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Un visiteur
0,5
Publiée le 2 avril 2009
C'est l'histoire d'un nouveau gâchis ; beau thème : la campagne qui se meurt, beaux personnages, paysages attachants...et au bout du compte, un raté MAGISTRAL. Il ne suffit pas d'avoir un passé de photographe pour savoir faire un film. Mais où est l'âme du photographe , où est l'humanité de "l'interviewer" ?
Travelling figé depuis le 4x4, ou travelling du pare-brise, qui donne un regard plat, sans anticipation : d'une neutralité inhumaine qui annonce la suite. Plans de coupe besogneux et répétitifs. Plans fixes, jusqu'à la nausée, mortifères,finissant par éteindre les personnages ou les faire apparaître comme spectateurs d'une déchéance que leur infuse l'oeil froid de l'objectif.Cadrages hauts insupportables, rendant accessoire le visage des personnages. Mais où sont les gens dans tout cela ? jouets gênés et abimés (vers l'abîme...) d'un photographe qui se commet dans ce qu'il ne sait pas faire. Et la musique !!! une élégie de Fauré sans aucun rapport avec les gens et les paysages : qu'allait donc faire ce pauvre Gabriel dans pareille galère ?
Voilà comment l'on fait d'un photographe un piètre documentariste. Il faut aimer les gens pour les filmer correctement, s'investir dans l'objectif qui peut donner la vie ou la retirer. Mais Depardon ne nous montre ici que des photographies inanimées. Il est des photos vivantes, il est des films mortels et mortifères : celui-ci en est un. Le moindre cinéaste amateur, d'un peu d'expérience et d'un peu d'humanité, n'aurait pas ainsi massacré de pauvres gens qui n'en demandaient pas tant.
- prenez une caméra et surtout n'oubliez pas votre trépied pour faire de longs plans fixes ; - allez interviewer des gens de la "campagne profonde", de préférence âgés, déprimés et sourds ; - posez leur des questions sans intérêt (exemple : "Il fait beau aujourd'hui?") en veillant à bien laisser une bonne minute de blanc entre les réponses et les questions ; - filmez vos trajets entre chaque interview pendant environ 5 minutes à une vitesse de 10km/h ; - pour le générique de fin privilégiez un diaporama des personnes interviewées en l'accompagnant d'une musique d'enterrement. Cela permet d'insister sur le fait que les gens que vous avez interrogés sont tristes, et pour certains mourants , ou.. déjà morts. - surtout ne pas rajouter trop de musique, cela pourrait donner du rythme au film et réveiller le spectateur profondément endormi ; - enfin, lors du montage, ne coupez rien, gardez tout, surtout les silences...
Et voilà, vous avez votre "vie moderne" à vous! Servir bien long... avec un oreiller de préférence.
Pensez-vous vraiment que les paysans de montagne soient des débiles attardés ? C'est ce qu'essaye de nous prouver ce film avec lequel si on connaît un peu la campagne la montagne on ne peut pas être d'accord : une folklorisation complète des personnages, des cadres bien choisis qui omettent la réalité du terrain en ne montrant qu'un aspect poétisé des paysages... franchement monsieur Depardon n'y a t-il pas une malhonnêteté intellectuelle dans tout ça ?? A éviter en tout cas !!
Ah un film avec la campagne au premier plan... Un sujet très bien traîté. Tout est nature comme on l'aime et ce sans trop de chichis ni même de grosses exagérations. Une vraie surprise.
En sortant de la salle, j'aurais bien mis 4 etoiles à ce film etonnant. Courageux dans la forme, audacieux, beaux personnages… emouvant… J'ai marché dans la combine… puis en reflechissant, et en decortiquant, je m'aperçois que ce n'est que la vision subjective et catastrophiste d'un urbain compassionel (et encore, je suis pas certain du compassionel, plutot "voyeur") qui s'attarde sur les mongoliens et les personnages un peu rustiques et typiques sans nous montrer la vraie vie des agriculteurs de moyenne montagne aujourd'hui… Tout est sombre, c'etait mieux avant, etc… Certe la situation de l'agriculture est dramatique, surtout dans les petits pays, mais ignorer à ce point ceux qui en veulent (il y en a encore), ceux qui font encore bouger ce monde en peril tient du voyeurisme pessimiste (un peu bo bio) de bon aloi pour faire pleurer dans les chaumieres (de gauche) C'est fou, non? Depardon… quand meme…
Un témoignage indispensable et rare. Un voyage dans un pays qui nous est (presque) inconnu, car méprisé et rejeté par nos valeurs "jeunistes" : les campagnes françaises. Hélas, ce film décrit aussi la mort de ce monde dans lequel se trouvent nos racines. Magnifiques plans dans ce film, où l'esthétique ne sacrifie jamais le sens.
Je trouve que cette mouvance de documentaire qui non seulement ne nous apprend rien mais ridiculise les gens en en faisant de simples "sujets folkloriques" n'a aucun intérêt, malgré ce qu'on nous essaye de nous faire croire...
Ce documentaire me rappelle exactement les relations que l'on peut avoir les personnages filmés par Raymond Depardon. Mais il y a une lassitude qui s'installe rapidement.
Une lente "descente" dans un Monde secret et presque silencieux, celui de quelques paysans isolés, jeunes ou vieux et qui vivent courageusement... Ce film documentaire fascine dès les premières secondes, par un "plan-séquence" très long, qu'aucun "directeur des programmes" ne pourrait supporter dans le petit monde fermé de la télévision... Et il y en a d'autres, aussi surprenants, parfois stupéfiants et comiques. Le "politiquement correct" vole en éclats, on s'apaise, on écoute la lenteur, elle se déploie enfin; libérée de l'hystérie consensuelle. Monsieur Depardon impose son talent, sans concession ni arrogance: c'est un film de création et le film d'un grand portraitiste. On ressort de là sur la pointe des pieds, ému et inquiet. PhilD.
Une très belle galerie de personnages plus qu'authentiques qui font partie d'un monde rural hélas en voie de disparition faute de jeunes qui prennent la succession. C'est devenu un métier trop difficile dans ces paysages vallonnés ou montagneux qui ne facilitent pas le quotidien, peu rémunérateur qui ne permet pas à une famille de vivre décemment. C'est filmé de manière très sobre,composé de nombreux silences que tente de combler Raymond Depardon avec ses questions parfois sans réponse, à la fois émouvant,drôle mais sans moquerie,et quelque part un peu triste si l'on réfléchit à l'évolution malheureusement incontournable de notre société.On peut en effet regretter que bientôt ce film constituera un documentaire ethnologique.
Ce Depardon, est trop intime avec lui-même pour que je puisse l'apprécier à sa juste valeur ! Il manque quelque clés que seul lui connaît ! Et donc je suis resté sur le palier ! Dommage... Joyce, des canetons à la ferme, ça te dit ?
Une étoile de plus dans le firmament du cinéma vécu...Et quels regrets avons nous eu de savoir que bien des habitants des villes, ayant manifestement oublié leurs origines, ne comprendraient pas ce qui leur est dit. Mais qu'ils ne comprennent pas le message n' enlève rien au message mais révèle seulemetn leur incompréhesion. En effet, qui peut, aujourd'hui, affirmer avec certitude que le monde montré par Depardon est en train de disparaître? qui peut affirmar que la nature n'aura pas toujours le dessus sur l'artifice? Qui pourrait regretter qu'ilexiste encore sur cette terre, près de chez nous, ces témoins insécables de l' âme chevillée au corps? Et ces regards qui nous regardent ne nous montrent-ils pas ce que la "civilisation urbaine" a fait de nous. Des gens qui ne voient plus, ne sentent plus, n'entendent plus et qui devraient , en ayant vu de film, partir pour leurs prochaines vacances pour une des nombreuses campagnes françaises où on n'a toujours point besoin de "chefs", où on vit "passsionément" l' élevage des bêtes, où on ne trouve pas la terre "sale" et o?u le crottin ou la bouse ne entemet pas mauvais. Les croit-on pauvres ces paysans "en voie de disparition". Gardons-nous de fermer les yeux, les oreilles et les coeurs mais soutenons les autant que nous le pouvons pour quîls puissent, eux, continuer à nous dire que nous appartenons é la même humanité qu'eux, même avec les yeux rouges et un "accent". Et de temps en temps, allons voir ce que font des pays voisins pour leur agriculture de montagne...
Un film qui ne ressemble à rien d'autre... Vous avez des racines paysannes ? Allez voir "La vie Moderne", vous y retrouverez un monde que vous connaissez bien, avec ses pudeurs, ses rudesses , ses silences, filmé avec délicatesse par Raymond Depardon. Vous n'avez aucune connaissance du monde rural ? allez aussi voir la Vie Moderne, vous y serez peut-être plus dépaysé qu'au milieu de la jungle amazonienne dont vous avez déjà vu tellement d'images! Et peut être y trouverez-vous matière à réflexion... Une petite critique cependant: le parti pris d'insister sur l'isolement, en en montrant jamais d'échanges directs avec "le reste du monde" : les voisins, la famille, les commerçants, le facteur, le vétérinaire, le maquignon, le médecin sont évoqués, mais n'apparaissent jamais à l'écran.
Un témoignage contemplatif et interrogateur sur un monde oublié et en déclin, humain, précis qui comporte des plans qu'on ne peut oublier. Mais le propos pourrait être encore élargi.