Little Odessa
Note moyenne
3,9
2382 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

187 critiques spectateurs

5
41 critiques
4
55 critiques
3
54 critiques
2
26 critiques
1
8 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Valentin Noger
Valentin Noger

8 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 avril 2020
Un film surprenant. Une réalisation chirurgicale dans ce froid mordant, James Gray nous impressionne par sa maîtrise alors que c'est son premier long-métrage. Le casting est également cohérent avec l'atmosphère du quartier russe de Brooklyn. On y retrouve un Tim Roth cinglant, froid au regard livide qui campe bien son personnage mais laisse passer, tout de même, une faible catharsis.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 15 avril 2020
Après "Raging bull" la semaine dernière, je me suis fait un autre de ces monuments incontournables et géniaux unanimement encensés et portés au firmament du 7ème art, Amen. Décidément, je ne dois pas être foutu comme les autres. Little Odessa...............................c'est chiant.
RamiValak
RamiValak

7 abonnés 188 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mars 2020
Maîtrise instantané

Il y a déjà tout le cinéma de James Gray dans son premier film, c'est incroyable d'être capable d'affirmer son style dès son premier long-métrage, d'avoir déjà su trouver son style, aussi bien dans les thématiques que dans la mise en scène. On trouve déjà le tragique, causé par la mort de Reuben dans ce film, les relations familiales complexes, que Gray centrera sur moins de personnages à l'avenir, et cette ambiance urbaine et mafieuse, qu'on ne retrouvera pas dans tous ses films, mais au moins dans sa trilogie "Crime et Famille". Il parvient déjà à réunir d'excellents comédiens, Tim Roth (investi et crédible) et Edward Furlong, avant sa disparition totale des écrans. J'aime aussi beaucoup la gestion de la musique, qui devient totalement assourdissante par instant, notamment dans cette scène finale, assez déchirante, où Tim Roth doit se débarrasser du corps de son frère. Le climax du film est vraiment très bon, la tension est palpable, et le drame est filmé sans pathos inutile, assez brutalement, mais Gray laisse tout de même place à l'émotion, et ne créer pas de distance entre le spectateur et le personnage. Bon, j'adore Little Odessa, il a ce côté "premier film", avec son image grouillante, un peu crade, qui lui donne une teinte unique au sein la filmographie du cinéaste.
MaCultureGeek

1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 juillet 2019
Little Odessa a été ma porte d'entrée dans le cinéma de James Gray, notamment dans sa trilogie "Crime et Famille". Premier volet, le suivront The Yards et La Nuit nous appartient, portés par un duo surprenant, Mark Whalberg/Joaquin Phoenix, remplaçants de deux étoiles montantes des années 90, les excellents mais trop peu reconnus (par des mauvais choix de carrière ou, carrément, une carrière avortée) Tim Roth et Edward Furlong.

Véritable égérie du drame Shakespearien de James Gray, ils forment un duo inoubliable et profondément humain, duquel découle les plus profonds et jolis thèmes de l'oeuvre. Quête de l'identité familiale, du pardon des erreurs du passé, de l'acceptation d'immigrés au sein d'une communauté perdue, et de cet homme, Tim Roth, qui fait tout pour éviter à ses proches de pâtir d'un passé dont il n'a connu, jusque là, que peu de répercussions.

C'est Edward Furlong qui représente son lien avec le présent : frère égaré qu'il retrouve, il incarne avec sa fougue et son talent d'antan cette génération années 90 en quête de repaires, éprise d'une culture underground et que la vie forçait à rendre adulte avant l'âge; alors, il fume, il est violent mais quand même enfant, se situe toujours entre l'innocence et le désespoir, donnant vie à l'un des personnages récurrents de la filmographie dramatique de Gray : l'homme inexpérimenté qui, sous couvert d'influences ou d'espoirs de vie, se conduira seul à sa perte, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

En cela, Little Odessa est un choc : premier film et scénario de James Gray, il est autant à reconnaître pour son écriture magnifiée par son sens du tragique et des émotions, que par la beauté froide de sa photographie, qui représente la ville comme un personnage à part entière, devenue gouffre des vies de ces gens de rien, qui tentent, par la criminalité, la vengeance ou la solidarité mal placée, de s'élever, du moins socialement, au moins humainement.

C'est ce que vit Tim Roth qui, désireux de se racheter, va renouer contact avec ceux qu'il aimait quand il était adolescent, jusqu'à devenir, pour Furlong, le père protecteur de substitution face à ce géniteur ultraviolent, que le passé a rendu intolérant, dur, cible de mauvais choix qui impacteront sur une écriture à la conclusion parfaite, loin des écarts explosifs américains habituels. Un plan, des vêtements pendus, le silence de l'après coup de feu : Gray marquait l'esprit des spectateurs avec une finesse rare, et une humanité à toute épreuve.

C'est aussi cela qui rend Little Odessa excellent : sa simplicité presque intimiste, qui va préférer se concentrer sur la vie et la psychologie de ses protagonistes plutôt que sur les scènes d'action que pourrait entraîner le métier de tueur à gage de ce diable de Tim Roth, parfaitement inséré dans l'intrigue au travers d'une scène d'introduction aussi court que coup de poing. Il y a quelque chose de rafraîchissant à voir enfin un film noir récent aussi maîtrisé, emprunt d'influences littéraires et de passages beaux servant autant la narration que la psychologie des personnages (les scènes d'amour entre Roth et la très convaincante Moira Kelly sont un grand moment de cinéma, retranscrivant avec habileté l'état d'esprit du moment de notre héros voué à une vie de solitaire).

En ce sens proche du Samouraï de Melville, Little Odessa est un upercut en pleine poire réalisé de main de maître par un James Gray qui se démarque, loin s'en faut, par son écriture maîtrisée, humaine et aboutie, où le tragique se mêlera parfaitement à l'intime, au réel, à la vie routinière de ces fils d'immigrés sans place dans la société. Et si la fin laisse pantois, c'est qu'elle est à la hauteur de la promesse : celle de voir un film noir rendu pertinent par sa simplicité, qui conte la vie d'une fratrie (et plus largement d'une famille en implosion, à l'image de la mère malade) plutôt que les exploits guerriers d'un tueur à gages confirmés.

Ayant évité tous les pièges de son postulat, il se pose comme l'un des plus beaux polars qu'on puisse voir, admirable par sa gestion des sentiments et son jeu d'acteurs fantastique, parfait soutien pour une oeuvre prodigieuse par sa forme et par son fond, qui joue avec maestria de la solitude et du romantisme du tueur à gage cinématographique.

Little Odessa, moment fort de trois carrières de grands artistes.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 janvier 2019
Une première réalisation puissante, c’est filmé comme un pro ce style de mise en scène, au niveau du début par exemple sera imitable, des changements de couleurs opérés. Il n’y aura pas de mot pour décrire la violence dans cette famille russo-juive du petit coin de New York, au sein d’une communauté de réfugiés installés venus de l’Europe de l’Est. Une famille d’exilé entièrement dysfonctionnelle au climat étouffant, un père d’une sévérité exigeante envers ses deux fils, donnant naissance à un tueur à gage qui n’a rien à perdre et un gamin alcolo fumeur camé qui sèche les cours. Une vie conjugale affaiblie par la maladie du cerveau, ce qui touche profondément les émotions, la dureté de ses mensonges et balivernes.
fooker95
fooker95

10 abonnés 87 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 septembre 2018
D’une tristesse sans nom, cruel parce que réaliste, au dénouement insoutenable. Superbe mais attention, à voir quand on a vraiment le moral ! Tim Roth est simplement extraordinaire, enfin dans un premier rôle. Un film de grand cinéaste.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 245 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 avril 2018
Je ne vais pas en rajouter : Little Odessa de James Gray (94) est un chef d'oeuvre car il impose un style : le film noir campé dans un quartier, sans commentaires ni temps mort. Un drame qui va droit au but.
Seulement je voudrais insister sur la magistrale façon que Gray a ici comme dans The Yard (2000) et We Own The Night (2007) de mêler de jeunes acteurs directs et de grandes pointures de la génération précédente. Ici Vanessa Redgrave et Maximilian Schell (Comme Faye Dunaway et James Caan dans The Yard) créent une famille dramatique, harcelée par le malheur, persécutée par la maladie, toile de fond aux exactions d'un jeune tueur et de son frère.
Comme si Brighton Beach était maudit.
Il pèse sur la famille, sur les fils, sur le quartier, sur le métro, les bars, les synagogues, cette fatalité du malheur qui est l'âme du film noir américain. Ainsi le film rappelle plus Hammett, Chandler ou même Ellroy que Scorsese & Coppola auxquels on a voulu le rattacher.
L'avenir montrera que ce grand film était le début d'une grande oeuvre autonome.
HamsterPsycho
HamsterPsycho

147 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 octobre 2017
Quelle ambiance incroyable que celle dans laquelle James Gray nous plonge. La rencontre entre Edward Furlong et Tim Roth est parfaitement juste. Malgré son sale boulot, on s'attache au personnage de Tim Roth et on se prend à espérer que cela ne finira pas trop mal pour les deux frères. Tim Roth est impeccable.
Yannickcinéphile

2 882 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 janvier 2017
Little Odessa est un excellent film de James Gray. Un de ces films marquant, fort, pertinent, avec très peu de loupés.
Malgré tout pour moi ce film n’est pas un chef-d’œuvre absolu. Quelques lenteurs, quelques personnages secondaires pas trop dégrossis, et une fin un peu abrupte qui est un peu moins forte que certains passages du film lui-même.
Mais bon, mis bout à bout ça reste des éléments de détails. Car oui, ce métrage reste excellent en dépit de cela.
D’abord le casting est top. Tim Roth est mémorable dans un rôle radical et anti-consensuel qui fait plaisir dans le genre. C’est un héros tout à fait antipathique, et je dois dire que Roth le campe avec un talent évident, trouvant là sans doute son meilleur rôle, et imposant sa finesse de jeu. Il fait face à un Edward Furlong qui était alors au top de sa carrière. Un rôle parfait pour lui que celui de ce jeune frère prêt à sombrer dans la mauvaise influence de l’ainé de la famille. Il était l’acteur tout trouvé, et on peut regretter qu’il ait lui-même plongée dans une décadence après toutes ses belles performances de l’époque. Enfin, quelques bons seconds rôles, avec le toujours solide Maximilian Schell, notamment. Le film repose largement sur cette belle interprétation.
Le scénario est lui aussi très bon. Très simple sur le fond, avec ce tueur venu dans son ancien quartier accomplir un contrat, le métrage séduit surtout par la façon dont Gray parvient à élargir son propos. On assiste moins à un film de gangsters qu’à un drame familial, et à la description aussi réaliste qu’onirique du quartier de Little Odessa. En effet, le film fait follement authentique, et en même temps le rythme, la tonalité mélancolique et crépusculaire, l’absence de certains lieux communs du film de gangster (la police par exemple), fait qu’on a l’impression d’être dans un rêve ou un cauchemar irréaliste. L’histoire est en plus narrée avec une maitrise évidente, et aucune scène n’est de trop. Vraiment un fond riche, et un grand nombre de scènes fortes qui retiennent l’attention.
Sur la forme Little Odessa est donc une grande réussite par son ambiance. Se déroulant l’hiver, le film est tout en teintes froides, bleutées, se déroule volontiers la nuit, et le mélange avec cette ville sans nature, décrépie à bien des égards fait des miracles. Le film n’offre quasiment aucune lueur d’espoir, et le résultat est un régal de film noir, porté aussi par une mise en scène magistrale qui s’intéresse autant aux acteurs qu’au quartier lui-même. On sent que le réalisateur voulait vraiment en faire un acteur si ce n’est l’acteur premier de son film, et Gray faisait déjà preuve ici de son application formelle et de son sens de l’image. Et de la musique aussi, car la bande son est brillante.
Franchement, rien à redire de significatif sur Little Odessa. C’est un très bon film, rigoureux, où les aspérités restent minimes. C’est vrai que parfois Gray a un peu de mal à naviguer entre le drame, le polar noir, voire le film social, et que certains trouveront des éléments d’arrière-fond peu développés (la maladie de la mère, le personnage d’Alla), mais pour un premier film c’est tout de même de haute volée, et j’aimerai que tous les films affichent cette qualité générale. 4.5
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2016
Un bon petit polar new-yorkais qui révéla le talent de J. Gray. Le talentueux scénariste-réalisateur met en place une tragédie qui ne s'éternise pas trop sur les détails et qui fait surtout la part belle aux plans étirés, laissant les personnages vivre dans le cadre et se débattant dans une vie qui se veut la plus sombre possible. On a donc droit à des portraits d'écorchés vifs, d'hommes torturés ou qui ne se complaisent que dans la violence, le crime et le mensonge. La belle photo du film ainsi que des acteurs inspirés font que le cocktail prend bien. Toutefois, je dois dire que la fin m'a un peu décontenancé mais il faut souligner le découpage impressionnant de la spoiler: fusillade finale
qui arrive à placer ses personnages au sein d'un espace géographique pourtant très restreint. Enfin voilà, c'est noir de chez noir, parfois un peu cryptique et arty mais ça reste très intéressant de bout en bout. De plus, les acteurs sont très, très, TRES bons. D'autres critiques sur
Louis G.
Louis G.

1 abonné 114 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mai 2016
Un premier film épatant de profondeur et de maturité. James Gray laisse ici son empreinte durable dans une oeuvre personnelle.
pelu
pelu

27 abonnés 1 090 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 mai 2016
Je ne suis pas convaincu par le film dans sa totalité. Pourtant James Gray réalisé un bon film avec une vraie âme une atmosphère de vieux film ou l on ressent le froid des quartiers de New York , l ambiance t est glaciale !! Tim Roth est splendide je n avais jamais trop eu l occasion de le voir tenir l affiche et il le fait ici avec brio... Un tueur froid implacable et qui pourtant qui ressent des choses.... Un père tyrannique qui le renie , un frère qu il aime et une mère qui meurt tiraillé ce personnage. Après le film s endort au fur et à mesure dans son écriture et son rythme et ne me passionne pas tant que ça. Dommage car la qualité est la
Anonymous :)
Anonymous :)

67 abonnés 533 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 février 2016
Premier son premier film, James Gray, qui deviendra par la suite un cinéaste de référence en matière de polar sombre, a frappé un grand coup avec "Little Odessa" qui révèle une grande maturité chez son auteur pourtant âgé de 24 ans au moment du tournage. Avec son ton singulier, son premier film est une oeuvre ambiguë qui divise. Un tueur à gages se rend à Little Odessa pour une mission et retrouve sa famille. Mais il est recherché par la mafia ukrainienne et doit s'échapper, une tâche plus difficile que prévue car des sentiments renaissent en lui. Largement inspiré de l'histoire de la propre famille du réalisateur, juive russe, qui a immigré aux États-Unis dans les années 1920, l'intrigue privilégie le drame familial et manque par conséquent de rebondissements et de suspens. James Gray jette un regard pessimiste sur la communauté russe de New York où tout n'est que malheur et désillusion. L'auteur suit donc le quotidien d'une famille déchirée par la tristesse, entre un fils aîné ayant suivi le mauvais chemin, une mère rongée par la maladie et les relations houleuses entre les différents protagonistes. A la réalisation, James Gray orchestre habilement ce petit univers et propose au spectateur une réalisation dont on ne peut que saluer la touche personnelle apportée. Les couleurs sont travaillées et participent à l'ambiance froide et morbide du film, les jeux d'ombres sont réussis, ce qui en fait un exercice de style maîtrisé. L'atmosphère qui s'en dégage est glaciale, avec des décors vieillots où le malheur transparaît à chaque instant. Le duo d'acteurs principaux se révèle fort convaincant, entre un Tim Roth à l'aise en tueur à gages sans pitié et Edward Furlong qui interprète brillamment son petit frère. Par conséquent, "Little Odessa" est un film mal équilibrée entre une intrigue trop pauvre et une réalisation réussie.
Legid
Legid

43 abonnés 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 février 2016
Premier film de James Gray, réalisé à seulement 25 ans, Little Odessa porte déjà tout le style du réalisateur, style qui perdurera dans ses oeuvres suivantes. Les thèmes de la famille fragmentée par un de ses individus et par la violence, du destin dramatique de certains choix se retrouvent dans ce premier film.
La réalisation est déjà assez froide mais élégante sans effet de style tape à l'oeil et la violence et l'action sont réduits au minimum. James Gray recherche avant tout le réalisme quitte à passer à côté de l'émotion du spectateur.
Si ces différents aspects peuvent être perçus comme des qualités, le manque de rythme et la froideur de l'ensemble peut gêner l'implication émotionnelle du spectateur qui peut alors se sentir en dehors du film.
Little Odessa s'adresse plutôt donc aux amateurs de drame familiaux qu'à ceux qui recherchent un polar efficace.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 décembre 2015
Après la présentation Méliès (capturé par le fantasmagorique « Voyage dans la Lune » puis « Le chaudron infernal » et « Les cartes vivantes » notamment) en 2011, j’ai pris pour habitude de me retrouver autour d’un auteur/artiste à un moment de l’année. En a donc découlé le cycle François Truffaut (« Tirez sur le pianiste », « Jules et Jim »…), la découverte Jean Cocteau par le duo « La belle et la bête »/« Les parents terribles », la série bunuellienne (« Belle de jour », « Le journal d’une femme de chambre », « Viridiana »…) et la saga Claude Sautet (« Les choses de la vie », « César et Rosalie », « Un mauvais fils »…).
En cette fin d’année 2015, ma rencontre avec un peintre américain plus contemporain se profile. James Gray apparaît (enfin !) dans mon champ de vision cinématographique 21 ans après la sortie de « Little Odessa ».
Le cycle Gray se profile comme suit : le documentaire « Il était une fois… Little Odessa », « Little Odessa » (bien évidemment !), « The yards », « La nuit nous appartient » (déjà vu mais non critiqué), « Two lovers » et « Blood ties », le dernier Guillaume Canet en date.
Le documentaire m’a permis d’en savoir un peu plus sur la personnalité de l’artiste. La vision du cinéaste en est d’autant plus troublante, glauque et touchante : le portrait de James Gray, mis à nu, nous aide à rentrer de plein fouet dans son cinéma, et de le comprendre. Alors, allons-y !
Une fois entré dans « Litlle Odessa », on n’en sort plus. Par dépit, on en ressort exténué, dubitatif, mais surtout interrogatif. Et subjugué. Pour ma part, ce fut une claque cinématographique indéniable. Pour son premier long-métrage, après avoir suivi ses études à l’université de Los Angeles, école de cinéma réputée, James Gray frappe fort et signe un coup de maître autobiographique. Un génie est né !!
Synopsis : Joshua, un tueur à gages, revient sur les lieux de son enfance, Brighton beach, le quartier des juifs russes de New York, pour terminer un contrat. Mais son passé refait surface… .
Avec sa caméra virtuose, maître Gray nous glace le sang. D’une technicité à toute épreuve (la minutie du montage est parfaite) et d’une esthétique irréprochable (décors, photo, BO, casting) à la « Gandhi » d’Attenborough, le futur réalisateur de « The immigrant » nous empoisonne sur place. Son classicisme, porté par sa mise en scène, étincelle de toute beauté pour mieux nous empoigner. Joker assuré ! De plus, toute la symbolique qui entre en jeu dans les rapports familiaux (le complexe œdipien est bien présent dans sa splendeur et sa décadence : plus d’infos sur le site internet critikat) est diablement bien maîtrisé. Rarement épaisseur psychologique n’a atteint un summum comme celui-ci, et ce, dans un métrage que je qualifierai de drame homérique (pour le personnage principal, Joshua, qui doit constamment réfléchir à son destin). Excellentissime maître Gray ! D’autant qu’il s’agit d’un casting (classé luxurius aujourd’hui !) exploité jusque dans ses moindres failles. Palpitant !!
Dans « Little Odessa », on retrouve ainsi Tim Roth (ami de Goldman au théâtre, il est connu pour ses interprétations tarantinesques dans « Reservoir dogs » et « Pulp fiction ») dans le rôle du tueur à gages réfléchi, Vanessa Redgrave (fille de Michael. « Blow up », « Mission impossible »…) qui joue la mère souffrante, le regretté Maximilian Shell (frère de Maria, il a été oscarisé pour son rôle dans « Jugement à Nuremberg », film avec Widmark parmi tant d’autres) en père autoritaire, et Edward Furlong (« Terminator 2 » a lancé sa carrière) campant le frère désarçonné de Joshua. Tous les personnages, aussi complexes soient-ils, interagissent entre eux jusqu’à un point de non-retour. Cet imbroglio, parfois indescriptible, toujours empêtré dans les affaires de la famille ou de la mafia russe, nous permet de circuler dans ce vase clos par la superbe luminosité (sublimé par la neige illuminant la pellicule), la photo limpide et impitoyable (développée à merveille par Tom Richmond qui travaillera pour Ethan Hawke sur « Chelsea walls ») et la minutie des plans cadrés par l’auteur du scénario original, James Gray en personne.
Tous plus criant de vérité, à l’image d’un Tim Roth glacial, mystique (et viscontien : son charisme plane sur l’âme de « Little Odessa » tel un Bogarde sur « Mort à Venise » ou comme un Delon sur « Rocco et ses frères »), les acteurs concourent à maintenir l’essence du film sur le qui-vive. Les scènes de tuerie, marginalisées, filmées dans la pénombre ou sous un voile, la violence et le sang nous sont ainsi montrées le plus pudiquement possible pour nous imprégner de l’ambiance générale (néo-baroque) attisée par James Gray ; la BO (de Dana Sano, compositeur de « A good kill » d’Andrew Niccol, notamment illustrée par les chœurs russes Slavyanka) ne faisant que souligner ce dernier point.
Doté d’un point final atteignant une dimension christique (et maître Gray de nous faire un arrêt sur image sur les yeux bleus de Tim) à l’européenne (version pasolinienne : « Théorème »), maître Gray parachève son œuvre en nous laissant littéralement scotché sur notre écran.
Pour conclure, « Little Odessa » (1995), considéré comme le premier volet de la trilogie sur la famille (suivi par « The yards » et « La nuit… ») concocté par le tout jeune cinéaste d’à peine 26 ans !!!, est un chef d’œuvre lyrique néo-baroque prenant ses sources au cœur de l’Italie profonde.
Spectateurs, jamais les bas-fonds de New York n’auront été… aussi lointains !!
Pour une culture cinématographique complète. A voir une fois dans sa vie.
Interdit aux moins de 12 ans.
A noter : maître Gray a remporté le Lion d’argent et Redgrave la Coupe Volpi à Venise l’année de sortie de « Little Odessa ».
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse