En 2007, le grand Sidney Lumet signait "7h58 ce samedi-là", long-métrage appelé à devenir sa révérence. Si celui-ci constitue sans doute l'un des meilleurs films de sa fin de carrière, l'ensemble n'est pas non plus une franche réussite. On part tout d'abord sur un scénario retors et extrêmement prometteur où un cambriolage devient le reflet d'une douloureuse tragédie familiale. En filigrane, c'est le thème de la fatalité, cher aux Américains qui se dessine mais la mayonnaise ne prend qu'à moitié. Car malgré un montage ingénieux et un casting intéressant (glaçant Philip Seymour Hoffman), "7h58 ce samedi-là" manque singulièrement de punch et se situe en décalage complet avec sa maîtrise technique. Les longueurs sont présentes et certains personnages sont peu étoffés. À défaut d'un grand essai fataliste, un testament honorable malgré tout.
Quelques années avant son décès survenu en 2011, le grand cinéaste Sidney Lumet (« 12 hommes en colère », « Serpico », « A bout de souffle » etc...) nous offre son testament cinématographique sous la forme d'un thriller noir passionnant et parfaitement maîtrisé. « 7h58, ce samedi là » raconte l'histoire d'un minable braquage de bijouterie qui tourne mal et dont les terribles conséquences vont faire « imploser » toute une famille de New-yorkais. Le scénario, particulièrement habile et bien écrit, parvient à nous faire suivre l'intrigue par les yeux des différents protagonistes sans qu'on perde le fil un seul instant. C'est d'ailleurs cette clarté et cette richesse dans l'écriture qui font de ce polar une œuvre intelligente et qui se démarque du lot. Ce diable de réalisateur n'a alors plus qu'à entretenir le suspense et la tension dramatique pour nous clouer au fauteuil pendant deux heures de pur divertissement. J'étais passé à côté de ce superbe film policier à sa sortie et je suis bien content d'avoir comblé mon retard aujourd'hui. Il serait toutefois injuste de ne pas signaler la qualité hors norme de la distribution emmenée par un Ethan Hawke étonnant dans un rôle difficile et ambiguë. On dit que les grands cinéastes ne meurent jamais et qu'ils continuent à vivre à travers leurs œuvres... Dans ce cas, il est évident que M. Lumet va encore peupler de nombreuses années nos écrans de télévision. Tant mieux !
je ne vois pas trop l'utilité des flash backs qui émaillent le film, mais bon. Le film se laisse suivre mais dégage tout de même un certain ennui. Attention spoiler : Le dénouement m'a semblé emprunt d'un certain moralisme, mais c'est peut-être mon interprétation, avec le père qui s'enfonce dans un corridor baigné de lumière, comme une sorte de sanctification de l'acte qu'il vient de commettre, comme si in fine le grand méchant du film avait enfin été identifié et venait de recevoir son juste châtiment.
Thriller sur un cambriolage mais surtout drame familial dans toute sa splendeur, S.Lumet brille par sa mis en scène anti-chronologique et une profondeur de ses personnages. Sans fioriture et sans effets spéciaux démesurés, il sublime des acteurs parfaits dans leur interprétation de personnages torturés.
Le dernier film de Sidney Lumet est un immense chef-d'oeuvre ! La mise en scène enfiévrée traque les personnages avec une grande acuité. Une direction d'acteurs exceptionnelle !
Dernier film de Sidney Lumet, "Before the Devil Knows You're Dead" raconte l'histoire de deux frères aux abois, qui décident de braquer la bijouterie familiale. Un acte qui va mettre en place un machine fataliste et implacable. Le récit est construit par une série de flash-back filmés du point de vue de différents personnages. Un choix déjà vu ailleurs, mais qui permet de symboliser la vie de cette famille qui vole en éclat, et les morceaux qu'il faut recoller pour comprendre ce qu'il s'est passé. La mise en scène est sobre et posée, et joue sur les subtilités pour faire varier les points de vue. On apprécie surtout les acteurs. Au niveau des seconds rôles, Michael Shannon en petite frappe, et Marisa Tomei en épouse insatisfaite. Mais c'est surtout le trio principal qui maque : Albert Finney en père attristé et déterminé, Ethan Hawke en loque lâche et incompétent, et Philip Seymour Hoffman en frère froid qui perd le contrôle de sa vie. Ces personnages s'ancrent très bien dans ce mélange de drame et de polar qui offre une vision très noire sur la famille.
Un polar familial à tendance shakespearienne, tout en tension. Le film tire sa force d’un scénario implacable épousant la forme de la tragédie classique, d’une mise en scène nerveuse et de comédiens sous tension. Le geste est parfois un peu appuyé et le personnage féminin bien trop caricatural pour être crédible, mais l’ensemble demeure d’une redoutable efficacité et d’une étouffante noirceur. Une vision glaçante de la famille (et de l’Amérique capitaliste) comme milieu hautement pathogène.
Une déception que ce film de Sidney Lumet, car au final, le scénario, même s'il est vu sous plusieurs angles, est assez basique, et les 2 loosers incarnés par Phillip Seymour Hoffman & Ethan Hawke ne parviennent pas à être intéressants. Au final, on finit par s'ennuyer devant ce film qui tourne en rond pendant 1h avant de réellement démarrer.
Ou comment détruire une famille américaine apparemment bien sous tous rapports en quelques instants: c'est un peu le sujet de ce film où Lumet démontre un savoir-faire intact pour diriger de brillants acteurs campant leur rôle à la perfection. Sur un plan formel, la structure du film a de quoi désorienter, et il convient de rester attentif et de ne rien rater, sous peine de se perdre en chemin. Le casting est impeccable, Philip Seymour Hoffmann en tête. Un bémol pour quelques petites longueurs et une partition musicale oubliable.
Tout simplement excellent!! Un énorme régal visuel, du suspens en omni présence, un scénario époustouflant et des rebondissements intenses mêlés au style technique de caméras plus qu'original.
Excellent ! Violent et dur à la fois, ce thriller tragique nous plonge au coeur d'un braquage qui tourne mal, mais pas n'importe quel braquage... Acteurs au top, boostés par un scénario parfait.
Alors que l’image de la famille a toujours été un symbole, dans la représentation qu’en fait le cinéma américain conservateur, de supports moraux et de cocon protecteur, la façon dont Sidnet Lumet se sert de la déconstruction familiale comme support à un thriller psychologique terriblement fataliste fait de son dernier film une œuvre d’un cynisme particulièrement anticonformiste. Alors que le cinéaste ne nous avait plus offert de bon film depuis une quinzaine d’années, il clôt sa carrière sur un long-métrage d’une noirceur étonnante mais aussi d’une charge émotionnelle bouleversante (accentuée d’ailleurs par le fait qu’il s’agisse également de l’un des derniers rôles dramatiques de l’irremplaçable Philip Seymour Hoffman). Grâce à son casting irréprochable, à sa mise parfaitement maitrisé qui exacerbe les sentiments des personnages face à leur propre autodestruction, et à une structure narrative qui réussit à jongler adroitement entre les points de vue et à déconstruire la chronologie des évènements pour mieux appuyer leurs causes et leurs conséquences, 7h58 ce samedi-là est un drame familial d’une efficacité redoutable mais surtout une image de l’humanité tout aussi inquiétante, où l’amour, qu’il soit charnel ou familial, n’est rien face à l’hypocrisie, le manque de responsabilité, la culpabilité dévorante et la soif de vengeance des Hommes.
Un thriller extrêmement efficace, concentré de cynisme et délicieusement anticonformiste. Sidney Lumet signe une fois de plus un grand film, montrant avec une cruelle dextérité les conséquences dramatiques pouvant découler d'événements et réflexions relativement banals. Philip Seymour Hoffman et Ethan Hawke, excellents dans leur rôle, se font le reflet de millions d'individus qui se surprennent à imaginer des scénarios plus dangereux les uns que les autres pour sauver la situation... Le final est saisissant, on le voit venir avec inquiétude et ça ne le rend que plus puissant. Si un léger manque de rythme par moments et un découpage séquentiel pas forcément nécessaire sont à déplorer, le résultat final est mémorable.
Sidney Lumet ("12 hommes en colère", "Serpico", "Un après-midi de chien"...) est un réalisateur caméléon, il le prouve une fois de plus avec ce film. "7H58, ce samedi-là" est un film où rien n'est gai, tout est noir et quasiment sans espoirs. Et pourtant, deux losers magnifiques (incarnés avec justesse par Ethan Hawke et Philip Seymour Hoffman) croient tout de même en une rédemption impossible. La tension monte crescendo, ce qui choque, et provoque un malaise chez le spectateur. C'est un film (très) très noir, un film sur la famille, la responsabilité, l'amour... Un film sur l'Homme ! La mise en scène de Lumet est impeccable et très nette, le scénario est rapide, la photo propre... Et la musique très jolie, tout pour nous faire passer un superbe moment de cinéma avec ce thriller tenace et spectaculaire ! Avec en plus d'excellents seconds rôles : Albert Fienney, Marisa Tomei, Michael Shannon, Rosemary Harris. Philip Seymour Hoffman est juste prodigieux, et Ethan Hawke est excellent. Un grand film.