Alexandre-B
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2 - Pas terrible
Parmi toutes les suites qu’ont engendrés les films de Paul Verhoeven, aucune n’a été réalisée par Paul Verhoeven lui-même. Et quand on les regarde, on comprend pourquoi. Le fait est que les films du Hollandais violent se suffisent à eux-mêmes et que leurs suites ne sont rien de plus que des productions opportunistes (à part peut-être Robocop 2, qui était fidèle à l’original, voire un peu trop extrême). Hollow Man 2 ne déroge pas à la règle: c’est une production fauchée dont le scénario n’apporte strictement rien au film original, si tant est qu’il y ait un rapport entre les deux films (à part l’évocation de l’équipe ayant trouvé le secret de l’invisibilité, les deux Hollow Man n’ont à peu près aucun lien). Tandis que Hollow Man premier du nom était une réflexion sur le pouvoir, racontant l’histoire d’un « X-man » sombrant dans la paranoïa et la folie, Hollow Man 2 se concentre sur un personnage de flic dont tout le monde se fout traquant un tueur invisible qui cherche le moyen d’allonger son espérance de vie (car l’invisibilité a de fâcheux effets secondaires: ça donne des cancers, des croûtes et des verrues). Qu’à cela ne tienne, le scénario aurait pu exploiter le filon du pouvoir qui raccourcit la vie tout en la rendant plus excitante, mais pas du tout: l’invisibilité n’est ici qu’un prétexte destiné à mettre un peu de piment dans une enquête policière très molle, grâce à un tueur qui est forcément plus difficile à neutraliser, puisqu’on ne le voit pas. L’intrigue est donc centrée sur le gentil policier au regard de séducteur, qui veut venger son équipière assassinée à cause des mensonges d’une vilaine femme médecin qui a tout de même un bon fond puisqu’elle mettra sa propre vie en péril pour réparer ses bêtises etc et patin couffin…Autant dire que c’est loin d’être passionnant, et vu que le film est extrêmement radin en effets spéciaux, faible budget oblige, on a tendance à s’ennuyer un peu. Que reste-t-il dans tout ça? Un Christian Slater propre sur lui (on ne le voit pas mais il joue bien), et une scène d’introduction qui tente vaguement de rappeler le style de Verhoeven (avec un plan nichon furtif et un égorgement bien saignant). Evidemment, il ne reste absolument rien de l’esprit subversif du réalisateur batave et le reste du long-métrage baigne dans la banalité la plus totale. Pas nécessairement mauvais (après tout, c’est pas moins bon que n’importe quel téléfilm passant sur M6) mais tout simplement dispensable.
Ajoutée le 09 mai à 18h07
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