Suite parue cinq années après le volet originel, 28 Semaines Plus Tard, réalisé par Juan Carlos Fresnadillo qui succède à Danny Boyle, est un bon film malgré quelques faiblesses, pour un résultat un poil supérieur à son ainé. L'histoire se déroule quelque temps après le début de l'épidémie qui a désormais contaminée par le virus de la fureur la quasi-totalité de la population du Royaume-Unis, et nous fait suivre le sort de plusieurs personnes tentant de se reconstruire dans une zone sécurisée de Londres gérée par des militaires de l'OTAN. Seulement, un infecté va semer le chaos et faire repartir l'épidémie de plus belle. Ce scénario s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue bien menée qui monte crescendo en tension au fil des minutes jusqu'à totalement laisser exploser sa fureur. Le rythme est intense alors que l'ambiance est elle désespérée. Tout cela donne lieu à des scènes impactantes et marquantes qui ne ménagent pas ses protagonistes. En effet, ces derniers n'ont aucunement l'assurance de s'en sortir et cela est franchement satisfaisant. Ces derniers sont malheureusement en demi-teintes. Si certains personnages sont appréciables, d'autres le sont beaucoup moins et l'on a du mal à s'attacher à eux. Les rôles de Robert Carlyle, Rose Byrne, Jeremy Renner et Harold Perrineau Jr. sont ceux qui s'en sortent le mieux. À contrario, ceux joués par Catherine McCormack, Idris Elba, Imogen Poots, mais surtout le jeune Mackintosh Muggleton, manquent de profondeur, notamment le dernier cité qui est assez détestable. Tous ces individus entretiennent des rapports procurant beaucoup d'émotions, notamment dramatiques. Des échanges soutenus par des dialogues corrects. Sur la forme, la réalisation du cinéaste espagnol souffle le chaud et le froid. Sa mise en scène caméra à l'épaule est majoritairement mal cadrée et peu esthétique. Alors certes elle se veut immersive et veut coller à l'urgence du propos, mais elle est beaucoup trop tremblotante. Néanmoins, lors de certaines séquences, elle est capable de fulgurances à travers des moments qui marquent la rétine à la faveur d'idées visuelles inspirées. De plus, elle évolue dans des zones urbaines militarisées post-apocalyptiques dévastées et dépeuplées impressionnantes. La photographie est également en deçà avec un étalonnage terne et parfois inapproprié lors de certains passages, en dépit d'un aspect poisseux collant bien avec le propos. Il en va de même concernant les effets spéciaux qui alternent le bon et moins bon. Les maquillages des infectés sont eux particulièrement réussis et effrayants. Ce visuel en dents de scie est accompagné par une très bonne . signée John Murphy, dont les compositions ont un véritable impact sur les images. Surtout, elles s'accordent parfaitement avec les situations et le thème principal qui revient à plusieurs reprises est extrêmement qualitatif en plus de donner une véritable identité sonore à l'œuvre. Cette . est également capable de se faire muette afin de laisser lors de certains passages les bruits hautement inquiétants des infectés. Reste une fin sacrément mémorable qui donne envie de voir un troisième opus tant il y a encore des choses à explorer à plus grande échelle dans cet univers. En conclusion, 28 Semaines Plus Tard est un long-métrage méritant d'être visionné malgré son aspect formel imparfait.