
    • Blasi B
      très cool comme anecdote, ça me fait penser à eddie murphy qui avait eu le même genre de problème avec richard pryor, ce dernier étant particulièrement sévère avec murphy, un genre de jalousie face à la jeune génération qui arrivais.Ca me fait toujours bizarre de voir clint aussi souriant et cool, je ne le connais que via ses films, et dans 90% d'entre il joue un mec silencieux, ronchon, acariâtre, sérieux... tout sauf sympa et souriant :) (la en tête j'ai que la route de madison...)
    • AquaDog
      Alors comme ça tu mets des +1 à tous tes messages ? Fabuleux :)
    • artemus4
      Ouais peut-être.
    • artemus4
      Bah non, pas patriotiques du tout !! Mais sais-tu seulement ce que veut dire un film d'Eastwood ?? Bah ça veut dire un film RÉALISÉ par Eastwood. Si t'y connais rien au cinéma, déjà tu devrais plutôt aller chez Yahoo, et aussi si en regardant un film RÉALISÉ par Eastwood tu trouves que c'est patriotique, c'est le cerveau qui va pas bien.
    • artemus4
      John Wayne était un peu comme notre Belmondo : un pseudo-beau au charisme factice et aux cascades dignes de l'homme qui tombe à pic, soit pas grand-chose. le fait que ces deux-là avec cette laideur aient accédé au statut d’icône masculine (ce qui est déjà naze) me dépasse. Clint Eastwood, c'est déjà le classe.
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