880 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
87 critiques spectateurs
5
18 critiques
4
21 critiques
3
19 critiques
2
13 critiques
1
14 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Flotibo
72 abonnés
1 441 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 19 juillet 2010
Moretti proposait avec le Caïman une critique de Sylvio Berlusconi, je crois surtout que c'était plus du marketing. En effet, même si on retrouve quelques traces de cette critique, le film n'a pas grand chose à voir avec un film engagé. Néanmoins, le film est réussi avec un bon jeu d'acteurs et une histoire plaisante.
Alors oui, les grincheux diront que la charge contre Berlusconi est finalement bien légère, tant Moretti mélange les genres avec les histoires croisées d'un producteur au bout du rouleau, une scénariste débutante au caractère bien trempé, des comédiens déjantés... une galerie de personnages truculents, débordants de vie et d'humanité dans leurs imperfections. Et la véritable prouesse de Moretti n'est-elle pas précisément de faire passer Berlusconi au deuxième plan, tel un guignol fatigué qu'on n'écouterait même plus tant il est prévisible ?
Assez intéressant à suivre, Moretti entremêlant plusieurs histoires : l'une familiale, l'une cinématographique et la troisième judiciaire et politique. La première relève du mélo bas de gamme. La seconde est caustique, Nanni Moretti fustigeant les travers du septième art italien. C'est ici que l'on rit, notamment au début. La partie consacrée à Berlusconi et ses démêlés avec la justice, celle qui a poussé la critique à ériger ce film au statut de chef-d'œuvre, est finalement décevante. On n'apprend rien. Moretti parvient tout de même à mettre en exergue quelques raisons du succès de Berlusconi, par exemple sa grande maîtrise de la rhétorique
Je suis passé complétement à côté de ce soi disant chef d'oeuvre que je trouve ambitieux mais un brin paresseux par moments. Le film a du charme et une vraie dimension et une impertinence politique mais il manque d'inspiration et l'histoire s'essoufle rapidement avant de finalement nous désintéresser.
Film qui mélange les genres de la farce à la satire politique en passant par le film familial. On suit avec intérêt les déboires familiaux et professionnels de Bruno. Le tout est drôle et critique envers la politique italienne, Moretti parle et montre aussi la vie dans l'univers du cinéma de petit studio.
A l'instar du personnage principal, grand rêveur en dilettante, le réalisateur ne parvient pas faire sa critique de Silvio Berlusconi, les rares moments qui le concerne, c'est à dire la scène finale, est réussie. Mais tout le reste du film n'est que péripéties sentimentales sans le moindre intérêt. si qui fait au final de ce film une comédie raté et un documentaire inachevé.
Olmi disait que le cinéma était mort mais qu'il sortait encore de bons films.Celui-ci en fait partie.D'abord parce qu'il parle avant tout du cinéma italien,qu'il est italien au plus profond lui même et que la mise en scéne est superbe.Ensuite,il est léger et grave à la fois ce qui n'est pas facile à réaliser et enfin il aborde la politique d'une manière adroite sans aigreur et avec le recul nécessaire devant ces taches qui échappent souvent à la compréhension de la majorité d'entre-nous.Le contexte politique étant devenu sans respect des règles dans les démocraties vieillissantes .C'est une adroite façon de le montrer en l'intégrant aux autres difficultés de la vie.Le héros est touchant et quelques séquences riches d'émotion resteront dans les mémoires de ceux ou de celles qui comme moi ont beaucoup aimé ce film.
Le Caïman, 2005, de et avec Nanni Moretti, Jasmine Trinca, Silvio Orlando. Je m’attendais, à tort, à une charge anti-Berlusconi. Dans ce domaine, le message est trop subliminal, même si l’idée de « fusion », à la fin du film, donne une certaine force à la leçon politique. Reste l’histoire, plutôt compliquée et agitée, de ce cinéaste en rupture avec son épouse, racontée selon une recette qui fait encore recette : le film dans le film. Au global, la construction est hyper intello et donne un film fouillis où se croisent les drames familiaux, nettement trop appuyés, les difficultés professionnelles dans le monde du cinéma italien, le contexte politique, vaguement, les relations humaines, plus ou moins intéressantes. A trop en faire et en rajouter, la lisibilité des messages se brouille et le spectateur reste sur sa faim, dans la plus totale confusion.
J'ai du mal à comprendre pourquoi ce film a été encensé par la critique. Un film terne et médiocre alors qu'on attendait un film choc, la déception est réelle. La dénonciation du berlusconisme n'est pas très virulente, et passe au second plan derrière les problème financiers et personnels du personnage principal. On se fout royalement de l'histoire de ce réalisateur minable, mais apparemment, Moretti n'a pas compris le message. Autre élément bizarre: la tonalité du film est très -trop ?- variable. Parfois excessif, tantôt mélancolique, on ne sait plus si on regarde un drame, une comédie, ou tout ça à la fois. L'ensemble n'est en tout cas pas d'un grand intérêt. Je n'ai qu'un conseil: n'allez pas voir ce film !
Le caïman est un film d'une puissance de suggestion assez inouië, il reste longtemps en mémoire et se bonifie au cours du temps, au moins dès la deuxième vision. La grande force du film est sa structure narrative composée de différentes strates de temps et surtout d'espace. Moretti parvient à jongler entre différents niveaux de réalité (le film dans le film). Le prologue du film, avec ses scènes gores, amuse et effraye en même temps et la conclusion qui trouve l'audace de faire jouer Nanni Moretti lui même dans le rôle de Berlusconi est un pur chef d'oeuvre de cinéma. Cette longue scène est faite à la fois d'une grande ironie et donne également froid dans le dos avec la populasse s'en prenant physiquement aux juges qui ont condamné Berlusconi. Il rend ainsi le peuple italien responsable de la mainmise de Berlusconi sur l'Italie. Un grand film qui bénéficie aussi d'une très belle interprétation (on retrouve certains personnages de son chef d'oeuvre précédent - La chambre du fils-) et d'une grande qualité de mise en scène. Les plans des Légos en désordre sur le sol donnent une sensation de vertige. L'humour (sardonique) n'est pas absent même si lui aussi rend mal à l'aise (voir la scène où le producteur a son sommeil réveillé par le bulldozer. La scène lors de l'orchestre est difficilement oubliable car elle traduit la perte de contrôle de l'individu. Moretti, qui aurait très bien pu avoir la palme d'or pour ce film, est le meilleur cinéaste italien de notre époque.
J'aime les films qui dénoncent, mais surtout ceux qui dénoncent de manière intelligente. Ici la politique de Berlusconi est dénoncée mais aussi la difficulté à réaliser un film. Nanni Moretti m'avait agréablement surpris avec "La Chambre du Fils". Avec "Le Caiman", je m'attendais a un film chiant, où justement on n'apprendrait rien. Certes, on n'apprend rien mais la mise en scène rend le film très intéressant. Le film dans le film est ici toujours très bien réussit. La dernière scène avec sa musique montant crescendo est très impressionnante. La musique d'ailleurs tout au long du film est sublime.
"Le Caïman"(2005)n'est certainement pas le film le plus abouti de Nanni Moretti,mais il transpire du caractère contestataire et humaniste de son réalisateur.Il est amusant de noter un tel écart de 1,7 points entre les critiques presse et spectateurs.Peut-être certains n'ont-ils pas compris que le film était délibérément foutraque,libre et singeant l'Italie actuelle,engluée dans la crise économique et sociale.Silvio Orlando incarne avec une belle sobriété un cinéaste fauché,qui trouve dans un scénario l'ultime élan pour se ressaisir.Le papier parle de façon à peine masquée de l'éminent Silvio Berlusconi,personnalité bouffonne et corrompue qui entraîna tout un pays dans ses erremements.Politique,cette tragi-comédie l'est assurément,mais elle rend surtout hommage à cet homme,dont la dignité et la pureté des intentions ne sont pas à remettre en cause.Moretti parle t-il de lui et de son rôle poil à gratter?Certainement,mais ça n'en reste pas moins relativement jubilatoire.