Ce film, réalisé par Michael Powell et sorti en 1960, n'est pas mal mais sans plus, enfin à mon goût en tout cas. C'est l'histoire de Mark, un opérateur-caméra, qui commet des meurtres en filmant ses victimes. Considéré comme un précurseur du slasher, je me devais absolument de voir ce film, appréciant beaucoup le genre. Finalement, j'en suis plutôt déçu car au vu des très bonnes notes et critiques, je m'attendais à autre chose chose, tout simplement. Sorti la même année que "Psychose", je comprends un peu pourquoi ce film a beaucoup moins marqué le cinéma que ce dernier. Effectivement, les sujets sont plus ou moins les mêmes et si je dois poursuivre la comparaison à "Psychose", je trouve ce dernier beaucoup mieux élaboré sur le plan psychologique du personnage. Je ne dénigre pas pour au tant le film de Powell mais je trouve qu'il survole un peu trop le sujet, ce qui est assez dommage. Nous avons de plus des scènes un peu longues et le film n'est dans son ensemble pas vraiment captivant, ce qui créer quelques fois de l'ennuie. Malgré tout, nous avons une excellente mise en abyme et une très bonne mise en scène qui remonte, pour moi en tout cas, un scénario pas assez creusé. Je trouve qu'en effet, la réalisation est excellente et rentre tout à fait dans le thème du voyeurisme, nous y sommes constamment plongé et il pose en même temps de très bonnes questions sur le rôle même du cinéma et du regard que l'on y porte, nous, en tant que spectateurs. En ce qui concerne les acteurs, nous retiendrons surtout Karlheinz Böhm qui joue vraiment très bien. "Le Voyeur" ne m'aura donc personnellement pas spécialement marqué mais je reconnais qu'il est assez bien fait et intéressant sur de nombreux points.
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3,5
Publiée le 21 juillet 2019
L'un des classiques essentiels du cinèma britannique où la censure à l'èpoque ètait particulièrement sèvère! Sorti en 1960, "Peeping Tom" de Michael Powell complète cette sèrie de portraits d'assassins, malades mentaux, dont les troubles remontent à l'enfance! Ce film de terreur a pu, plutôt que d'autres, faire ètat d'obsessions ou de perversions, sujets encore exclus des productions commerciales ordinaires, les choses ètant dites plus ou moins clairement! Karlheinz Böhm rèussit une remarquable crèation - l'unique de sa carrière - est, comme Anthony Perkins dans "Psychose", un personnage gentil, sensible, quoique renfermè! Sa prestation est à des annèes lumières de l'empereur Franz dans "Sissi" puisqu'il joue ici un voyeur très particulier, un assassin anxieux d'observer sur les traits de ses victimes (la plupart sont curieusement rousses) la terreur èprouvèe face à la mort! Le hèros pousse donc le raffinement jusqu'à filmer l'agonie de ses pauvres femmes, avant de les ègorger avec un pieu aiguisè! On imagine le choc à la sortie du film et on comprend mieux pourquoi "Peeping Tom" reste l'une des oeuvres prèfèrèes de Scorsese et De Palma...
Un vieux film qui n'a rien perdu de son charme et de son sens du suspense. "Le voyeur" n'est pas un slasher à proprement parler, mais il possède tous les codes du thriller légèrement horrifique. A la différence que l'on suit de bout en bout le tueur en question, ses interrogations et sa psychologie. Même s'il est difficile d'avoir de l'empathie pour lui, on comprend mieux les ressorts et ce qui le pousse à faire ça, à travers son passé notamment. Les scènes de meurtre sont glaçantes, et bien amenées. Un classique à voir pour tout amateur du genre.
Film qui n' a pas trop mal vieilli, avec des belles couleurs qui raconte l'histoire d'un tueur qui film ses victimes. film qui ne fait toutefois pas peur.
Un chef-d’œuvre. J'ai absolument adoré ce film, très perturbant et très précurseur (à quelques mois près) de ce que le film Psychose apportera au cinéma. Le film est extrêmement glauque pour les années 60, peu surprenant qu'il ait bousculé les critiques presse et que le film n'ait pas eu de succès critique et commercial lors de sa sortie. Le film mêle ingénieusement des sujets tabous tels que la pornographie, le crime, …. Le personnage de Mark Lewis, tueur en série, est particulièrement flippant et torduspoiler: (et ce, même dans les images d'archives de lui, enfant) . Ce personnage est extrêmement hitchcockien (très proche de Norman Bates), à la fois dérangeant et attachant, humain et monstrueuxspoiler: (les scènes où il montre un visage doux et sympathique au contact d'Helen Stephens sont très réussies) . Le personnage de la mère d'Helen est lui aussi génialement écrit : aveugle, son sixième sens lui permet de voir complètement à travers le personnage de Mark. L'idée de voir à travers la caméra du meurtrier est extrêmement malin et innovant (cette logique sera reproduite à foison plus tard à l'ère des slasher movies avec la caméra en point de vue du serial killer). spoiler: La fin est absolument sublime : le monstre qui se suicide à la fois dans un acte rédempteur et également en apothéose de son art.
L'acteur principal, Karlheinz Böhm, est ultra-perturbant. C'est vraiment dommage que sa carrière n'ait pas brillé après ce film (mis à part les films Sissi). Anna Massey est très bien également. Quel dommage que le film ait été en avance par rapport à son temps, car il méritait clairement le même succès et la même pérennité que Psychose (qui ne sortira que quelques mois plus tard).
Ce film de 1960 de Michael Powell est à voir. Tout d’abord pour le traitement de la couleur, la précision des cadres, les raccords sur les boissons.
Un photographe/caméraman commet une série de crimes de femmes à l’aide du pied de sa caméra tout en filmant ses crimes. Fils d’un biologiste qui a fait des expériences sur lui quand il était petit le filmant sans cesse, le héros n’a pas pu avoir d’intimité. De cette enfance violée est sorti un être immature et impuissant. Le visage imberbe de Karlheinz Böhm rappelle celui de Peter Lorre dans M. le maudit. Aucune scène gore, dans un film d’abord psychologique.
Un film très Hitchcockien, de part son sujet ou l’aspect pervers de son personnage principal qui n’est pas dissimulé. La dissertation sur le cinéma et la violence est lui aussi au cœur du film mettant en parallèle le personnage principale et le spectateur lui aussi à la recherche d’images à sensation fortes. Le film paraît incroyablement audacieux quand on voit quand il a été réalisé même si dans certains aspects il a mal vieilli comme pour sa scène finale, ou la manière de jouer de certains acteurs.
Très très belle découverte. Le sujet est glauquissime, mais le film échappe au sordide grâce au soin qu'il apporte à son atmosphère: mise en scène, lumière, décors, couleurs, tout est parfait. Esthétiquement, c'est un bonheur, et le scénario n'a finalement pas tellement vieilli non plus. Le film est sorti la même année que Psychose, mais son approche de la psychanalyse est beaucoup moins datée et maladroite que celle d'Hitchcock à mon avis. Aussi indispensable que Les Chaussons rouges.
Le film le plus dérangeant et mystérieux du génial Michael Powell, auteur avec son complice Emeric Pressburger (ici absent) de plusieurs chefs-d'oeuvre. Le Voyeur suscita une réaction de rejet voire de révulsion en 1960 car tout le récit se déroule selon le point de vue d'un assassin malade qui filme ses victimes au moment où il les tue. Et lui-même est une victime ayant subi enfant les tourments infligés par un père sadique. Réflexion sur le cinéma et le voyeurisme, filmé avec la virtuosité et l'élégance formelle dont Powell était coutumier, Le Voyeur eut une grande influence sur le giallo, le cinéma de De Palma, etc. Voir ma critique et mon analyse complètes sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Au vertige méta des premières scènes succède un thriller psychologique certes plus classique mais néanmoins tout aussi passionnant. Même pas besoin d'évoquer sa descendance célèbre pour reconnaître que 'Le Voyeur' est un grand et singulier film.
Un film concept sur le cinéma à travers une situation schizophrénique. Pris au premier degré, Le voyeur peut susciter la répugnance, comme ce fut le cas à sa sortie. Lorsqu’on l’analyse, on se laisse moins atteindre par la violence qu’y s’en dégage et on réalise à quel point il a de la matière. Mark Lewis a été un enfant dont le sentiment de protection a été trahi. Il n’a cessé depuis à chercher refuge dans l’objectif de sa caméra et dans sa tanière cinématographique. Sa vie sexuelle s’en voit refoulée. Lorsqu’il se retrouve devant une femme, il perd ses moyens. Il se masturbe en prenant des clichés de prostituées en tenue légère, jusqu’au jour où la pulsion se fait trop forte et que son fantasme pathologique l’appelle : Filmer la peur dans le visage de sa victime en avançant vers elle, une patte de trépied effilée en guise de phallus, et un miroir disposé pour qu’elle voit sa propre terreur juste avant d’être égorgée. Un orgasme simultané. Le personnage d’Helen qui cherche à le sauver en se faisant aimer de lui et sa mère aveugle qui saisit le trouble profond du voyeur par tous ses autres sens contribuent à l’intelligence scénaristique de l’œuvre. Il n’y a rien d’inutile dans Le voyeur. Chaque séquence, chaque réplique nourrissent le propos. La qualité du jeu des acteurs et de la direction photo passe pratiquement inaperçue à travers la parfaite architecture du scénario. La relation de Leo Marks et Michael Powell a mis au monde un personnage tourmenté, mais ô combien intéressant. Dommage qu’on ne l’ait pas reconnu de leur vivant !
Je n'ai pas été emballé par ce classique et j’imagine sans peine ce qu’en aurait fait un Hitchcock. La ligne narrative est plate et, bien que malsaine, elle n'est guère effrayante. Mais bon, Michael Powell ne démérite pas pour autant, sa mise en scène est heureusement de qualité.
Ce film maudit qui ruina la réputation et la carrière de Michael Powell à sa sortie est aujourd'hui considéré à raison comme culte. Bénéficiant d'une mise en scène remarquable et d'une photo superbe – chaque plan est ultra-travaillé – il narre la morbide histoire d'un tueur en série particulièrement dérangé, fortement marqué par une enfance perturbée, et ne se séparant jamais de sa caméra. Le scénario s'intéresse ainsi en filigrane aux théories de la psychanalyse, tout en portant une réflexion sur le cinéma lui-même. L'acteur principal Karlheinz Böhm est impressionnant.
Un film surpuissant dans la terreur sans jamais faire sursauter le spectateur dans son siège, peut-être cela est pire car il est impossible de relâcher la tension nerveuse constante de la première à la dernière minute ! L'ambiance à l'anglaise de ce film Le Voyeur rappelle dans ses scènes de bas-fonds des classiques comme Jack L'Eventreur mais version moderne. Ici on est souvent mis en miroir avec l'obsession malsaine de cet assassin : on devient la caméra, on devient nous-mêmes des voyeurs donc des complices de ces massacres. Le plaisir anticipé de voir le crime se transforme très intelligemment en honte de nos pulsions animales car jamais Le Voyeur n'a la bassesse de nous offrir le spectacle de la mise à mort. On devine plus qu'on ne voit, encore une fois cela est peut-être pire... Les acteurs sont tous très bons, le film ne faisait pas vraiment daté dans sa mise en image, il aurait très bien pu sortir en salles dans les années 90, un vrai précurseur ! Des choix techniques très courageux, et une fin qui vaut vraiment le détour, la seule fois où l'on assiste à la mise à mort de quelqu'un, mais pas celui que l'on croit... Prodigieux et angoissant. Un classique du cinéma à découvrir sans hésitation !
La séquence d'ouverture du film est une des plus fortes : on y voit le tueur suivre une prostituée en la filmant. Mais l'objectif de la caméra, semblable à une cible, annonce le meurtre sanglant. L'acte filmique est donc un acte meurtrier, et le regard de Mark Lewis se substitue d'une manière forcément provocatrice à celui du cinéaste. On peut toutefois regretter que cet élan transgressif ne soit pas poursuivi sur la durée d'un long-métrage qui vaut surtout pour une photographie agressive, qui fait ressortir des couleurs dynamiques représentatives de l'esprit torturé du protagoniste masculin, indéniablement pervers mais aussi fragile et lucide. Le film, s'il paraît très vite abattre ses cartes, trouve une porte de sortie habile grâce à l'idée selon laquelle le tueur doit se nourrir de la peur de ses victimes pour les tuer, un acte nécessaire qui renvoie Mark à son passé où le père est à la fois le bourreau et le miroir d'un enfant qui devient à son tour le monstre. "Le Voyeur" est un film intéressant, voire passionnant par moments, mais dont on aurait aimé qu'il soit encore plus complexe, qu'il parvienne à trouver une forme vertigineuse à la hauteur de la psychologique de son personnage principal.