On pourrait le faire à la sauce Télérama-Le Monde-Libé et Cie, en louant cet héritier dAntonioni et de Bergman, lorgnant également vers Tarkovski : splendeur visuelle, à la lenteur étudiée, installant une ambiance désenchantée, dune beauté intemporelle avec ses longs plans-séquences, et encore et encore, à croire que tous les critiques ont recopié le dossier de presse, à moins quils naient tous rédigé leurs articles ensemble...
On peut aussi se mettre dans la peau dun égaré, un quidam nallant au cinéma quune ou deux fois par an, et en labsence cette année dun Mission Impossible, se soit fourvoyé devant ces Climats : immonde daube où il ne se passe rien, avec des acteurs laids et pas drôles, incroyable quon puisse appeler cette bouse un film.
Difficile de nêtre ni admirateur béat, ni mangeur de pop-corn en colère.
Il y a bien des qualités formelles, netteté de limage, beauté de la composition des plans, structure quasi mathématique du scénario, travail étonnant sur le son... Mais tout cela paraît vain, sans signification. Ces deux êtres qui se déchirent nont pas de passé, il est bien difficile de sattacher à eux, de sidentifier. Leurs échanges ne nous apprennent rien sur eux, les personnages deviennent inconsistants à force de mystères et de non-dits. Elle, ne sexprime quen pleurant, et lon peut se demander ce qui la rattache à cette sombre brute, nexistant quau travers dactes violents, certains à la limite du soutenable (la scène avec lautre femme, décrite comme scène damour par quelques critiques, est un viol dune brutalité même pas suggérée...)
La technique choisie (numérique haute définition), bien loin dentraîner le spectateur dans lémotion, maintient une distance, une froideur, comme un regard clinique sur ces êtres : on pourrait compter les cheveux un à un, distinguer les pores de la peau, voir le reflet du regard de lautre dans les gouttelettes de transpiration, faire un cours de sciences naturelles sur la forme des flocons de