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Flōrens PAB
93 abonnés
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2,0
Publiée le 17 mars 2020
C'était intéressant de voir Coluche dans un rôle très différent de ceux dans lesquels j'ai l'habitude de le voir : un ancien flic paumé qui recueille un petit dealer (lui aussi paumé) et par la suite une jeune femme (elle aussi paumée), tout ça dans l'ambiance d'une Paris crasseuse et violente. Malheureusement le scénario tourne vite a vide, et Coluche n'est pas très crédible en justicier de la nuit.
Film culte du cinéma français, Tchao Pantin signé Claude Berri est un très bon polar qui offre à Coluche un magnifique rôle à contre emploi. Le scénario est assez simpliste mais l'histoire vaut avant tout pour la relation entre Lambert et Bensoussan, qui n'est pas sans rappeler une relation père/fils. Coluche y est superbe et la musique est plutôt pas mal. On pourra cependant regretter que le film ne prenne pas plus son temps et le jeu d'Agnès Soral laisse parfois à désirer. Ceci étant, Tchao Pantin est une belle oeuvre du cinéma français, sombre et forte.
« Tchao Pantin » est l’accumulation de toute les réussites. A commencer par un couple central étonnant. En premier, Coluche, étonnamment intense et profond, dans son seul rôle dramatique à ce jour (il disparut trois ans plus tard) et pour lequel il reçut le César du meilleur rôle masculin. Ensuite Richard Anconina dont c’est le premier rôle important au cinéma, récompensé par deux Césars (meilleur deuxième rôle masculin, meilleur espoir masculin). C’est aussi les grands débuts d’Agnès Soral dans un rôle dramatique. Mais surtout, ce dernier chapitre d’une descente aux enfers commune, est de loin le meilleur film du très surestimé Claude Berri. La photographie sombre et rapprochée de Bruno Nuyten (également césarisé), les décors parfois sordides d’Alexandre Traumer et la musique irrespirable de Charélie Couture soutiennent à l’unisson la tension du film qui ne fait preuve d’aucun point faible, offrant un Paris glauque, noir et violent que la réhabilitation boboisante a évacué en proche banlieue. Remarquable également, la mise en scène qui va toujours à l’essentiel, avec une finesse peu habituelle chez Berri, plutôt démonstratif jusque là. Ainsi en quelques scènes, la relation père fils s’est établie avec, rapidement, ses conflits générationnels (l’un boit, l’autre se drogue). Ainsi on regrettera les (rares) notes plus faibles comme la description approximative de l’univers punk et quelques plans trop longs (la mobylette sous la pluie), on superflus et lourdingues (le chat noir à la fin). Malgré ces réserves minimes, « Tchao Pantin » est un grand film noir.
Ce film, réalisé par Claude Berri et sorti en 1983, n'est pas mal du tout. Mais malgré son statut de culte, sa très bonne réputation et toutes ses récompenses, notamment aux Césars, il ne m'a pas plus emballé que ça, enfin pas comme la plupart des spectateurs du moins. Le film est adapté du roman homonyme (1982) de Alain Page mais ne l'ayant pas lu, je ne pourrais pas comparer les deux œuvres sur le plan de la fidélité (enfin bon, étant donné que c'est le dialoguiste du film, l’œuvre originale a dû être respectée). Enfin bref, c'est en tout cas ici l'histoire d'un pompiste alcoolique et dépressif qui se lie d'amitié avec le dealer maghrébin du coin. Bon alors là, avec un synopsis pareil, nous sommes typiquement dans le mélodrame français, surtout à un certain moment pilier du film, spoiler: lorsque le maghrébin meurt et que le pompiste fait tout pour le venger en retrouvant ses meurtriers . C'est assez drôle d'ailleurs de voir que c'était déjà un thème abordé à l'époque, c'est-à-dire ce mélange ethnique en France, ajouté à tous les problèmes sociétaux (notamment de boulot et de logement) qui sont restés les mêmes depuis près de quarante ans. C'est en même temps fascinant et effrayant. Pour en revenir au film, je dois dire que ce n'est pas tant par le scénario que le film m'a impressionné, car il faut avouer que c'est tout de même un peu téléphoné et prévisible, mais par la performance des acteurs et notamment de Coluche bien évidemment qui nous sert une excellente prestation. En effet, ayant toujours eu l'habitude de le voir faire le clown, il montre ici qu'il est capable de faire autre chose et qu'il peut être excellent dans le drame. Cela peut se comprendre aussi par le fait que l'acteur était très impliqué dans les problèmes politiques et sociétaux en France dans les années 80 et que ce rôle lui colle donc à la peau car il le prend très à cœur. Nous avons également Richard Anconina et Agnès Soral qui sont très bons. "Tchao Pantin" est donc dans l'ensemble un bon film mais qui ne m'a personnellement pas plus épaté que ça.
Avant d'être un véhicule pour Coluche, "Tchao Pantin" est un excellent instantané du Paris des années 80 vu par le prisme du polar. Des nocturnes glauques et réalistes traversés de néons à la lumière crue, des intérieurs dépressifs (l'appartement de Lambert encombré de souvenirs et de bouteilles de bière), une galerie de personnages paumés entre insouciance et désespoir, la mise en scène sobre de Claude Berri, tout concoure à faire du film un bel objet immersif, d'une noirceur assumée. Le succès populaire du film n'en n'est que plus surprenant aujourd'hui encore. Coluche-Lambert, en ex-flic alcoolique, passe à la postérité du cinéma français grâce à ce rôle déchirant qui le consacre à la hauteurs de ces glorieux aînés... Il y a pourtant des moments ou le personnage Coluche réapparaît avec un poil de dérision, je pense notamment à la scène des oeufs... Mais je pinaille. Le regretté Michel Colucci fait formidablement le job et, mieux que tant d'autres, il signe une dédicace mélancolique à l'adresse de ces années-là. A côté de lui, Richard Anconina et Agnès Soral font des étincelles et Philippe Léotard, en deux scènes, assure comme une bête en flic (alors que l'année d'avant il jouait un voyou dans "la Balance"). Pour finir, il me semble important d'insister sur la magnifique musique composée par Charlélie Couture. Un score froid et tendu qui imprime durablement les images. "Quand les nuits sont trop longues", l'une des deux chansons du film, illustre parfaitement l'ambiance. Un blues urbain comme on en fait plus.
Film devenu culte, ce n'est pas tant pour son scénario finalement assez minimaliste mais bien pour la performance des acteurs tous exceptionnels. Coluche en tête évidemment, aux antipodes de ses rôles clownesques dont il avait l'habitude, on ressent parfaitement toute la solitude et la tristesse de son personnage.
Ce film restera un monument des années quatre vingt. Ici Claude Berri réussit assez bien à passer l'atmosphère glauque et dépressif dans lequel vivent des solitaires perdus dans 'les bas fonds' de la méga métropole de Paris. Coluche en pompiste solitaire fournit le principal carburant pour ce film. Le scénario lui-même peine un peu à convaincre: l'amitié entre Bensoussan et Lambert se construit en un clin d'œil, sans réelle raison. Cela manque de développement. Agnès Soral qui joue, Lola, la jeune fille punk est peu convaincante et vers la fin on a dur à comprendre la raison pour laquelle elle développe soudain ce coup de foudre pour Lambert. Cela ne m'a pas empêche d'acheter le dvd.. ..Un peu par nostalgie..
Quand un acteur interprète un rôle à contre emploi, on emploie l’expression « Il a fait son Tchao Pantin » ! Référence à Coluche qui interprète un Lambert sombre, dépressif. Coluche ! Le comique ! Il recevra pour son interprétation un César. Et son acolyte Richard Anconina en alpaguera deux ! Comme second rôle et comme espoir ! Ces récompenses saluent évidemment le talent de ces acteurs mais saluent la direction de Claude Berri. Même la jeune actrice Agnès Soral est remarquable. Sa composition fonctionne aussi bien en couple avec Richard Anconina que dans les bras de Coluche. Malheureusement, elle aussi nommée dans deux catégories repartira bredouille. Tout est remarquable dans ce film à commencer par sa photo, noire et bleue, crados, cambouis et pluvieuse ; tient, Bruno Nuytten aura droit aussi à sa récompense. Comme on peut s’en apercevoir, « Tchao Pantin » ne se résume pas à l’interprétation impeccable et surprenante de Coluche. A voir, à découvrir, à revoir...
Je n'étais pas née quand le film est sortie mais j'en ai souvent entendu parlé. Coluche en mode comédien dramatique, je voulais absolument voir de quoi il était capable. Et je n'ai pas été déçue. Le film n'est pas porté que par Coluche bien sur, l'univers dramatique du film est tellement prenant beaucoup d'émotions un film au top très bien réalisé.
Une belle profondeur dramatique pour le premier film ou Coluche ne sourit pas. César 1984, Tchao Pantin sait distiller quelques bonnes scènes riches d’interprétation. Quelque chose d’intimement réaliste en ressort. Une réussite.
A revoir aujourd’hui, il est assez étonnant de constater qu’un film aussi noir ait pu rencontrer un tel succès public. D’une noirceur totale, sans aucune lumière à l’horizon, le polar est sans conteste l’un des plus sombres de cette période. Les personnages sont tous négatifs et même si ils comportent quelques éléments positifs, ceux-ci se brisent sur le mur du réel. On aime la peinture qui est faite d’un Paris interlope que l’on croirait sorti d’un film de Scorsese époque Taxi Driver. Coluche est parfait en individu au bout du rouleau, même si sa prestation est sans doute surcotée. On adore vraiment Richard Anconina qui parvient à rendre sympathique en peu de scène son personnage de petit dealer minable. Quant à Agnès Soral, elle trouve là son meilleur emploi. La réalisation est simple, mais belle, faisant de ce Tchao Pantin un diamant noir que l’on prend toujours plaisir à revoir.
En 1983, Claude Berri pose un regard extraordinairement froid et lucide sur la France des années 80. Le scénario de « Tchao pantin » est juste sublime et va passionner immédiatement tout l'hexagone. Cette histoire forte d'amitié virile entre un pompiste de nuit, alcoolique au dernier degré et un jeune loubard complètement paumé est sublimée par la qualité des deux acteurs principaux. Coluche, totalement à contre-emploi, délivre une prestation qui fait froid dans le dos et Richard Anconina lui donne la réplique avec un immense talent et une conviction inébranlable. Il ne manquait qu'un joli rôle féminin pour que la coupe soit pleine et c'est Agnès Soral qui s'y colle, dans un rôle de punk, un peu larguée mais d'une étonnante tendresse. Le trio fonctionne parfaitement et donne à ce film une dose d'humanité qui ne peut laisser personne indifférent. Les nombreuses récompenses qui lui ont été attribué en sont la preuve évidente, tout comme le statut de chef-d’œuvre, totalement justifié, qui lui colle à la peau. Sans doute un des plus beaux films français de tous les temps !