Clingo
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5 - Chef d'oeuvre
12 hommes en galère.
Un terrible suspense imprègne The Thing du début à la fin. Le film s'ouvre sur la traque d'un chien par un hélico, autant dire qu'il s'agit d'un événement surprenant qui laisse d'entrée le spectateur dans le questionnement : que se passe-t-il ? Pourquoi une telle scène ? Et tout le film est comme ça, avec une différence ceci dit, qui suit l'évolution du scénario car dans une seconde partie la paranoïa se substitue au simple mystère. Mais toujours le spectateur est dans l'inconnu, " victime " d'une atmosphère parfaitement travaillée et réussie. C'est que la mise en scène de John Carpenter est un modèle dans sa capacité à retranscrire une certaine oppression, à distiller le doute, à installer rapidement et sur toute la durée du film une ambiance paranoïaque. J'aime beaucoup un des effets récurrents du début, quand le cinéaste utilise les fondus au noir pour conclure une séquence et développe ainsi une espèce d'esthétique du suspense. C'est une manière habile et extrêmement intelligente de jouer sur l'attente, d'autant plus impressionnante qu'ici tout est affaire de sobriété. Carpenter fait preuve d'une subtilité totale en privilégiant la mise en scène plutôt que les effets trop gratuits et faciles. Il est aidé par une composition magistrale d'Ennio Morricone, et un scénario qui, comme l'entité extraterrestre, opère des mutations d'une efficacité redoutable ( soit cette manière de passer d'un certain mystère à un autre ).
Si la réflexion est d'une portée moins ample dans The Thing ( quand on la compare à ce qui se joue dans Invasion LA ou les films plisskéniens ), il n'en demeure pas moins vrai que le film établit un discours intéressant sur la nature humaine, et qu'il développe plutôt bien cette idée que l'homme est un ( chien )-loup pour l'homme. Il y a dans The Thing ce constat que l'être humain n'est pas si éloigné que ça d'une forme de vie primitive, et le film insiste sur la redécouverte de l'instinct face au danger. The Thing est très pessimiste puisqu'il désagrège la solidarité d'un groupe et laisse la place à une nécessité de survie basée principalement sur une attitude égoïste. La situation de l'action dans un lieu totalement déconnecté de la civilisation renforce cette impression d'un " retour à la nature " et à un comportement primitif. Cette vision obscure du genre humain trouve sa consécration dans la particularité de l'entité, capable de prendre une apparence humaine. Comme dans Invasion LA, l'ennemi est invisible, et surtout, il ressemble à n'importe quel être humain...par ailleurs cette bonne idée permet de renforcer davantage la paranaoïa et l'implication émotionnelle puisque le spectateur est dans la même situation que les personnages, ne sachant pas qui est qui.
J'ajoute que les effets spéciaux n'ont pas pris une ride ( ou une toute petite ) et qu'ils sont juste impressionnants. The Thing est une oeuvre forte, terrifiante, terriblement intelligente, dont la qualité peut se mesurer à l'impact qu'elle aura par la suite ( parlons-en à certains développeurs de chez Capcom... ). The Thing étonne autant parce qu'il ne se gêne pas pour multiplier les références ( on pense à Shining par exemple ) tout en revendiquant constamment sa propre identité. Pour ceux qui en doutaient encore, Carpenter est un génie. Brillant.
Ajoutée le 22 juil. 2012 à 11h21
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