En comparaison du titre original, le titre français est d’une platitude remarquable. Heureusement, le film a plus de relief. Il s’impose même comme l’une des meilleures réalisations de Nicholas Ray, dans laquelle il a, semble-t-il, mis beaucoup de lui, de sa fougue, de ses frustrations, de son amertume, de sa solitude. Le scénario, tiré d’un roman de Dorothy Hughes, cultive l’ambiguïté du personnage principal, laisse planer un doute sur sa culpabilité, mettant à mal le sentiment amoureux, un peu comme dans Soupçons, d’Alfred Hitchcock. Les dialogues sont d’une grande qualité : caustiques ou poétiques (“Je suis né quand elle m’a embrassé, je suis mort quand elle m’a quitté, j’ai vécu tant qu’elle m’aimait”). Et l’interprétation est excellente : Humphrey Bogart (également producteur du film), très convaincant en homme qui ne peut maîtriser ses pulsions, ténébreux, cynique et finalement touchant ; Gloria Grahame (qui était alors la compagne du réalisateur), parfaite dans un rôle de femme insolente, sensuelle, forte et fragile à la fois. C’est aussi un film passionnant sur les coulisses de Hollywood.
Humphrey Bogart est incroyable ici, et ressort tout le côté noir et sadique de l'Homme avec une aisance déconcertante. Le scénario est peut-être prévisible mais on se laisse porter par cette histoire de jalousie, de relation et de confiance. Ce qui est surtout intéressant ici, c'est la psychologie du personnage et l'influence qu'il a sur son entourage, et c'est tout à fait intéressant.
Humphrey Bogart livre une de ses meilleures performances dans ce film, incarnant Dixon Steele, un scénariste cynique, tantôt adorable, tantôt brutal ce qui conduira la police à le soupçonner de meurtre. Steele est un rejeté d'Hollywood, défendant quelques valeurs mais en proie à des pulsions qu'il ne peut contrôler, encore plus lorsque ses sentiments sont en jeu. "Le Violent", c'est Bogart mais c'est aussi Nicholas Ray qui s'inspire de sa propre expérience pour écrire le film et notamment de la rupture qu'il vit alors avec Gloria Grahame, l'atout charme et douceur du film. Et si l'intrigue manque un peu de rythme, l'exploration de la complexité du personnage de Steele est une pure réussite, le tout agrémentée de la fameuse et superbe réplique : "I was born when she kissed me. I died when she left me. I lived a few weeks while she loved me."
Un grand Bogart, le rôle lui va comme un gant, son visage dur, franc, un homme corriace que ces excès empêche d'être heureux. Quelque similitude peut-être avec ses propres expériences, il sait ce qu'il joue, puisqu'il est ce qu'il joue. Présenté comme un petit film, Nicolas Ray, loin de tous les clichés nous livre un film limpide, très bien orchestré et digne des plus grands classiques du film noir.
Toujours autant de plaisir à retrouver Humphrey Bogart dans ce rôle magistralement interprété. La pression monte crescendo tout le long du film, jusqu'à cette fin inéluctable de la rupture.
Référence dans la filmographie de Bogart, "Le Violent" n'en reste pas moins décevant par l'usage de personnages peu intéressants évoluant dans un scénario plat sans grand rebondissement. Nous offrant une histoire à première vue semblable à un petit Hitchcock, Nicholas Ray se laisse entraîner dans une banale histoire de cœur dont la seule originalité est le caractère plutôt imprévisible de Dix interprété par Humphrey Bogart. Bien heureusement il existe quelques qualités pour tenter de dégager toute la poussière qui recouvre aujourd'hui les bobines de ce classique du cinéma. Outre une mise en scène plus que correcte, "Le Violent" dévoile des courses en voiture impressionnantes en vue de l'époque ainsi qu'un jeu d'acteur de Bogart tout bonnement incroyable. Malheureusement, ces qualités de formes ne peuvent rattraper des faiblesses de fond gargantuesques qui perdent le spectateur dans la fatigue et la souffrance de la conventionnalité.
Un très bon thriller signé Nicholas Ray. Humphrey Bogart endosse l'un de ses plus beaux rôles: celui d'un scénariste coléreux en proie à de violentes pulsions qui en feront le suspect idéal à la suite d'un meurtre. Face à lui, Gloria Grahame, tout en finesse et et en fragilité, campe une femme à la fois froide et vulnérable, qui succombe à son charme. Le scénario est rondement mené et tient le spectateur en haleine grâce à l'ambiguité de Dixon Steele: malgré sa défense et la sympathie qu'il inspire, on s'interroge tout au long du film sur sa possible responsabilité dans l'assassinat de Mildred Atkinson du fait de la dualité de son caractère. Tantôt affectueux, tantôt brutal (bestialité portée à son paroxysme lors de la scène finale de l'étranglement), il devient sujet d'un pistage qui entraînera la chute de l'amour réciproque partagé avec Laurel. On retiendra de ce film, pas le plus célèbre dans la filmographie de Bogart, la mise en valeur des antagonismes du comportement humain, mais aussi celle de l'amour, que ressentent pour la première fois les deux principaux protagonistes, et qui conduit la trame narrative du récit. On retiendra de plus la célèbre réplique écrite par Steele dans le scénario qu'il doit rédigé, et qui sera repris par Gray à la fin – comme un symbole : « I was born when she kissed me. I died when she left me. I lived a few weeks while she loved me. »
Deuxième collaborations entre le réalisateur Nicholas Ray et l’acteur Humphrey Bogart, après Les Ruelles du malheur (1948), ils se retrouvent au cœur d’un psychodrame aux allures de polar qui oscille entre le drame et la critique acerbe envers l’industrie Hollywoodienne. Ce que l’on retiendra plus particulièrement ici, c’est bien évidemment la prestation d’Humphrey Bogart qui en impose dans la peau d’un scénariste au tempérament violent, accusé de meurtre. Ajoutez à cela une magnifique utilisation du noir & blanc qui sublime la grâce de Gloria Grahame. Un scénario parfaitement maîtrisé de bout en bout, des acteurs passionnants et une tension palpable du début à la fin, que demander de plus de la part du réalisateur du cultissime La Fureur de vivre (1955).
Sans crier au chef-d'oeuvre absolu, ce film noir de Nicholas Ray mérite néanmoins clairement le détour. En effet, tout est réunis ici pour passer un excellent moment de cinéma, à savoir une intrigue bien construite, une réalisation très appliquer, une photographie élégante ainsi que des deux comédiens - Humphrey Bogart et Gloria Grahame - qui font preuve de beaucoup de sérieux.
Un très bon polar, qui plus qu'un policier est une étude psychologique. Le doute est au centre du film, et ce doute est créé par le personnage violent, presque schizophrène, magistralement interprété par Bogart. Le côté à la fois blasé et parfois lumineux de Bogart convient magnifiquement. L'histoire est elle aussi très bien construite, de manière à atteindre un climax haletant et oppressant à la fin du film.
Je ne sais pas si c'est le plus beau rôle de Bogart étant donné que je ne pas vu tout ses films. Cela dit il incarne un personnage vraiment intéressant, fascinant même. Une histoire qui ne pouvait être mise en scène en noir et blanc, car ici il colle parfaitement au sujet.
"le Violent"(1950)est un petit bijou de polar noir hollywoodien,injustement méconnu.Humphrey Bogart,dans ce qui est probablement la meilleure interprétation de sa glorieuse carrière,montre une facette peu connue de son personnage habituel.Si il est toujours aussi séducteur,sûr de lui et mystérieux,il est ici capable d'accès de fureur inquiétants,d'un instinct de possession et d'une paranoïa grandissante.L'enquête qui coure sur le meurtre d'une starlette,et dont il est le principal suspect,le met face à sa nature ambivalente et sauvage.Qu'il soit coupable ou non importe peu.Le film montre surtout les conséquences désastreuses de cette mise à jour.Bogart en scénariste blasé,y détruit une histoire d'amour naissante,entre rage et mépris de soi.Gloria Grahame lui donne une belle réplique,froide et insondable.Nicholas Ray,le réalisateur,fait une utilisation remarquable du noir et blanc,et la tension est là dans les scènes clés.On sera plus réservé par la théâtralité du film,dont le tournage en studio est trop voyant.En 90 minutes tout compris,on a percé à jour une identité masculine en crise.