Je suis sorti de la séance avec une pointe de déception et ce malgré les ambiances chaleureuses autour du café au lait du matin, le charme de ces fermes isolées.
Le documentaire nous plonge dans les Cévennes où les terres pauvre et climat rude éprouvent les hommes. Alors oui, les anciens aux teins burinés ne sont pas aux premiers abords très causant. Depardon s'en accommode et ne cherche pas vraiment à "pousser la porte de l'enclos" pour vraiment se mêler à eux. Connaissant et appréciant ces gens, il y aurait eu moyen de pénétrer davantage la vie de ces cévenoles en les inventant à évoquer leurs souvenirs: quels étaient les produits de la ferme dans leur jeunesse, la cohabitation entre les travaux de la ferme et l'école communale, la chasse, les plats quotidien, l'usage de la châtaigne, leur foi protestante, la guerre, l'arrivée des moyens modernes de production, le départ des jeunes etc.
D'expérience, une fois certains sujets lancés, les souvenirs en appellent d'autres et c'est un bonheur d'entendre ces anecdotes de pays, ces tranches de vies.
Malheureusement, selon moi, Depardon se cantonne à questions timides, un peu basiques "Alors combien t'as de bêtes en ce moment ?", "C'est toi qui reprend la ferme, hein ?" C'est clair qu'en retour les réponses ne furent pas plus charnues que les questions "Ben oui, j'ai 30 brebis", "Ah ça... pour sûr".
Ainsi, les rencontres me sont apparues trop courtes, manquant d'échanges. J'aurai également aimé entendre davantage les femmes - au passage je leur tire mon chapeau pour leur ténacité - notamment la plus jeune et son projet d'élevage de chèvre.
Au final, j'ai vu un documentaire qui esquisse les contours de la vie de paysans mais pas plus. De la part d'un grand monsieur comme Raymond Depardon, j'attendais mieux.