Etant donne que je vis a New York, les chef-d'oeuvres du cinema Francais ne m'arrivent que quelques mois apres leur sortie en France. Voila un film qui aurait pu attendre encore quelques annees...
Une petite fille diabolique et obsessionnelle se transforme en jeune fille tellement distante qu'elle en est incredible et tellement comploteuse que le scenario en devient incredible. Savait -elle avant de se faire embaucher pour son stage qu'elle pourrait ainsi retrouver celle qui avait brise sa carriere de jeune pianiste par un geste, somme toute benin, mais que dans sa tete de malade elle avait pris pour mutilant? A aucun moment on ne nous donne d'indice. Elle joue sur les nerfs de cette pianiste fragile et nevrosee mais devait-elle vraiment faire semblant de rentrer dans une liaison amoureuse? Comment le personnage de Catherine Frot, la quarantaine hetero bien sonnee, se retrouve-t-elle amoureuse en une semaine d'une jeune femme meme pas mignone? (D'accord, elle a des seins, Mon Dieu, on nous le fait bien comprendre!)Cette tourneuse de page menace le fils de Frot, et c'est vrai on a peur 1 fois ou 2, mais rien ne se passe. Elle detruit psychologiquement la pianiste, mais, malgre ce climat de tension impose, il n'y a aucune scene aggripante, aucun bond dans son siege, aucun cri qui nous echappe.... C'est un filme allumeur, qui promet le grand frisson et qui ne delivre que du touche pipi insipide. On reste vraiment sur sa faim de sensations, d'explication, d'emotions...
Catherine Frot livre un tres bonne performance mais Deborah Francois m'a semble bien monocorde, et je ne suis pas sure que ce soit seulement du au scenario. (J'ai lu qu'on la comparait a Catherine Deneuve. Pitie!) Une etoile quand meme pour les decors, et la violoniste du trio, qui, malgre un petit role, rendait, avec son mari, un semblait de verite a cette farce lugubre.