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« Parenthèse » dans la carrière sombre de Martin Scorsese, « La Valse des pantins » n'est pas une comédie pour autant. On retrouve même à travers ce personnage déséquilibré la passion du réalisateur des « Affranchis » pour les « héros » pas comme les autres, violent et fascinant à la fois. Mais contrairement à d'habitude, Scorsese préfère tourner ici cela en dérision, sans pour autant tomber dans la grosse rigolade. Au contraire, il est difficile d'exprimer le malaise provoqué par certaines scènes, l'insistance dont fait preuve Rupert Pupkin à de nombreuses reprises faisant froid dans les dos. Il a beau être extrêmement aimable et poli, sa façon de quasiment harceler les producteurs tant il est persuadé d'être un génie est terriblement angoissante, d'autant que Robert De Niro le joue à la perfection. Son « affrontement » avec Jerry Lewis est d'ailleurs un remarquable moment de cinéma : ils ont beau ne pas avoir tant de scènes communes, cette façon qu'à Pupkin d'idéaliser son idole est saisissante face au quasi-mépris que ressent ce dernier pour lui. C'en est presque douloureux de voir ces deux hommes talentueux vivre de cette façon : l'un dans une sorte de psychose obsessionnelle complètement déconnectée de la réalité, l'autre dans une solitude quasiment inimaginable... La « comédie » laisse à ce moment totalement place au drame, même si l'ironie dont fait preuve Scorsese dans les vingt dernières minutes vient une fois de plus remettre en cause le « registre » dans lequel nous sommes. Celles-ci sont d'ailleurs étonnantes, ni pro ni anti-show business, même si celui-ci ne sort assurément pas grandi de cette œuvre atypique, à la conclusion aussi grinçante que réjouissante : un sacré tour de force cette « Valse des pantins ».
Ajoutée le 23 mars 2012 à 14h38 Signaler un abus
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