Evadé de prison, Gustave retrouve Manouche et Alban alors qu’ils traversent une mauvaise passe. Traqué par le commissaire Blot, il est engagé par une équipe projetant le braquage d’un transporteur de fond.
Réaliser un remake est toujours une gageure, et rares sont les réussites. Corneau, en suivant le film de Melville scène à scène, rend la comparaison inévitable. Dans quelques productions précédentes il avait montré qu’il savait d’inspirer du climat froid et envoûtant de ce même Melville, mais curieusement, il semble l’avoir oublié.
Corneau cherche ici le spectaculaire, il colle à une action dont les personnages sont le support, et montre le souci d’un esthétisme (couleurs style technicolor, décor mi années soixante mi années vingt) bien différent de celui de son prédécesseur. Il sait raccourcir ce qui doit l’être, montre des rapports plus chaleureux entre les êtres, un bon sens du suspens, et finalement réalise un film riche qui peu soutenir la comparaison avec celui de son aîné.
Daniel Auteuil convient bien au personnage de « Gu », et parfois, chapeau et moustache aidant, on peut le confondre avec Lino Ventura. Michel Blanc campe un commissaire Blot beaucoup plus Melvillien que Meurisse, et plus crédible. Jacques Dutronc en truand vieillissant froid et désabusé est parfait ; le reste de la distribution se tient, un satisfecit pour Gilbert Melki, un avertissement pour Cantona, balourd et inexpressif, à cent coudées de Constantin.
Les scènes de cabaret sont ici sans intérêt, mais c’est bénin. Par contre grosse réserve pour les séquences de meurtres, avec ralenti, vêtements qui éclatent et sang qui gicle : cet « american circus » est hors sujet.
Voir d’abord l’original, puis savourer la copie.