sapiens
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2.5 - Moyen
Alors que les instenses chrétiennes après une courte polémique à la naissance du cinématographe ont très vite compris la force attractive de ce média, en tournant très vite un grand nombre de "passion du christ" de plus en plus luxueuses. L'islam a fait l'impasse sur le cinéma pendant très longtemps. Il faut dire que le dogme religieux interdisant toute représentation du prophète pose forcément un gros problème.
Mais Moustapha Akkad après des études aux Etats-Unis, décide au début des années 70 de relevé le défi et d'offrir aux musulmans leur version des "Dix commandements" tout en respectant le dogme de ne pas montrer (ni entendre) Mahomet. Enorme budget pour cette fresque religieuse à l'image des grands péplums hollywoodiens des années 50/60, qui sera tourné comme les films des années 30 en deux versions (anglaise et arabe) avec des castings différents.
D'un point de vue cinématographique, le film n'est qu'une pâle copie islamique des "Dix commandements". Utilisant exactement les mêmes recettes raccoleuses et larmoyantes qu'Hollywood a utilisé pour les judéo-chrétiens (messages de tolérences faites de grandes phrases, injustices et cruautés des mécréants, musique angélique, décors grandioses avec des milliers de figurants, etc...). Des deux versions, il est préférable de regarder la version arabe un peu plus longue. Même si les acteurs manquent de charismes, au moins ont-ils le bon faciès et parlent arabe. On reproche donc au film sa condescendance sirupeuse pour plaire aussi bien aux musulmans qu'à un public international non initié, allant jusqu'à présenter chrétiens et islamiques comme des frères et prenant bien soin de gommer toute forme de polémique. Or quelques séquences introduisants les futurs querelles qui déchireront pour des siècles les deux croyances auraient donné au film un statut plus sérieux et moins propagandiste. Il est d'ailleurs amusant de voir dans le film la couleur des costumes des acteurs passer au blanc dès qu'ils ont été converti.
Pour résumé, un film pompeux, mais qui reste instructif, car il reste une des seul représentation de l'histoire de l'islam au cinéma.
Ajoutée le 08 sept. 2010 à 03h40
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