Creloutre
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4 - Très bien
Premier des trois films constituant "la trilogie du dollar" du grand Leone, "Pour une poignée de dollars" peut être comparé à une sorte de film-prototype, nous présentant le célébrissime personnage de l'homme sans nom (Clint Eastwood) et, plus généralement, nous introduisant dans l'incroyable et révolutionnaire vision du Western Spaghetti de Sergio Leone. Ce film est en effet une véritable relique, ayant insuffler un style inimitable mais mainte fois inspiré, redonnant une nouvelle jeunesse aux films cowboys. A milles lieues des épopées grandioses et lyriques de John Ford, l'approche westernienne et cinématographique du barbu italien apparaît d'emblée plus moderne et travaillée, brisant avec les factures classiques du genre, s'amusant à brouiller les pistes et à transgresser les mœurs. Le rythme si particulier de Leone est déjà là, précurseur d'une ère nouvelle: ambiance étouffante, sauvage et brutale, parfait jonglage entre des plans prenant leur temps et d'autres plus dynamiques, le tout capturé par une caméra extrêmement inventive et habile. Au milieu de ce champ de bataille évolue Clint Eastwood, son colt et son poncho. Sous les traits du parfait mais attachant anti-héro mystérieux et uniquement intéresse par l’appât du gain, l'histoire suit la délicieuse et progressive destruction de deux groupes rivaux régnant sur une ville lugubre et peu animée :les Baxter, blancs-becs trafiquants d'armes,apeurés, et les Rojo, mexicains sans scrupules. C'est en fait l'arrivée de l'homme sans nom qui va raviver les conflits entre les deux bandes qui vont alors se massacrer mutuellement, à cause des traitrises et multiples pièges et mensonges du semeur de trouble. Clint Eastwood campe donc un personnage sans aucune morale ni compassion, profitant des situations et tensions des deux camps afin de récolter sa "poignée de dollars". Il est "épaulé" par un barman aussi drôle que juste et très vite adoré par le vieillard fabriquant de cercueils. Parce que des morts, il y en aura un bon paquet. Qu'ils soient abattus par le revolver de Clint, par la Winchester de Ramon (chef des Rojo interprété par le plein de charme et hirsute Gian Maria Volonte) ou par les colts des autres mercenaires et individus des deux camps, le film ne lésine par sur les cadavres et fusillades. L'intrigue est simple mais efficace, l’intérêt portant principalement sur l’irrésistible et très économe interprétation de Clint Eastwood.La bande originale de Morricone claque, évidement, rendant le tout encore plus grandiose. Pour un premier essai dans le domaine, c'est très concluant. Toutefois le film ne manifestera pas ma totale approbation, ses supérieurs lui étant très largement supérieur. Étant très court (1h35) et laissant parfois sur notre faim (le vice des situations n'a pas été exploité jusqu'au bout), "Pour une poignée de dollars" ne possède en fait que les bribes du style poignant et si singulier de ses ainés en ressortant plus banal et grossier. Mais l'ambiance poussiéreuse et colossale du cinéaste se fait déjà bien sentir. Une œuvre pionnière et visionnaire, tâtonnant du côté du culte sans toutefois l'atteindre (mais ce n'est que partie remise pour Leone, compte tenue de l'extrême qualité des ses suites) . 16/20
Ajoutée le 18 déc. à 16h35
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