Welcome
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711 critiques spectateurs

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Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 octobre 2012
"Welcome", cela veut dire bienvenue. Pourtant, chez les ch'tis, les centaines de sans-papiers qui affluent vers Calais pour tenter d'atteindre l'Eldorado supposé de l'autre côté de la Manche, ne sont pas vraiment les bienvenus depuis la fermeture du centre de Sangatte : tabassés par des policiers en maraude, refoulés des supermarchés par des vigiles, expédiés en 30 secondes par des juges méprisants qui enchaînent les décisions répressives en comparution directe.

"Welcome", c'est aussi ce qui est écrit sur le paillasson du voisin de palier de Simon, qui précipite le malheur en dénonçant le maître-nageur, coupable aux yeux de l'article L 622-1 d'aide à personne en situation irrégulière et passible de cinq ans de prison et de 30 000 euros d'amende. Dans cet océan d'indifférence, de lâcheté et d'abus de droit, quelques personnes réagissent en citoyens pour lesquels Liberté, Egalité, Fraternité signifie encore quelque chose. Parmi eux, Marion et l'homme qui l'accompagne, dont on devine qu'il est plus qu'un simple camarade.

Olivier Adam, co-sénariste du film, et auteur du livre "Je vais bien, ne t'en fais pas", avait choisi cet angle d'attaque pour parler de la situation des sans-papiers dans son roman "A l'Abri de rien", le récit d'une mère dépressive qui atterrit par hasard à une distribution de repas, et qui a été adapté à la télévision sous le titre "Maman est folle" avec Isabelle Carré dans le rôle principal (livre que je n'ai pas du tout aimé, mais là n'est pas le propos). Ici encore, c'est le hasard qui amène Simon à découvrir la réalité qui l'entoure et à franchir la ligne de l'illégalité. Le hasard, et la volonté de retrouver grâce aux yeux de Marion.

Ce choix de prendre comme héros un monsieur-tout-le-monde n'a rien de très original ; c'est le principe du "Vieil Homme et l'Enfant", ou de "Monsieur Batignole". Mais il s'avère très efficace, car le spectateur se voit placé dans la situation de n'importe quel citoyen de ce pays, et la découverte du droit d'exception qui frappe les sans-papiers et ceux qui les aident n'en prend que plus de force. Philippe Lioret cite Truffaut quand il disait qu'"il n'y a pas un grand film qui ne soit pas un grand documentaire". Cet aspect est particulièrement réussi, grâce à la précision des informations recueillies et reconstituées : les clandestins qui respirent la tête dans des sacs pour échapper aux détecteurs de CO2, ceux qui passent les frontières accrochés aux essieux des camions, les numéros écrits au marqueur sur les mains de ceux qui ont été arrêtés.

Et puis, il y a le visage donné au sans-papier, habituellement sans identité, juste une silhouette, parfois une nationalité. Ici, celui-ci a une histoire, une fiancée, un rêve d'avenir. Interprêté avec beaucoup de retenue et d'intensité par le jeune Firat Ayverdi, le personnage de Bilal est plus qu'un prétexte à la bonne conscience ; il partage le premier rôle avec Simon, et ce n'est pas un hasard si le film débute avec le coup de téléphone qu'il passe dans la famille de Mina.

Après "L'Equipier" et "Je vais bien, ne t'en fais pas", Philippe Lioret confirme sa maîtrise de la tension narrative, et sa capacité à susciter l'émotion sans avoir recours aux grosses ficelles du mélo (les premières notes de musique, du piano, apparaissent au bout d'une demi heure quand Bilal découvre sur la plage la ligne blanche des falaises anglaises). La façon dont il filme la traversée du jeune homme résume cette virtuosité : l'alternance de plans larges en plongée et de gros plans au ras de l'eau, l'opposition entre la fragilité du nageur et la masse du danger représenté par les tankers, le jeu des lumières et des teintes dominantes pour suggérer l'écoulement du temps.

Ma petite réserve ne se situe pas là où la polémique a éclaté, à savoir la comparaison avec la seconde guerre mondiale : elle est juste sous-entendue par certains détails (le marquage des clandestins, la délation, la comparaison implicite avec les Justes), et là réside justement la force du cinéma, suggérer plutôt que démontrer. Elle se trouve plutôt dans la balourdise scénaristique qui accompagne le personnage de Simon, symbolisée pour moi par le jeu autour de la bague, témoin bien voyant de ses errances. Cette insistance ("Pourquoi tu fais ça, Simon ?", demande Marion, des fois qu'on ait pas compris) constitue le seul bémol à un film qui pour le reste correspond bien à la démarche de son auteur, et qu'il résume ainsi : "Raconter des histoires pas bêtes à des spectateurs malins".
http://www.critiquesclunysiennes.com
Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 décembre 2012
''La mort d'un amour donne la vie à un autre'' ; ainsi Jackie Quartz ne nous mentait pas malgré la naïveté de la chanson. Qu'est-on prêt à faire par amour ? Et quand je parle d'amour c'est dans son sens global : Simon qui héberge et aide un réfugié, Bilal. Une complicité paternelle va naître entre eux. Bilal qui veut rejoindre sa copine (vivant en Angleterre) à la nage en traversant la Manche ; un pari fou mais rien ne semble l'arrêter. Le film traite de sujets poignants qui m'ont beaucoup touché, entre l'adolescent prêt à tout pour atteindre son objectif, entre l'homme qui tend la main à son prochain, entre les immigrés qui sont traités comme des chiens (si je peux me permettre), victimes de discriminations et mis à l'écart de la société. Vraiment, Welcome fait parti de ces films français à voir au moins une fois dans sa vie. Vincent Lindon ainsi que la révélation du film, Firat Ayverdi, sont magistraux. La bande originale est magnifique, et la scène à la fin (lorsque Bilal tente de traverser la Manche sous un flot de pluie) est juste très émouvante ! Le plus beau moment du film. Ceux qui n'ont pas aimés Welcome ont soit pas de cœur, soit rien compris au message. Tant pis pour eux.
Machriasi
Machriasi

13 abonnés 629 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 septembre 2012
La pretendue propagande pro immigration ne m'a pas dérangée plus que ca c'est un theme comme un autre ni ici c'est la mollesse, de la mise en scene du jeu de l'ambiance. On en ressort aussi fatigué que le visage de vincent lindon
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 août 2012
Un film poignant tout simplement .
La fin triste . C un combat par amour. Une solidarite qu'on ne retrouve pas souvent .
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 mai 2012
Un film à la fois simple et profond. Simple parce que le scénario tient en deux lignes et profond car le réalisateur fait passer un message fort sans faire de leçon de morale. L'émotion est au rendez vous, jamais la mièvrerie. Vincent Lindon rentre parfaitement dans la peau de ce maître nageur sensible et humain. Un petit bijou de drame français.
murielle m
murielle m

2 abonnés 100 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2012
Vincent lindon est parfait! Magnifique film plein de bon sens. Triste mais ne rentre pas dans le pathos ridicule, ce film est juste, vrai, touchant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 mai 2012
Un film français très beau et très touchant, avec un excellent Vincent Lindon plus engagé que jamais! Le film dénonce une dur réalité à travers un scénario original et des scénes banales (entrainement dans la piscine ect..), mais très crédibles ainsi que bien réalisé. A voir!
vanou97
vanou97

49 abonnés 633 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 avril 2012
Alors que le scénario est attirant, surtout avec Vincent Lindon en tête d'affiche, on suit le fil du récit sans trop de surprise, avec de moins en moins d'enthousiasme... L'ensemble, aussi réaliste soit-il, manque de vélocité.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 avril 2012
Après Je vais bien, ne t’en fais pas, Philippe Lioret signe à nouveau un récit très fort, servi par une galerie de personnages qui ne le sont pas moins. Le propos était difficile à rendre sans boire la tasse, pourtant le réalisateur s’en sort avec les honneurs par le fait de ne pas donner complètement raison aux uns ou aux autres. Vincent Lindon est vraiment touchant dans ce rôle de quadragénaire bourru au grand cœur. Un vrai grand moment de cinéma qui vous incite à voir les autres films de Lioret, passés ou futurs.
Jipis
Jipis

44 abonnés 360 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2012
« Si vous l’aidez d’autres viendront »

Difficile de rester objectif dans cette suite d’images accablantes faites de thèses et d’antithèses que cette phrase d’ouverture résume parfaitement.

La synthèse se situe au niveau du cœur élément indépendant de tout un organigramme d’indifférences, de dénonciations et de répressions s’acharnant sur une génération perdue chassée par la guerre dans l’incapacité de construire quelque chose de concret sur ses terres

L’investissement ne peut être qu’individuel dans une montée chromatique des sens permettant à un intégré non concerné d’être soumis à l’épreuve devant l’insoutenable douleur des autres et de sa récupération par l'image de la réussite individuelle sur une contrée saturée uniquement visible par temps clair.

La perception des différences dans un premier temps ignorée permet à un homme accablé par la rupture de se révéler en assumant jusqu'à son terme ses propres convictions loin de ceux qui ne font que mépriser ou servir.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 15 mars 2012
Un film qui se veut humaniste mais qui est pro Bruxelles, pro mondialiste, pro immigrationiste vous avez comprit c'est un film de propagande!
Olivier K-brol
Olivier K-brol

8 abonnés 19 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 mars 2012
Film traitant d'un sujet délicat avec une certaine pudeur. Mais on peut déplorer un manque de rythme dans la réalisation
HDelabath
HDelabath

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 février 2012
Un film magnifique et très touchant ! Encore un film de Lioret (avec Je vais bien, ne t'en fais) où beaucoup d'émotions sont transmises au spectateur. Vincent Lindon signe là une interprétation magistrale, tout en pudeur. Son personnage qui, au départ, pense surtout à reconquérir sa femme, va peu à peu se lier d'amitié avec le jeune Bilal (très bien joué également) et tout faire pour l'aider à partir en Angleterre retrouver sa bien-aimée. Il veut aider un autre à faire ce que lui n'a pas réussi à faire.
Scénario excellent, plein d'humanité, de solidarité, de compassion, d'entraide et qui fait vraiment du bien dans le climat actuel qui règne dans la société française... Un film qu'il serait bon de mettre entre les mains de Guéant !
Cobandant_Bitchell
Cobandant_Bitchell

4 abonnés 159 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 juin 2012
Un sujet d'actualité traité tout en pudeur et interprété avec une grande justesse par Vincent Lindon. il rend parfaitement l'évolution du point de vue de son personnage. Guidé par son désir de récupérer sa femme, sa compassion pour un jeune immigré bravant les dangers pour retrouver sa copine en Angleterre, quitte à y aller à la nage, va se muer en amitié et en admiration, quand il se rend compte de ce qu'est capable de faire ce jeune homme pour une femme que lui n'a jamais su faire. Ça lui ouvrira les yeux sur sa propre vie et sur celle des clandestins.
shmifmuf
shmifmuf

209 abonnés 1 761 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 février 2012
La France a trouvé son Ken Loach en la personne de Philippe Lioret!(personnellement, je préfère Lucas Belvaux dans ce registre, chacun ses goûts)
Car après un "mademoiselle" léger et rafraîchissant, il a pris un virage à gauche qu'il a encore accentué pour nous faire ce "welcome".
"c'est le genre de film utile pour faire avancer les mentalités"dirons certains.Un film fait-il vraiment avancer quelque chose concrètement ?
Je reste sceptique.
Sur un plan artistique l'interprétation est parfaite.
Mais en ce qui me concerne, la force du message et le côté politique du film m'empêche de voir autre chose qu' un long plaidoyer en faveur des "sans-papier".
Et le plaisir du spectateur dans tout ça ?
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