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    I may destroy you (OCS) : que vaut la série de la créatrice de Chewing-Gum sur le consentement ?
    Par Léa Bodin — 8 juin 2020 à 15:30
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    Trois ans après "Chewing-Gum", la Britannique Michaela Coel revient avec "I May Destroy You", une série sur le consentement inspirée de sa propre histoire qui arrive aujourd'hui sur OCS. Et c'est tout simplement brillant.

    HBO
    De quoi ça parle ?

    Après le triomphe d’un essai sur Internet, Arabella Essiedu – facilement distraite, insouciante et qui ne s’engage pas – se retrouve identifiée comme la « voix de sa génération », avec un agent, une commande de livre et une sacrée pression. Après avoir été agressée sexuellement dans une boîte de nuit, sa vie change de manière irréversible et Arabella est obligée de tout remettre en question : sa carrière, ses amis et même sa famille. Alors qu’Arabella peine à comprendre ce qui s’est passé, elle commence une introspection.

    I May Destroy You, une série créée par Michaela Coel, avec Michaela Coel, Weruche Opia, Paapa Essiedu, Harriet Webb...

    A partir du 8 juin sur OCS. 12 épisodes vus sur 12. 

    Ca ressemble à quoi ?
    I May Destroy You - saison 1 Bande-annonce VOST

     

    Ca vaut le détour ?

    Après la comédie décalée Chewing-Gum, diffusée entre 2015 et 2017 sur la chaîne britannique E4, la talentueuse Londonienne Michaela Coel revient en fanfare avec I May Destroy You, une série au ton beaucoup plus dramatique. Dans cette nouvelle création estampillée HBO diffusée chaque semaine en France sur OCS, elle s'inspire du viol qu'elle a subi et de sa propre expérience pour raconter l'histoire d'Arabella, une jeune femme noire, aspirante écrivaine, attachante et insouciante, qui voit sa vie basculer après qu'on l'a droguée dans un bar et violée. 

    Au fil des douze épisodes d'I May Destroy You, qui durent chacun une trentaine de minutes, Arabella, entourée de ses deux meilleurs amis Terry (Weruche Opia) et Kwame (Paapa Essiedu), va tenter de comprendre ce qui lui est arrivé et de faire face au traumatisme et aux stigmates psychologiques laissés par ce viol. Pour ce faire, elle se lance dans forme d'introspection à son image : drôle, décomplexée, créative et intense. On plonge avec elle dans un cheminement intime, parfois brutal, parfois tendre. On est en colère avec elle, on rit avec elle, on pleure et on souffre avec elle.

    L'écriture de Michaela Coel est brillante et subtile et elle explore avec beaucoup de finesse la question du consentement ainsi que les différentes facettes de la sexualité. Les personnages, tous joués par d'excellents comédiens, sont dépeints avec une grande justesse. Rien dans I May Destroy You n'est jamais manichéen et tout est toujours sujet à questionnement : en même temps qu'elle tente de se reconstruire, Arabella se cherche. En interrogeant ses relations aux autres, à ses amis, à sa famille, elle se demande qui elle est, d'où elle vient et où elle va. 

    Son parcours initiatique bouleversant est sublimé par une bande-originale exceptionnelle et par la mise en scène qui - un peu à la manière d'Euphoria, la série de Sam Levinson - fait la part belle aux couleurs et met en avant un travail remarquable sur la lumière. La démarche de Michaela Coel est d'une telle sincérité qu'on ne peut qu'être conquis et comme Euphoria l'an dernier, I May Destroy devrait sans peine s'imposer comme l'une des meilleures séries de 2020. 

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    Commentaires
    • Plaza13
      avant les séries anglaises c'était : chapeau melon et botte de cuir, le saint, amicalement votre, le prisonnier.... Et bizarrement, ça avait du succès chez les petits et les grands : une vraie aberration de faire une série a succès, créative et divertissante de nos jours.
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