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CharlieBrown
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2,5
Publiée le 1 novembre 2006
Un film faussement « politique » et mal « vendu » puisque pas vraiment centré sur un attaque en règle de linfâme Berlusconi même si cest, dans une moindre mesure, une partie (non négligeable certes, mais tout de même ) du propos du film Nanni Moretti a un peu perdu de son mordant et de sa causticité. Tant pis. On savoure quelques scènes (surtout celles de la peinture du microcosme du cinéma de série Z, un régal !), on passe sur dautres, on reste sur sa faim Pas grave, on laime toujours, le Nanni ! Vivement son prochain film !
Incroyablement décevant. Pour le coup le "incroyablement" n'étant pas synonime d'intensité mais de stupeur. Comment est ce possible qu'en partant d'un tel sujet, avec un réalisateur si chevronné et un casting si solide on puisse arriver à un film si décevant ? Pourtant le film partait sur de bonnes bases en s'interressant a un sujet passionnant : les rapports du cinéma et de la politique en général, en s'intérressant au cas particulier de Berlusconi et de son poids dans l'audiovisuel transalpin. On pouvait donc s'attendre a une charge politique à la Farenheit 9/11 accompagné d'un film sur le monde du cinéma. Doooooooomage ! Le démontage du système Berlusconi est traité dans une poignée de scènes éparses, le personnage politique est hyper mal cerné, le monde du cinéma est un peu mieux loti. Par contre la vie familiale du producteur est décortiquée dans tous les sens. Las ! Ce n'est pas que ca soit mal traité mais c'est que l'ampleur des autres sujets abordés ne permettait pas l'éparpillement. La réalisation, le montage et l'interprétation ne subissent aucun repproches mais le film perd donc toute saveur pour devenir une oeuvre "tranche de vie" plutôt au-dessus de la moyenne mais tellement décevante. Au lieu d'un film profond et novateur on a une histoire banale qui est de surcroit plombée par les regrets sur ce qui aurait pu être un grand film.
Pardonne moi Nanni j'etais a New York quand le Caiman a été presenté a Cannes. Je ne l'ai donc vu que quelques mois apres, quand il ne passait plus que dans 1 salle ou 2 a Paris, 1 fois par jour. Rien n'aurait pu m'empecher d'y aller ce soir là. Je ne fus pas decue mais bien au contraire touchee par cette mise en abime. C'est l'histoire d'un film qui raconte la mise en chantier d'un autre film, dans l'Italie de 2006, avec les aleas du producteur reveur. On est loin de la diatribe anti Berlusconi, juste dans l'Italie d'aujourd'hui. Bravo Nanni!
Nanni Moretti mêle judicieusement satire politique et mise en abîme cinématographique. Le cinéaste ausculte avec ironie le paysage politique et cinématographique de son pays à travers les soucis d'un couple en pleine rupture et les désastres professionnels du père de famille. Le Caïman débute comme une comédie. Les dialogues sont percutants et les situations cocasses s'enchaînent. Avec une réalisation maîtrisée et fluide, le film prend alors la forme d'une satire réjouissante, d'une chronique corrosive sur l'Italie de Berlusconi. Il serait néanmoins regrettable de résumer Le Caïman à un simple pamphlet politique sarcastique et percutant. En effet, Moretti évoque également la corruption et l'hypocrisie des médias italiens, ses trahisons, sa lâcheté. Le Caïman est donc à la fois un film d'amour, un hommage au cinéma italien et un film politique. On y parle à la fois d'un producteur de série Z en déclin et en instance de divorce ainsi que de la montée médiatique, économique et politique de Berlusconi. Le Caïman prend alors une tonalité plus inquiétante, plus cinglante et perspicace. Comme souvent chez Moretti, la famille est le noyau de l'histoire. Silvio Orlando (qui aurait du recevoir le prix d'interprétation) est excellent dans le rôle du fragile Bonomo (littéralement Brave Homme) qui va renouer petit à petit avec la lucidité et la réflexion. Il se battra pour sauver ce qui reste de son couple et pour préserver ses enfants en réalisant un film dénonçant le régime instauré par Berlusconi, prouvant à sa famille (une reconquête comme le fameux Retour de Christophe Colomb que Bonomo doit réaliser) et aussi à lui-même qu'il est capable de réaliser un film important. Le Caïman est un film multiple qui transpire avant toute chose de l'amour de Moretti pour son pays. La fin évoque une démocratie italienne qui pourrait céder la place à un nouveau totalitarisme. Une démocratie de pacotille où Berlusconi détient encore et toujours la quasi-totalité des médias en Italie...
Il faut peu de chose pour que dun tas de cendres jaillisse une petite flamme qui ravivera le feu que lon croyait éteint. Que ce brasier devienne à nouveau vivifiant, chaleureux et rassurant. Cette métaphore aurait pu illustrer les trois grandes thématiques du film de Moretti : le cinéma, la vie et la situation politique de lItalie daujourdhui.
Sa petite flamme cest la foi en un avenir meilleur, même si le présent semble définitivement et inéluctablement le condamner. Le film démarre sur une apologie de la période pré-Berlusconi. Bruno Bonomo est un producteur en faillite, aussi bien personnelle que professionnelle. Il nest plus quune ombre engoncée dans un passé glorieux où son couple, sa profession et le pays étaient au zénith. La construction du film découlera de là. Avec un ton est vindicatif et très politique, il va égratigner toute la société, quelque soit son niveau, seule responsable du marasme présent.
Mais bien que très proche sur le fond du cinéma Italien militant des années 70, Moretti nous donne un petit plus par une profondeur émotionnelle sensible. Mais il ne joue pas sur le tableau de langélisme non plus, et la fin telle quil la retenue nous fait froid dans le dos.
Un scénario très achevé illuminé par une mise en scène sobre et efficace. Ajoutons à cette excellence linterprétation magistrale de Silvio Orlando digne dun Nino Manfredi. Après Romanzo Criminale et avec Le Caïman, le cinéma Italien, tel le Phénix, reviendrait-il au niveau qui jadis la imposé internationalement ?
Le Caïman nous est présenté comme un pamphlet contre Berlusconi. On pouvait donc sattendre donc à voir le Fahrenheit 9/11 italien. Or, Le caïman ce nest absolument pas ça. Pourquoi ? Parce que Nanni Moretti a choisi de mettre en scène lhistoire dun réalisateur qui peine à monter un film sur Berlusconi. Le réalisateur italien sattache en effet davantage à ce personnage du producteur, Bruno, extrêmement bien campé par Silvio Orlando, déjà à laffiche de La chambre du fils : il préfère filmer ses problèmes sentimentaux, sa vie de famille, ses problèmes au boulot plutôt que de mettre en scène le long mendat de Berlusconi. Cest un choix pour le moins étrange. En effet, quel est lintérêt de mettre au premier plan la vie dun producteur alors que le but du film était de blamer le président italien ? On a comme limpression que Nanni Moretti sest en quelque sorte dégonflé ou alors quil na pas pu, à limage du Bruno du Caïman, réaliser un film sur Berlusconi. On regrette dautant plus le choix de reléguer la critique du président au second plan car la fin, montrant le résultat du film produit par Bruno (Berlusconi le dernier jour de son procès), était extrêmement réussie. Nanni Moretti, extra en président dans une séquence finale qui réhausse le niveau du film : en dix minutes, le réalisateur a parfaitement cerné lhomme politique. A côté, la grosse heure et demi qui précède était facultative. Revient alors léternelle question : mais pourquoi ne pas avoir fait un film sur la vie de Berlusconi ? Pourquoi ne pas avoir réalisé Le Caïman, ce scénario dont on parle à longueur du film ? Parce que, même si la vie du producteur qui court à droite à gauche nest pas inintéressante, elle est loin dêtre passionnante : il cherche un légo jaune pour son gamin, se sépare de sa femme Le Caïman, cest en fait un film sur les coulisses du cinéma qui se laisse regarder mais qui laisse constamment l'impression que le réalisateur est passé à côté de son sujet. Dommage.
Un Moretti digne des meilleurs, comme palombella Rossa, La messa e finita... On y rit tout le temps, on y réfléchi autant, on est ému. Les acteurs, le montage, la réalisation, tout est extraordinaire. On dit que c'est un film qui parle de Berlusconi, mais tout ce que le film dit de Berlusconi, la figure de la crapule dictatoriale ivre de pouvoir et pleine de haine, on le sait déjà. Ce qui est beau, c'est l'humanité de tous les autres personnages, qui se débattent dans leur époque, la notre, assez triste en vérité. Mais ce film, outre toutes ces qualités transmet la vertu du combat, de l'opiniatreté et dit que tout est bon à prendre pour qui a des rêves à poursuivre. Je le recommande chaudement et même plus que ça.
Le caîman est bien plus qu'une simple satire du berluconisme. A travers le portrait de Bruno, producteur de séries Z, attrapant subitement une conscience politique, Moretti nous parle de son amour du cinéma et du sens civique trônant tout en chacun. Le film drôlatique est mené avec intelligence et finesse. L'acteur principal est magnifique de truculence. Un petit prix à cannes ne serait pas immérité.
Bruno Bonomo, dans linterprétation magistrale de Silvio Orlando est un producteur italien du genre mondo movie des années 70, si chers à des auteurs tel que Ruggero Deodato avec son inoublié « Cannibal Holocoust », ce genre ancêtre du pulp-gore à la Quentin Tarantino. Il rencontre pendant une projection nostalgique de son chef duvre « Cataractes » une jeune et talentueuse cinéaste qui lui propose une histoire pour un nouveau film : « Il Caimano ». Sans avoir pas trop comprisde quoi il sagit, même pas quil sagit dune histoire sur Silvio Berlusconi, Bonomo, qui déclarera plus tard qu'il avait même voté pour lui aux dernières élections, très troublés par sa situation financière et en nette rupture avec sa femme, commence laventure de ce film sur Berlusconi. Derrière le sujet proprement politique, nous assistons aux problématiques dun divorce, celui de Bonomo avec sa femme, et aussi à un rappel à lomo-parentalité de la jeune cinéaste et de son amie, tellement bref qui nous peut surprendre pour la normalité qui confère à un sujet aujourdhui si souvent débattu et controversé. Moretti fait rire, fait réfléchir, il nous rappelle le danger du laisser-aller politique, de la dégénération qui peut causer le mauvais homme au mauvais endroit. Moretti nest jamais explicite dans sa représentation du désastre berlusconien, mais il est de même très féroce dans sa subtilité. Nous avons ici une uvre politique dune originalité sans précédents.
Film peut-etre un peu trop "intello"... Très loin d'un michael Moore, la critique de Berlusconi se veut plus subtile. A tel point que l'on en vient à se demander s'il s'agit vraiment d'un pamphlet anti-Berlusconi ! Le film ne met en avant, et seulement de temps en temps, que les aspects les plus connus des travers de l'ex président du conseil, ce qui n'apporte rien de nouveau. A moins que le sens soit caché, très caché. Film que je déconseille à ceux qui veulent aller se divertir en se cultivant un peu plus sur Berlusconi, car trop subtil... pour pas dire trop "intello".
Un film bancal...et très touchant, et cela d'autant plus qu'il assume ses désequilibres, ses apories, ses manquements divers. Un film à tiroirs, qui met en parallèle l'histoire d'un homme, d'une société et celle d'un certain cinéma. Ce qui attendent une charge anti-Berlusconi en seront pour leur frais, car Berlusconi est montré bien plus comme le symptome "parfait" d'une société se délitant que comme la source des maux qui frappent l'Italie. D'ailleurs, Moretti invite les adversaires de Berlusconi ( et la gauche en premier) à une réelle (et jusqu'ici inéxistante) remise en cause, et c'est l'Italie toute entière qui en prend le plus pour son grade au bout du compte. Et à travers l'hommage à la série "B à Z" italienne ( de Mario Bava à son fils Lamberto, des péplums des années 60 aux oeuvres d'un Castellari) et son essouflement, on voit également s'effondrer la vie d'un homme qui se refuse le plus longtemps possible à faire fâce à la réalité. Il en ressort un film confus peut-étre, foisonnant sans doute et où Moretti s'offre le luxe de laisser parler une forme d'hyper-émotivité sans s'en excuser mais en évitant également le pathos larmoyant . Et au-délà d'un constat d'échec cinglant, il laisse entrevoir un espoir. Peut-être.
Bruno n'aime pas les films de gauchistes, Bruno a voté Berlusconi. Et pourtant Bruno va se battre pour que la jolie Teresa puisse réaliser Le caïman, film politique sur la vie du mafieux ex-président du Conseil italien. Le contexte est donc fort intéressant, avec la mise en abyme (film dans le film): l'on se rend compte des épreuves à passer pour pouvoir tourner un film (convaincre la maison de production, trouver des acteurs, des lieux de tournage etc.). Le caïman est un film politique et une comédie, une uvre engagée et une chronique sur la petite vie d'un producteur lambda (des scènes en famille souvent très drôles et touchantes). Cette double-nature, cette ambiguïté pourrait desservir le film, mais au contraire Nanni Moretti fait de ce film une petite perle d'humour et de sarcasme. Les acteurs sont tous excellents (Silvio Orlando et Jasmine Trinca en tête) et servent le sujet avec malice et humanité. Chronique de l'Italie d'aujourd'hui, le film montre des hommes et des femmes normaux avec leurs préoccupations quotidiennes, mais dont certains savent encore se scandaliser et se rebeller contre ce que d'autres préfèrent oublier ("tout le monde le sait" ). Comme Teresa, qui montrera à Bruno que le cinéma n'est pas que divertissement (il abandonnera son projet, Le retour de Colomb, film en costume !) . Bruno symbolise cette Italie qui s'éveille enfin, mais un peu tard, aux abérrations du pouvoir et de la finance. Le sérieux du sujet n'exclue pas que l'on rit beaucoup (souvent jaune, notamment des quelques vidéos du vrai Berlusconi...). Film simple, touchant, drôle, Le caïman est un des grands oubliés du palmarès du festival de Cannes.
Ce film est ennuyeux, et ne nous apprend rien, ni sur le cinéma, ni sur Berlusconi, ni sur l'histoire personnelle de cet homme qui ne comprend rien, ni au cinéma, ni à Berlusconi, ni à sa propre histoire.... Les personnages sont esquissés, le film n'a pas d'unité, ni de trame, ne démarre pas et n'a même pas de fin ....on sort avec le sentiment d'avoir perdu son temps et d'avoir été floué...
Pour moi, le grand oublié du palmarès du Festival de Cannes 2006 s'intitule "Le Caïman". Précédé d'une image plutôt trompeuse, le film a fait fuir bon nombre de spectateurs pour connaître un démarrage catastrophique en salles. Quel dommage pour du si bon Cinéma ! Un producteur culte mais inactif depuis dix ans annonce son retour. Son projet s'engage bien mal et il jette finalement son dévolu sur le scénario qu'une ravissante jeune femme lui propose. Cette dernière est jouée avec beaucoup de naturel par Jasmine Trinca. A côté des difficultés à lancer le chantier du film, Bruno Bonomo (Silvio Orlando) fait face à la fissuration de son couple, préservant encore les apparences du ménage pour le bien des enfants avant de quitter définitivement le foyer. Bien que ce soit un drame, les occasions de sourire se présentent, les rocambolesques aventures d'Aidra que Bruno raconte à ses fils sont par exemple très drôles ! Dans cette histoire de séparation ordinaire, le temps consacré à la fiction politique pourrait paraître faible, mais on perçoit très bien que ladite fiction est une émanation de la réalité. De ce fait, impossible de nier l'impact du propos du "Caïman". Plusieurs plans pourtant simples parviennent d'ailleurs avec brio à retranscrire des idées fortes. Ainsi un travelling de nuit sur des habitations aux fenêtres éclairées, accompagné du son de la télévision, marque l'emprise sur les médias du Caïman et l'inexorable propagation de son discours démagogique. Et lorsque dans l'une de ses premières apparitions on le voit avancer dans un couloir entouré de ses sbires, l'image d'un Darth Vader nous vient à l'esprit, représentation symbolique du Mal. La fin grandiose nous laisse estomaqués. Ce long-métrage engagé, au ton très contemporain, ancré dans l'Italie actuelle, évoque aussi l'état du cinéma transalpin (y compris ses étonnantes spécificités, comme le fait qu'Aurelio De Laurentiis ait racheté... le club de foot mal en point du Napoli !). Bravo monsieur Nanni Moretti.
Je m'attendais à voir un film politique sur Berlusconi, ce n'était qu'un film dans le film qui nous fait suivre la façon dont on fait un film, du scénario à la projection en salle ! mais ce que j'ai trouvé surtout c'est que c'est encore un film italien bavard, bruyant, plein de gesticulations inutiles que j'ai eu beaucoup de mal à suivre : trop de mots ! bref, je n'ai pas aimé et me suis ennuyé ferme !